MEYNARD Gaston

Par Jean Nizey

Né le 23 mars 1911 à Decazeville (Aveyron), mort le 31 janvier 1994 à Saint-Étienne (Loire) ; monteur-ajusteur ; dirigeant de la JOC, de la LOC, du MLP ; militant de la CFTC ; vice-président de l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) ; Associations populaires des familles (APF).

Fils d’un contremaître à l’usine Schneider, l’une des grandes usines métallurgiques de la ville, il suivit lui-même pendant quatre ans des cours de mécanique en école professionnelle pour être monteur-ajusteur.

Il adhéra à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) en 1931, après son service militaire, et il en devint président fédéral en 1934. Militant et permanent CFTC depuis 1935, Gaston Meynard appartint pendant six ans (1953-1959) au conseil départemental CFTC de la Loire.

Il se maria en 1936 avec Marie Antoinette Bayard ; ils eurent quatre enfants. Une fois marié, il continua dans la ligne de la JOC : il participa à la deuxième rencontre nationale de la Ligue ouvrière chrétienne (LOC), fondée en 1935 pour les aînés de la JOC, en particulier les couples ; il contribua à lancer ce mouvement à Saint-Étienne.

Pendant la période de Vichy, il continua à militer à la LOC, qui changea de nom en 1941 et devint le Mouvement Populaire des Familles (MPF). Il s’occupait du placement des enfants à la campagne, du service d’entraide dans les quartiers, notamment vis-à-vis des prisonniers et de leurs familles ; il ouvrit le premier centre familial populaire dans le quartier de Montaud, à la fin de 1942.

En 1943, il devint permanent régional du MPF, au cours du 8e conseil national du mouvement, celui de la Libération en décembre 1944, Gaston Meynard en fut élu secrétaire général, et il s’installa à Paris. Il le resta jusqu’au 31 décembre 1950. A son quatorzième Congrès National, en octobre 1950, le MPF devint Mouvement de Libération du peuple (MLP) dont il fut permanent de 1943 à 1945 puis secrétaire général de 1945 à 1951.

Ces responsabilités au sein du MPF le conduisirent à faire partie du Conseil d’Administration de la Confédération nationale des associations familiales ouvrières (CNAFO), de 1945 à 1951, et du Comité directeur de l’Union internationale des organismes familiaux (UIOF) de 1947 à 1970. Il fut vice-président de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) de 1951 à 1955. Il avait été nommé membre de la Commission Supérieure des Allocations Familiales au titre de "personne qualifiée" (1950-1953). C’est à ce même titre de "personne qualifiée" qu’il fut en 1958 choisi comme administrateur de la Caisse d’allocations familiale (CAF)s de Saint-Étienne, jusqu’en 1967.

Au printemps 1951, le MLP connut une scission qui donna naissance au Mouvement de libération ouvrière (MLO) : Gaston Meynard choisit d’appartenir à ce nouveau mouvement. Il fut membre de son comité national de 1954 à 1970. Dans cette même période, il exerça des responsabilités dans la Confédération nationale des associations populaires des familles (CNAPF) - les Associations populaires des familles (APF) étaient la branche familiale du MLO -, comme vice-président de 1953 à 1958, puis comme président de 1958 à 1967.

Les responsabilités qu’il exerça également dans les instances locales des APF le conduisirent à s’intéresser à d’autres secteurs de la vie sociale et familiale, en particulier aux Centres Sociaux. En 1958, trois centres sociaux existaient à Saint-Étienne, mais avec la législation sur les mètres carrés sociaux dans les constructions nouvelles, et le développement des équipements de quartiers, ils se multiplièrent. Ils se regroupèrent alors dans une fédération des Centres Sociaux de la Loire, dont Gaston Meynard fut président de 1958 à 1983 ; il devint plus tard vice-président de la fédération nationale de ces mêmes centres sociaux (1971 à 1981).

En tant que président local de l’APF, en lien avec d’autres associations familiales et le directeur du Centre interprofessionnel de logement stéphanois (CILS), il fonda et présida l’association qui édifia et géra un foyer de jeunes travailleurs, le Foyer Clairvivre (1963-1985).

Enfin, ses responsabilités sociales s’élargirent aux institutions de bienfaisance de la ville : il fut président de l’Asile de nuit de 1978 à 1963, et plus longuement, vice-président du Centre Communal d’Action Sociale, sous plusieurs municipalités, de 1962 à 1986. Il prit sa retraite en 1976.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article122041, notice MEYNARD Gaston par Jean Nizey, version mise en ligne le 19 septembre 2013, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Jean Nizey

SOURCES : P. Pierrard, M. Launay, R. Trempé, La JOC, regards d’historiens, Éd. Ouvrières, 1984. — J. Nizey, "Naissance et développement de la JOC à Saint-Étienne", in Cholvy, Mouvements de jeunesse, Éd. du Cerf, 1985. — J. Nizey, "La vie du MPF dans la région stéphanoise aux lendemains de la guerre", in Cahiers du GRMF, n°1, 1983, ainsi que les cahiers suivants du GRMF. — Rens. communiqués par l’intéressé. — État civil.

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