Né le 7 janvier 1900 à Évol (commune d’Olette, Pyrénées-Orientales) ; mort le 24 août 1982 ; instituteur ; écrivain.

Dernier des cinq enfants d’une famille dont le père, instituteur, était fils de métayers, et la mère fille de paysans montagnards, Ludovic Massé entra à l’École normale d’instituteurs de Perpignan en 1916. Il en sortit en 1919 et exerça dans un cours élémentaire à Céret jusqu’en 1940. Sous le gouvernement de Vichy, déplacé d’office comme « esprit néfaste exerçant une fâcheuse influence sur les populations et particulièrement sur les milieux ouvriers et paysans », il préféra quitter l’enseignement. Depuis plusieurs années déjà, Massé s’était fait connaître par la publication de trois romans de mœurs paysannes, Le Mas des Oubells, Ombres sur les champs et La Flamme sauvage.
Massé avait, pendant un temps, adhéré à la Fédération unitaire de l’Enseignement (publia dans la rubrique Vie littéraire de l’Ecole émancipée) et au comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais, anarchiste et individualiste de tempérament, il resta par la suite en dehors de toute activité politique, syndicale, municipale ou culturelle, sans pour autant refuser son appui aux manifestations qui avaient son approbation. Avant la guerre, Ludovic Massé avait collaboré à de nombreux périodiques : Vu, Regards, Marianne, Vendredi.... Ami d’Henry Poulaille , il avait fait partie du comité de rédaction de Prolétariat et d’A Contre-courant. Après avoir démissionné de l’enseignement, Massé se fixa à Perpignan et se consacra à la littérature. Parmi les nombreux romans et recueils de contes qu’il publia à partir de 1943, Le Livret de famille, Fumées de village et La Fleur de la jeunesse constituent, sous le titre général Les Grégoire, son œuvre maîtresse. Dans cette trilogie Ludovic Massé a retracé l’histoire de sa propre famille.
En dehors de son activité littéraire, Massé s’était attaché très tôt (dès 1928) à rassembler une collection sélectionnée d’œuvres d’art modernes, et de nombreux peintres, comme Raoul Dufy et Jean Dubuffet figurèrent parmi ses amis. Enfin, Ludovic Massé entretint une correspondance assidue avec Édouard Peisson, Marcel Martinet, Roger Martin du Gard, Henry Poulaille, Charles Vildrac, Blaise Cendrars...
Devenu veuf en 1958, remarié en 1964, Ludovic Massé était père de deux enfants.

ŒUVRE : Le Mas des Oubells, Grasset, 1933. — Ombres sur les champs,1934. — La Flamme sauvage, 1936. — En collab. avec Sylvain Massé, Lam, la truite, Larousse, 1938. — Les Grégoire, Fasquelle. 1. Le Livret de famille (1943). 2. Fumées de village (1945). 3. La Fleur de la jeunesse (1946). — Le Vin pur, Flammarion, 1945. — La Terre du Liège, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1953. — Les Trabucayres,1955. — Contes en sabots, 1959. — Le Refus, roman, 1962. — Simon Roquère, 1969. — Le Vin pur, préface de Claude Delmas, POL, 1984, 240 p. — Visages de mon pays, présentation et posface de Maurice Roelens, Plein chant, 1984, 133 p. — Tolstoï, l’homme de la vérité, Mare Nostra, 1991, 93 p.

SOURCES : Les Grégoire. — Correspondance de Ludovic Massé. — Marcel Martinet, Ludovic Massé, Correspondance croisée (1932-1944) ; préf. M. Roclens, Plein Chant, 1987, 141 p. — Bernadette Truno, Ludovic Massé. Un aristocrate du peuple, Mare nostrum, 1996. — L’Ecole émancipée, février 2000 : « Ludovic Massé, société, écriture et vérité ».

Jean Prugnot

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