MASSOUBRE Paul

Par Daniel Colson, Marianne Enckell

Né le 10 juillet 1900 à Villeurbanne (Rhône), mort dans la même ville le 10 septembre 1963 ; ajusteur, syndicaliste révolutionnaire et anarchiste.

De parents d’origine corrézienne, d’abord anarchiste individualiste, Paul Massoubre rejoignit très vite la CGT au début des années vingt. Ajusteur, il fit partie du syndicat des Métaux de Lyon. Avec l’ensemble des courants syndicalistes révolutionnaires, il poussa son syndicat à adhérer à la CGTU en 1922, mais très vite il s’opposa à la main-mise du Parti communiste sur la nouvelle Confédération. Avec Théo Argence et un fort courant de métallurgistes libertaires, il contribua à faire passer dans l’autonomie l’important syndicat des Métaux de Lyon, puis à le faire adhérer, en 1926, à la CGT-SR, fondée par Pierre Besnard. On le disait orateur remarquable, pouvant tenir la tribune pendant trois heures (témoignage de Pierre Masneuf*). Il hébergea Lucien Tronchet* lorsque celui-ci se réfugia à Lyon en 1927, puis d’autres camarades après la tuerie du 9 novembre 1932 à Genève.

Au lendemain des grèves de 1936, découragé par les faibles résultats obtenus au sein de la CGT-SR, il rejoignit la CGT réunifiée. Sans cesser de se réclamer de l’anarchisme, il découvrit alors le marxisme non léniniste et entra en relation avec des groupes ouvriers révolutionnaires où se côtoyaient libertaires et marxistes dits de « l’ultra-gauche ». En 1937-1939, Massoubre était secrétaire fédéral du syndicat des Métaux CGT pour les départements de l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, le Rhône, la Saône-et-Loire.

Après la défaite de 1940, il s’engagea très vite dans la résistance ouvrière au sein de la CGT clandestine mais sans rallier pour autant le Parti communiste. Au moment de la reconstitution officielle de la CGT, il fit partie des instances dirigeantes de la Fédération des Métaux. Secrétaire fédéral pour l’Ain, le Jura, la Saône-et-Loire, délégué au congrès des Métaux de 1946, il fit partie de la commission exécutive de la Fédération des Métaux la même année. Ce fut lui qui, à la Bourse du Travail de Lyon, devant plus de 2 000 métallurgistes, parvint à captiver son auditoire sur les perspectives qu’ouvrait la création des comités d’entreprise. En 1948, il présida le congrès de l’Union des Métaux du Rhône. Il fut permanent de la Fédération des Métaux CGT jusqu’en 1955, sans jamais renier ses convictions libertaires.

Il s’était marié le 14 octobre 1922 avec Julie Madeleine Celle.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article120967, notice MASSOUBRE Paul par Daniel Colson, Marianne Enckell, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Daniel Colson, Marianne Enckell

"Au lendemain des événements " / Décédé le 10 septembre 1963.

SOURCES : Etat civil. — Archives Massoubre déposées au Centre de documentation libertaire de Lyon. — S. Courtois, La politique du PCF et ses aspects syndicaux, op. cit. — Témoignage de sa sœur, Louisette Marsella. — Notes de M. Lebas et Claire Auzias.

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