MAURON Joseph, François

Par Antoine Olivesi

Né le 19 mai 1870 à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ; mort le 30 janvier 1940 à Avignon (Vaucluse) ; instituteur public ; militant socialiste ; maire de Saint-Rémy de 1935 à 1940.

Joseph Mauron était le fils d’un cultivateur de Saint-Rémy, issu lui-même d’une famille de paysans très anciennement implantée dans cette localité, puisqu’on en trouve les premières traces en 1645.

Élève de l’École normale d’instituteurs d’Aix-en-Provence de 1885 à 1888, il en sortit avec le brevet supérieur et fut affecté d’abord à Graveson, à Salon, puis, en qualité de titulaire, à Saint-Rémy en 1894. Cette année-là, il épousa Madeleine Espigue (1870-1946), qui avait été la première institutrice laïque nommée à Saint-Rémy : elle devait lui donner deux enfants, Jeanne (1895-1918) et Charles Mauron (1899-1966).

Très « à gauche » lui-même, Joseph Mauron était, en 1900, membre actif du Cercle démocratique de Saint-Rémy et militait dans les groupements avancés et laïques. Il connut ensuite le mouvement syndical très engagé de l’enseignement primaire à Marseille, où il fut nommé en 1903, d’abord dans une école de la banlieue ouvrière de Saint-André, puis dans le quartier populaire des Présentines à partir de 1904. Les listes électorales de Marseille, en 1909-1911, le mentionnent comme instituteur adjoint, selon la terminologie de l’époque, c’est-à-dire adjoint du directeur d’une école importante.

Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il fut envoyé sur le front, d’avril à septembre 1915, puis affecté, en 1916, à la surveillance du camp de prisonniers de Carpiagne, près de Marseille. En septembre 1917, il retrouva son poste d’instituteur dans cette ville, à l’école du Chapître (place Stalingrad actuelle), près de la faculté des sciences, et milita au SNI

Dès 1910-1911, il s’était fait rayer des listes électorales marseillaises pour celles de Saint-Rémy : il y fut nommé directeur d’école en 1922 et y exerça (surtout à partir de sa retraite, en 1926) une activité politique importante, dans un contexte de luttes ardentes entre une droite en grande partie catholique et royaliste encore et une gauche elle-même divisée par la compétition entre radicaux et socialistes, les premiers étant solidement implantés depuis 1905. Joseph Mauron, membre de la Ligue des droits de l’Homme, de la Ligue antifasciste et du Parti socialiste SFIO, fut candidat en 1929 aux élections municipales sur la liste d’Ernest Abert, sans succès. Dans les années qui suivirent, avec son fils Charles, il réorganisa la section SFIO de Saint-Rémy, et, aux municipales de mai 1935, conduisit une liste d’Union et de défense républicaine antifasciste : il l’emporta sur le maire sortant, un négociant radical modéré, Antoine Mauron, avec lequel il n’avait du reste aucun lien de parenté. Élu maire par la nouvelle municipalité, qui comptait quinze socialistes et huit radicaux-socialistes, il participa aux luttes du Front populaire, à l’accueil des réfugiés républicains espagnols. Il avait préparé un plan de réalisations sociales et culturelles d’envergure, destiné à promouvoir sa commune qu’il administra jusqu’à sa mort, survenue à la suite d’une chute accidentelle ayant entraîné une blessure infectée ; Sixte-Quenin et Henri Tasso assistèrent à ses obsèques civiles, qui rassemblèrent une foule d’amis, de militants et de sympathisants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article121267, notice MAURON Joseph, François par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, V M2 283 et 285. — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1903-1911. — Le Petit Provençal, 13 mai 1935. — L’Homme de Bronze, 3 février 1940 (nécrologie). — Indicateur marseillais, 1900-1914 et 1919-1923. — « Hommage à Joseph Mauron, ancien maire », article (avec photo), non signé, de M. Bonnet, dans Le Provençal, édition d’Arles, du 3 février 1970. — Renseignements communiqués par la famille du militant.

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