MAYÉRAS Barthélemy

Par Justinien Raymond

Né le 3 août 1879 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 2 octobre 1942 à Eymoutiers ; militant socialiste, guesdiste puis SFIO.

Barthélemy Mayéras
Barthélemy Mayéras

Élève boursier au lycée Gay-Lussac de Limoges, Mayéras obtint en 1897 le Prix d’honneur de philosophie et un 4e accessit d’histoire au Concours général ; il fut ensuite élève au lycée Louis-le-Grand en rhétorique supérieure.

Devenu répétiteur de collège à Châtellerault (Vienne) puis à Saint-Maixant (Corrèze) pour préparer une licence, il quitta l’université à la suite d’un incident survenu avec l’administration du collège, à l’occasion de la messe où il conduisait les élèves.

Nommé par la municipalité radicale et socialiste de Labussière conservateur de la Bibliothèque municipale de Limoges, il y resta jusqu’en 1906 ; il fut alors révoqué par la municipalité réactionnaire. Il enseigna quelque temps dans une institution libre.

Mayéras avait adhéré au « Cercle républicain socialiste » créé en 1895 et devenu l’année suivante le groupement limousin du POF ; après 1900, il entra au PS de France. Il collabora au journal Le Socialiste de la Haute-Vienne, devenu plus tard Le Socialiste du Centre et y soutint de vives polémiques.

Vers 1907, il quitta Limoges pour venir à Paris. Il devint un habitué des congrès socialistes où il représenta la fédération de la Haute-Vienne à Nîmes (février 1910), Lyon (1912), Brest (1913), Strasbourg (février 1920) et celle de la Seine à Paris (juillet 1910). En 1910, il entra à la CAP de la SFIO et y demeura jusqu’à la fin de la guerre. Rédacteur à l’Humanité, il y fut chargé de la chronique de la Chambre des députés (compte rendu des séances). Il collabora aussi aux Hommes du jour, hebdomadaire publié par Henri Fabre.

Aux élections législatives du 24 avril 1910, candidat dans le IVe arr. de Paris, Mayéras recueillit 3 459 voix sur 17 457 votants. Il en obtint 1 670 aux élections municipales de 1912 dans le quartier Saint-Gervais du même arr. Le 9 juin 1912, il fut élu conseiller général du canton de Charenton-Alfortville, et, le 10 mai 1914, député de la 3e circonscription de Sceaux par 5 992 voix contre 4 369 au député sortant radical Chenal et 2 292 au candidat progressiste. Au premier tour, les suffrages respectifs étaient de 4 762, 3 460, 2 074.

Pendant la guerre de 1914, il se rangea parmi les socialistes minoritaires et prononça contre la politique d’union sacrée des gouvernements de vigoureux discours. Il fut aussi l’adversaire acharné des bolcheviks, comme il avait été celui des zimmerwaldiens. Néanmoins, il s’éleva, aux séances des 24 et 25 mars 1919, avec Cachin et Ernest Lafont, « contre l’intervention en Russie ». Les trois discours furent publiés en brochure. Il collabora aux journaux minoritaires : Le Populaire-revue publié à Limoges, Le Populaire hebdomadaire dirigé par Jean Longuet, devenu ensuite en avril 1918 quotidien sous le titre Le Populaire de Paris, le Journal du Peuple, quotidien publié par Henri Fabre depuis le 1er janvier 1917. Il écrivit des articles de polémique violente et d’une ironie parfois mordante.

En 1919, Mayéras fut battu avec 111 827 voix sur 389 219 inscrits, dans la 4e circonscription de la Seine (arr. de Saint-Denis et de Sceaux) : il occupait la deuxième place sur la liste de quatorze candidats menée par Jean Longuet qui échoua en totalité.

Dans le grand débat sur l’affiliation internationale, Mayéras se classa à l’extrême droite du Parti socialiste. Membre du Comité pour la reconstruction (longuettiste), Mayéras ne signa pourtant pas sa motion pour le congrès de Tours : il fut, avec Blum, Bracke et Paoli, un des signataires de la motion refusant l’adhésion à la IIIe Internationale. En décembre, il participa au Comité de résistance socialiste. La majorité de la fédération socialiste de la Seine lui refusa une délégation au congrès de Tours (décembre 1920) où il ne siégea que grâce au mandat de suppléant que lui confia la fédération du Nord.
Après le congrès, il fut un des animateurs de la minorité qui se constitua en Parti socialiste SFIO. Il siégea à la CAP et donna très irrégulièrement des articles au journal socialiste Le Populaire de 1921 à 1935. Cessant sa collaboration, Mayéras évoqua des problèmes de santé.

Mayéras fit alors retraite. Il cessa de prendre des positions politiques pour se consacrer uniquement au journalisme. Il collabora à La Dépêche de Toulouse donnant à ce journal des chroniques pétillantes d’esprit, parfois désabusées, où, sous la signature « La Flèche », il contait des souvenirs de sa vie militante ou rappelait des faits de l’histoire du parti. Il exerçait en même temps les fonctions de directeur littéraire de la maison d’éditions Ferenczi.

En 1941, Barthélemy Mayéras quitta Paris avec sa compagne et vint se réfugier à Eymoutiers où il mourut l’année suivante.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article121334, notice MAYÉRAS Barthélemy par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 28 octobre 2019.

Par Justinien Raymond

Barthélemy Mayéras
Barthélemy Mayéras

ŒUVRE : B. Mayéras a collaboré au Socialisme, au Populaire du Centre dont il fut longtemps le correspondant à Paris, au Droit du Peuple de Grenoble, au Midi socialiste de Toulouse, au Populaire de Paris où, à partir de mars 1934, il fut chargé de la page hebdomadaire « La Vie municipale ». Il fut, en outre, journaliste professionnel au Petit Parisien.

SOURCES : Arch. PPo. B a/1 700. — Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Comptes rendus des congrès nationaux du Parti socialiste. — Victor Méric, À travers la jungle politique et littéraire, Paris, 1930, pp. 132 à 138. — Les Hommes du jour (année 1912.) — L’Humanité, 11 et 29 mai 1914. — Le Populaire, 31 mars 1935. — Notes de Julien Chuzeville.

ICONOGRAPHIE : L’Humanité, 29 mai 1914. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, III, op. cit., p. 209.

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