MASSON Lucien, Félix

Par Thierry Hohl, Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 20 novembre 1880 à Chassy (Yonne), mort le 27 juin 1952 à Paris (XIVe arr.) ; instituteur ; maire de Migennes (1935-1945, 1947-1952) ; militant socialiste de l’Yonne ; membre du Comité départemental de Libération.

Fils d’un maçon également cultivateur, Lucien Masson, instituteur de 1897 à 1935, termina sa carrière comme directeur du cours complémentaire de Migennes. Il représenta ses collègues au Conseil départemental de l’enseignement primaire pendant deux ans.

Trois fois blessé lors de la guerre de 1914-1918, Lucien Masson reçut deux citations, la Croix de guerre, la Médaille militaire. Il fut décoré de la Légion d’honneur en 1947.

Lucien Masson fut élu maire de Migennes, petite commune ouvrière et cheminote de l’Yonne, le 19 mai 1935 à la tête d’une municipalité de Front populaire. Membre du Parti socialiste SFIO depuis plusieurs années, il bénéficia du désistement communiste au deuxième tour. Adepte de la non-intervention en Espagne, il participa néanmoins à l’accueil d’un groupe de petits réfugiés espagnols à Migennes pendant la guerre civile. Partisan des accords de Munich en 1938, en 1939, il était vice-président et trésorier de l’Association amicale des maires et adjoints de l’Yonne, affiliée à l’Association des maires de France. En 1937, il échoua aux élections du conseil d’arrondissement.

Lucien Masson fut maintenu comme maire de Migennes sous Vichy. Membre du comité départemental de Libération et du comité local de Migennes, il appartint au comité départemental de la FNCR après 1945, délégué de l’office départemental des victimes de guerre. Il était président de l’association départementale des sinistrés en novembre 1948.

Élu maire de Migennes en 1945 à la tête d’une liste d’union SFIO-PCF et président de l’Union départementale des élus cantonaux et municipaux socialistes, réélu en 1947 en faisant élire la totalité de sa liste socialiste contre celle du député communiste Prosper Môquet comme conseiller municipal, il retrouva son poste de maire. L’amicale des maires et adjoints du département n’ayant plus fonctionné depuis la Libération, il la refonda et en devint le vice-président en juillet 1948.

Lucien Masson appartint à la commission des conflits désignée par le congrès départemental de la SFIO en octobre 1945 et fut grand électeur à l’occasion des élections au conseil de la République en 1946. Membre du comité fédéral pour le jovinien en mai 1952, il fut candidat avec Maurice Brisson sur une liste pour la défense des libertés républicaines lors des élections pour le Conseil de la République du 7 novembre 1948 et fut battu au deuxième tour (avec 248 voix, troisième position). Il fut à nouveau battu aux élections sénatoriales de 1952, avec 266 voix. Il avait au Parti socialiste SFIO une position prudemment « centriste »

Membre de la Ligue des droits de l’homme, président de la section locale, franc-maçon, il présidait de nombreuses associations, notamment l’association des sinistrés, la coopérative des habitations à bon marché, l’amicale sportive et la commission des bois de la commune.

Marié le 20 août 1904 à Sainpuits (Yonne) avec une institutrice, il était père de deux enfants.

Son nom fut donné au stade de Migennes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article120944, notice MASSON Lucien, Félix par Thierry Hohl, Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 avril 2012.

Par Thierry Hohl, Gilles Morin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3240, F/1cII/245, 249. — Arch. Dép. Yonne, 61W59 (rapport du 20 mars 1946, mai 1952). — Arch. com. Migennes. — L’Yonne Socialiste, 9 février 1946, 6 avril 1946, 4-17 novembre 1948, 18 novembre 1948, 1er décembre 1948 —DBMOF, notice par C. Pennetier. — Renseignements communiqués par Guy Lavrat.

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