MARZIN Madeleine, Marie

Par Jacques Girault, Daniel Grason, Jean Maitron

Née le 21 juillet 1908 à Loudéac (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), morte le 27 mai 1998 à Paris (Xe arr.) ; institutrice ; militante syndicaliste ; militante communiste résistante ; conseillère et députée de Paris.

Madeleine Marzin
Madeleine Marzin

Fille d’un entrepreneur puis commerçant et d’une catholique pratiquante exerçant la profession de débitante, Madeleine Marzin eut quatre frères dont l’un s’engagea dans les FTP Pierre Francis Marzin ; un autre entra dans la Résistance et fut déporté Gustave Marzin. Son père, revenu tuberculeux de la guerre, mourut en 1926. 

La famille s’installa à Plouaret (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) où sa mère tenait un petit commerce-boulangerie.
Madeleine Marzin fut reçue à l’École normale d’institutrices de Saint-Brieuc en 1926 et en sortit en 1929. Après avoir été institutrice dans le XVIIIe arr. de Paris en 1931, elle fut nommée au Plessis-Robinson (Seine) où elle resta jusqu’au 1er juin 1942, habitant 110 avenue Victor-Hugo à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine). En 1932, elle adhéra à l’association des « Bretons émancipés de Paris », fondée par Marcel Cachin, et au Parti communiste.
Militante syndicaliste, elle fut trésorière du syndicat unitaire de l’enseignement de la Seine en 1933-1934. Son activité syndicale ne passa pas inaperçue, le 26 avril 1933, le ministre de l’Éducation nationale communiqua à la Direction de l’Enseignement primaire de la Seine, un rapport du Préfet des Côtes-du-Nord au ministre de l’Intérieur signalant que Madeleine Marzin, institutrice suppléante dans la Région parisienne, se livrait à une activité communiste dans l’arrondissement de Lannion alors qu’elle était en vacances de Pâques dans sa famille. Le Préfet terminait sa lettre en soulignant : « Professionnellement, Mlle Marzin est une bonne institutrice, expérimentée et consciencieuse, notée 4 sur 5. »
Enseignante à l’Université ouvrière, elle fut élève en 1937 de l’école centrale du Parti communiste. Son activité politique fut interrompue par la maladie et par un long séjour de trois ans au sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse), pendant lequel elle adhéra à l’Association des malades en congé de longue durée, dont elle devint vice-présidente. Elle fit notamment connaissance avec Jeanne Deus et Denise Véron Elle écrivit plusieurs articles sur l’ACLD dans L’Ecole libératrice, journal du Syndicat national des instituteurs à partir de 1937. Elle fit grève le 30 novembre 1938 contre le décret Daladier-Reynaud qui portait atteinte aux conquêtes du Front populaire dont les 40 heures. 
En novembre-décembre 1940, elle signa le Manifeste aux instituteurs et institutrices de France.
Encourageant le renforcement de l’OS puis des FTPF, elle participa à la création du Front national universitaire vers juin 1941. Elle fut en congé maladie du 14 au 31 mai 1942. Ces jours furent mis à profit pour préparer l’initiative du 31 mai, une date qui n’était pas choisie par hasard. Elle expliqua après la Libération « Depuis le début de l’Occupation des anniversaires que, traditionnellement, le Parti communiste commémore : le 11 novembre, le 1er mai, le 14 juillet…, or le dernier dimanche de mai était celui où le Parti communiste commémorait la Commune de Paris. »
Le dimanche 31 mai 1942, elle fit donc partie de la direction, avec d’autres femmes, de la manifestation organisée par le Parti communiste contre les restrictions imposées par l’occupant dans le magasin d’alimentation« Eco »à l’angle de la rue de Seine et de la rue de Buci (VIe arr.) où deux policiers furent tués par l’équipe communiste assurant la protection. Une militante devait chanter La Marseillaise, elle n’était pas là.
D’un immeuble face au magasin des tracts furent jetés à la volée :
« Écoutez-nous !  »
Il était notamment écrit : « Comment venir à bout de cette maudite question de ravitaillement. Nos budgets modestes ne nous permettent pas d’acheter au marché noir tant nous avons besoin de viande, de beurre, de pommes de terre. » Seuls les « grands riches qui chez Maxim’s ou dans les tavernes chics peuvent payer un repas plusieurs centaines de francs. »
« Comment résoudre ce problème angoissant ? Les boches emportent tout ou presque tout et ce qui reste nous passe bien souvent devant le nez. […] La vraie solution c’est de chasser les boches hors de notre pays, pour que les Français profitent enfin de ces produits de leur sol. »
Étaient dénoncés : « Les hommes du Gouvernement, les traîtres vendus aux boches, les Laval qui promet toujours quelque chose pour se faire bien voir, le vieux Pétain qui exalte la jeunesse et la famille et nous donne du vent, comme nourriture, tous ces gens-là se moquent de nous quand nous nous plaignons. Ils rient de nous en se disant : « Elles se débrouilleront, elles paieront un peu plus cher, elles connaissent des parents à la campagne qui leur enverront des petits colis. » Et celles qui n’ont pas de famille à la campagne ? Nous le disons bien haut : « Ces gens néfastes se rient de nos souffrances » parce que cela fait l’affaire de Hitler et de sa guerre. Tandis que chaque fois que nous élevons la voix, ils prêtent l’oreille et ils s’exécutent : un kilo de pommes de terre par çi, des pâtes par-là, des légumes secs un autre jour. Pourquoi ? Parce qu’ils ont peur de nous, des femmes de Paris qui, lorsqu’elles sont déchaînées sont capables de grandes choses. Ils le savent bien. En 1789 ce sont les femmes de Paris qui aux cris “du pain ! du pain ! ʺ ont ramené de Versailles “le boulanger, la boulangère et le petit mitronʺ, en 71 en ce mois de mai justement, ce sont les femmes de la Commune qui manquent de tout, ont été les plus ardentes. Serions-nous moins courageuses et moins décidées qu’elles ?
Nous vous le disons très nettement : si nous élevons la voix davantage nous obtiendrons davantage. Mieux, si nous nous mettons en colère, on nous donnera satisfaction.
Et pourquoi attendrions-nous la bonne volonté de ces messieurs ? Il y a des provisions accumulées dans les grands magasins d’alimentation, les Potin, les Damoy [illisible] Servons-nous, nous-mêmes. Nos enfants ont faim. [Suite illisible].
Un groupe de ménagères
Madeleine Marzin ne devait pas s’exposer, elle entra dans la boutique (ce qui n’était pas prévu) s’empara de conserves. Marguerite Bronner tenta de faire de même ainsi que d’autres militantes. Le rideau de fer du magasin se baissa, Élie Gras le bloqua permettant aux militantes de s’échapper, parmi lesquelles Berthe Houet.
Des employés du magasin intervinrent aussitôt avec des gardiens de la paix en tenues et en civils. Hasard ? Organisation habituelle les jours le dimanche matin en raison de l’affluence ? Aux abords du magasin seize policiers étaient là dont deux hors services faisaient leurs courses, ainsi que deux membres du PPF de Doriot dont la permanence était dans le quartier.
Bien après cet évènement, elle se souvenait qu’une « vingtaine de camarades du [quartier] Saint-Lambert » était à cette manifestation, elle citait « Ginette Manceau, Yvonne Chauviré, Ida et son mari Roger, Berthe Houet, Louise et son mari Émile Sézille de Mazancourt, Raymonde Vanden Branden, Marguerite, Paul Demauray, François Roshano, André Brun, « Paulo », « Le Petit », « Joseph », Marcellesi. »
Le 1er juin elle prenait son travail à l’école du Plessis-Robinson, elle émargea la note de service du Recteur en date du 19 mai sur l’exposition « Le bolchévisme contre l’Europe », elle lut cette circulaire à ses élèves en présence de la directrice de l’établissement. Vers 21 heures 45 alors qu’elle se présentait au domicile d’Émile Sézille de Mazancourt 5 rue Auguste-Chabrières à Paris (XVe arr.), un inspecteur de la BS2 l’interpella. Elle présenta une pièce d’identité qui portait sa photographie au nom de « Félicie Lavergne » née dans la Creuse et un certificat de travail au même nom d’une entreprise allemande. Dans sa serviette en cuir était saisie une brochure « Le Nouvel Ordre Européen » éditée par le parti communiste clandestin.
L’inspecteur la conduisit au commissariat du quartier, sur le chemin elle tenta de faire disparaître sa prolongation de congé maladie. Elle cria en vain. Maîtrisée elle a été emmenée dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police. Deux carnets étaient saisis, sur l’un figurait des annotations sur l’organisation clandestine, un rendez-vous était noté sur une feuille, trois tickets de métro portaient des inscriptions, une brochure avec en titre « Directives pour les fédérations » édité par une organisation catholique, deux coupures de journaux sur l’action de la rue de Buci. Une carte d’alimentation et des feuilles de tickets au nom d’Ernestine Lesboignierec avec une feuille de tickets de pain.
Elle déclara vivre chez Eugénie Dietrich 3 rue Léon-Dierx à Paris (XVe arr.), les policiers vérifièrent, son courrier arrivait bien à cette adresse, mais elle n’y était pas paru depuis quatre mois. Elle reconnaissait habiter 110 rue Victor-Hugo à Vanves où elle hébergeait son frère Pierre évadé du camp d’internement de Fort-Barraux. Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissaient 2434 francs provenant de la collecte des cotisations de membres du parti communiste, des cartes de charbon, textile, d’alimentation, une carte d’identité au nom d’Andrée, Lucie Le Quellec qui portait sa photographie, deux passeports au nom de Jacques Kahn et de Mayer Kaliski, un projet de tract intitulé « Femmes de France », un tract manuscrit « Notre devoir de Français », un rapport de douze pages sur l’activité du Comité mondial des femmes, la dernière lettre d’Adrien Agnès fusillé à Nantes, « L’Action » d’avril 1942, de nombreuses notes sur l’activité de Madeleine Marzin, une liste de souscription pour l’aide aux familles du XVe arrondissement, onze machines à polycopier, des lettres d’imprimerie, et un revolver à barillet, marque British Bull Dog, calibre 32 qui devait être remis à « Ludovic ». Ce dernier pseudonyme était celui de Georges Vallet qui avait préparé cette initiative, et celle de la rue Daguerre qui se déroulera le 1er août 1942.
Elle était connue de la 1ère section des Renseignements généraux pour avoir été la responsable de la propagande du Parti communiste dans les départements du Morbihan, Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), du Finistère, de la Loire-Inférieure (Loire-Atlantique) et de la Vendée en décembre 1928.
Entrée dans l’enseignement en 1925, elle enseignait depuis juillet 1937 à l’école de filles de la rue de la Ferme au Plessis-Robinson (Seine, Hauts-de-Seine). Elle habitait 110 avenue Victor-Hugo à Vanves depuis novembre 1941. Elle habita auparavant chez Eugénie Dietrich 3 rue Léon-Dierx (XVe arr.). Titulaire du Brevet supérieur et du Certificat d’aptitude pédagogique.
Interrogée sur la manifestation de la rue de Buci, elle tint à préciser qu’elle avait été membre du Parti communiste de 1934 à 1939, elle reprit de l’activité en février 1941. Elle aurait été contactée par « Thérèse » une ex. communiste de la cellule 2409 du XIXe arrondissement qu’elle rencontra « fortuitement ». Affaibli par trois années de sanatorium, elle hésita, accepta et essaya de constituer quelques groupes dans le XVe arrondissement. Tâche difficile, elle contacta des anciennes militantes du « Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme », certaines abandonnèrent, elle effectua avec quelques militantes à des distributions de tracts et à des collectes pour les familles des emprisonnés politiques.
Le responsable « Albert » avait été remplacé par « Ludovic » qui lui demanda de convoquer les femmes des groupes afin d’organiser une manifestation dans le magasin d’alimentation « Eco » situé à l’angle des rue de Buci et de Seine.
L’objectif était de pénétrer dans le magasin et de distribuer des denrées alimentaires aux personnes qui attendaient dans les files d’attente. Des groupes de protection n’interviendraient que si la police procédait à des arrestations ou si des employés s’opposaient à la distribution. « Ludovic » insista sur le fait « que les camarades seraient nombreux, mais à aucun moment il ne m’a dit qu’ils seraient armés », elle ajouta « et j’ai pensé que leur nombre suffirait à garantir le succès de notre opération. »
Madeleine Marzin mobilisa militantes, militants et sympathisantes et sympathisants : Émile Sézille de Mazancourt, Marguerite Bronner, Raymonde Vanden Branden… le 31 mai, ils se retrouvèrent au métro Duroc, puis par le métro ils prenaient la direction Austerlitz, tous descendaient à la station Odéon, il était 9 heures 50, une dizaine de militants étaient présents. Elle désigna deux femmes « au hasard » qui devaient entrer dans le magasin, prendre des boîtes de conserves, les passer à deux autres militantes qui devaient « placer les boîtes de conserves dans les filets des ménagères. »
L’heure de l’action était fixée à 10 heures 15, une militante devait entonner La Marseillaise, elle n’était pas là, Madeleine Marzin ne devait pas s’exposer, mais devant les difficultés, elle entra la première, se saisissaient de boîtes de conserves et les jeta au hasard, un employé se jeta sur elle, essayant de la maîtriser. Plusieurs militants réussissaient à la dégager, elle se dirigea au métro Odéon, sur le parcours elle rencontra plusieurs femmes qui venaient de prendre part à l’action, certaines l’informèrent que des coups de feu avaient été tirés. Elle prenait le métro seule, et rentra chez elle.
Le 1er juin alors qu’elle se présentait au domicile d’Émile Sézille de Mazancourt 5 rue Auguste-Chabrières, un inspecteur de la BS2 l’interpella. Elle présenta une pièce d’identité qui portait sa photographie au nom de Félicie Lavergne née dans la Creuse et un certificat de travail au même nom d’une entreprise allemande. Dans sa serviette en cuir était saisie une brochure « Le Nouvel Ordre Européen » éditée par le parti communiste clandestin.
L’inspecteur la conduisit au commissariat du quartier, sur le chemin elle tenta de faire disparaître sa prolongation de congé maladie, elle cria pour alerter le voisinage, en vain. Maîtrisée elle a été emmenée dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police. Deux carnets étaient saisis, sur l’un figurait des annotations sur l’organisation clandestine, un rendez-vous était noté sur une feuille, trois tickets de métro portaient des inscriptions, une brochure avec en titre « Directives pour les fédérations » édité par une organisation catholique, deux coupures de journaux collaborationnistes sur l’action de la rue de Buci. Une carte d’alimentation et des feuilles de tickets au nom d’Ernestine Lesboignierec avec une feuille de tickets de pain.
Lors de son interrogatoire, elle a été frappée à de multiples reprises par des policiers qui voulaient savoir comment fonctionnait l’organisation clandestine. Ils voulaient connaître la raison pour laquelle elle était venue chez Émile Sézille de Mazancourt. « J’avais lu dans les journaux que des gardiens de la paix avaient été tués, mais j’avais pensé qu’il s’agissait d’une provocation de la police. Je ne pouvais croire que des militants communistes avaient fait feu » répondit-elle.
L’interrogatoire se poursuivit toujours accompagné de coups, elle dû donner des explications sur l’hébergement de son frère Pierre Marzin, sur les annotations portées sur son carnet.
Elle déclara vivre chez Eugénie Dietrich 3 rue Léon-Dierx à Paris (XVe arr.), les policiers vérifièrent, son courrier arrivait bien à cette adresse, mais elle n’y était pas paru depuis quatre mois. Elle reconnaissait habiter 110 rue Victor-Hugo à Vanves où elle hébergeait son frère Pierre évadé du camp d’internement de Fort-Barraux. Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissaient 2434 francs provenant de la collecte des cotisations de membres du parti communiste, des cartes de charbon, textile, d’alimentation, une carte d’identité au nom d’Andrée, Lucie Le Quellec qui portait sa photographie, deux passeports au nom de Jacques Kahn et de Mayer Kaliski, un projet de tract intitulé « Femmes de France », un tract manuscrit « Notre devoir de Français », un rapport de douze pages sur l’activité du « Comité mondial des femmes », la dernière lettre d’Adrien Agnès fusillé croyait-elle à Nantes, en fait à La Blisière (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) « L’Action » d’avril 1942, de nombreuses notes sur son activité, une liste de souscription pour l’aide aux familles du XVe arrondissement, onze machines à polycopier, des lettres d’imprimerie, et un revolver à barillet British Bull Dog calibre 32 qui devait être remis à « Ludovic ». Ce dernier pseudonyme était celui de Georges Vallet qui prépara cette initiative et celle de la rue Daguerre qui se déroula le 1er août 1942, Lise London en devint la figure emblématique.
Plusieurs résistants interpellés, battus parlèrent, Madeleine Marzin a été à nouveau interrogée. Les questions portèrent sur le projet de constitution de « Groupes de partisans ». Elle précisa « Il n’était pas question de recruter pour l’OS, branche spéciale du Parti communiste dont je ne connais pas l’organisation mais bien de constituer, au sein du Parti même, des groupes de choc c’est tout au moins ce que j’ai cru comprendre. »
En dépit des coups Lucienne Marzin affirma « qu’à aucun moment je n’ai été chargée du contrôle des groupes de combat. J’ai seulement essayé par l’intermédiaire de « Lulu », de constituer des groupes de choc dont le travail est bien différent car il consiste seulement à assurer le succès le succès de manifestations ou de tâches relevant de la propagande. »
Le matériel de propagande tracts et brochures en quantité diverse fut saisit dans différentes pièces du logement : « Appel à la classe ouvrière de France », « Appel au peuple français », « Gabriel Péri vous parle », « Le Parti communiste à 20 ans », « La mort de Gavroche », « Patriotes qui voulez libérer la France », « Bulletin d’information », « La Vie Ouvrière » n° 71, « l’Humanité » n° 46, « Les crimes des barbares nazis », « A bas les trois têtes de la trahison » ; des brochures « Que veulent les communistes », « L’URSS vaincra », « L’État et la Révolution », « Le Parti communiste a 20 ans » ; « Salaires, prix et profits », « Principes du léninisme », « Cahiers du bolchevisme », « Manifeste du Parti communiste », « L’école élémentaire du Parti communiste français », « L’invincible armée rouge », et onze machines à polycopier, etc.
Dans une boîte d’allumettes à double fond les policiers découvraient une liste de neuf noms, un nommé Marceau était domicilié place Beauvau à Paris (VIIIe arr.), le nom et l’adresse étaient faux. Huit autres personnes ont été identifiées, sept furent mises hors de cause, deux femmes et cinq hommes. Une femme était identifiée Madeleine Maes, elle avait été syndiquée à la CGT. Son délit ? Ses relations épisodiques avec Madeleine Marzin, celle-ci lui avait remis, une fois un tract édité par l’organisation clandestine. Elle a été inculpée d’infraction au décret du 26 septembre 1939, mais a été laissée libre.
Quand elle avait lu dans la presse collaborationniste que des gardiens de la paix avaient été tués, elle pensa qu’il s’agissait d’une provocation de la police. « Je ne pouvais croire que des militants communistes avaient fait feu » déclara- t-elle lors de son interrogatoire.

Les photographies de plusieurs militants (es) lui ont été présentées. Elle en reconnut cinq, elle précisa que Dietrich ne participa pas à l’initiative de la rue de Buci.

Madeleine Marzin a été frappée à de multiples reprises, sur le procès-verbal de son interrogatoire, les lettres S.I. qui signifiait sous interrogatoire ont été portées dix-huit fois. Battue donc à dix-huit reprises son corps a été martyrisé. Notes saisies, rendez-vous, tracts, fausses pièces d’identité, le moindre indice fit l’objet de questions… et de réponses. Sur trente-deux feuillets dactylographiés figura le martyr de Madeleine Marzin, ses vérités approximatives, sa volonté farouche de gagner du temps pour que celles et ceux impliqués dans ce qui deviendra l’affaire de la rue de Buci quittent leur domicile ? Échafaudent un alibi plausible. Mais où pouvaient-ils aller ?
Qui était « Reine âgée d’une trentaine d’années, petite, cheveux châtain à reflets roux, yeux châtains, teint couperosé, aspect chétif. A l’allure d’une petite ménagère. Habituellement vêtue d’une jupe grise et d’une veste noire. Toujours nu-tête. »
Où se nichait « Citron […] baptisé ainsi à cause de son teint […] métallurgiste, mais actuellement, il travaille dans le bâtiment. […] 45 ans environ, taille 1 M 63 environ, cheveux blancs, yeux verts, visage maigre, allongé, joues creuses, est vêtu d’un pantalon de velours, et d’un blouson marron en tissu à fermeture éclair, et coiffé d’un béret basque. »
Et « Pépé », « Constanti », « Jeanine », « Glinoux », « Darnaud », « Rolande », « Eugène », et « Jeannine », toutes et tous volatilisés ?
Beaucoup de papiers, de tracts, de traces, de pistes pour les policiers dans l’appartement occupé par Madeleine Marzin. Tout ce qui fut saisi témoignait d’une organisation clandestine dynamique.
Après la guerre, dans un témoignage, Madeleine Marzin écrivit : « Nous sommes restés dans les locaux [des brigades spéciales] de cinq à huit jours, avant d’être dirigés vers la Roquette ou la Santé. C’est là que j’ai rencontré pour la première fois les francs-tireurs qui avaient participé à la manifestation. Des étudiants du lycée Buffon et de l’École Alsacienne. »
« Tous portaient des traces de coups au visage, tous marchaient difficilement à la suite des coups reçus. J’ai entendu crier Yvonne, que des hommes de la brigade spéciale frappaient dans une pièce éloignée de celle où je me trouvais. »
Le 4 juin 1942 le journal collaborationniste Le Matin titra un article « L’attentat de la rue de Seine fut un coup bien préparé », Madeleine Marzin « fit convoquer rue de Seine par un ajusteur, Émile Sézille de Mazancourt plusieurs ménagères notamment Mme Bronner mécanographe d’usine, sur laquelle on a retrouvé la convocation signée Émile. »
Madeleine Marzin a été emprisonnée à la Petite Roquette. Elle fut condamnée le 25 juin 1942 par la section spéciale du Tribunal d’État à la peine de mort le 23 juin, peine commuée par le Chef de l’État le 22 juillet en prison à vie. Le service de l’Identité Judiciaire avait informé dès le 3 juin 1942 que le revolver à barillet British Bull Dog saisi chez elle n’avait pas été utilisé lors d’attentat. Ce fait compta probablement dans la décision du Chef de l’État.
Après les condamnations à mort, l’Humanité clandestine du 3 juillet 1942 titra un article « Tribunal d’assassins ». Étaient dénoncés : « Des policiers sans conscience qui osèrent s’attaquer à ces ménagères, agissant ainsi en valet docile des boches, se heurtèrent à des patriotes décidés et deux d’entre eux furent abattus. » Après avoir rappelé les « 6 condamnations à mort » l’Humanité écrivait : « Que le peuple se lève contre ce tribunal d’assassins qui fait couler le sang de Français et de Françaises honnêtes. »
Le 7 août l’Humanité titra : « Ménagères, servez-vous vous mêmes. » Suivait un compte-rendu de l’initiative du « 31 mai, rue de Buci » où « des ménagères prirent des boîtes de conserves dans un magasin « Eco », grand fournisseur des boches. Au cours de cette manifestation patriotique et justicière, plusieurs patriotes furent arrêtés et 4 d’entre eux furent condamnés à mort. Delmas, Meunier et Lefebure allèrent à la guillotine le 23 juillet dernier, la « Marseillaise » aux lèvres en criant « A bas Hitler ! » « A bas Laval et Pétain ! », « Vive la France ! », « Vive le Parti Communiste ! », « Vive l’U.R.S.S. ! » L’Humanité relevait « Les juges du Tribunal d’Etat [...] croyaient, avec ces condamnations infâmes en finir avec les manifestations des ménagères contre les affameurs, mais ils se sont trompés. Le 1er août, rue Daguerre, devant un magasin Félix Potin, une manifestation se produisit, et là aussi, les ménagères voulaient prendre pour leurs enfants sous alimentés des vivres destinés aux boches. »
Le 17 août 1942, seize détenues arrivèrent à 8 heures 10 à la gare Montparnasse, elles chantèrent La Marseillaise en arrivant sur le quai n° 5 et crièrent « Libérez les patriotes ! ». Les seize prisonnières étaient accompagnées de six policiers, de plusieurs gardes pénitenciers et de deux gendarmes.
Selon le témoignage d’Henriette Kermann qui était transférée en même temps qu’elle : « Certains gardiens sont installés à côtés des sorties et d’autres veulent mais ne peuvent se poster aux portes des compartiments. C’est à ce moment que Madeleine ouvre la vitre, saute sur le ballast et court à travers les rails pour remonter sur le quai d’en face. Là, un cheminot avec une grande burette à la main vient dans sa direction. Madeleine va directement vers lui. En quelques mots, il comprend ce qui se passe. Il lui prend le bras et ils repassent se fondre dans la foule. Cela a duré quelques secondes. »
Madeleine Marzin relata son évasion, elle entra la première dans le compartiment, regarda « si de l’autre côté de la voie il y avait une surveillance ou un obstacle, je n’en ai pas vu. Les camarades me soufflaient “ Barre-toi par- là ” et elles ont organisé une diversion dans le couloir pour retenir les gardiens hors du compartiment. J’ai baissé la vitre pour l’enjamber et sauté sur la voie. Mais au moment de l’enjamber, un homme est apparu, en bleu de travail, mordant un quignon de pain. Qui ? Cheminot ? Ami ? Ennemi ? Décidée à tout, je lui ai fait signe de la tête de vérifier à droite et à gauche de la voie s’il y avait une surveillance. Il a jeté un coup d’œil, secoué la tête. Alors j’ai sauté sur la voie aussi silencieusement que possible. Une camarade m’a passé par la fenêtre un baluchon et a refermé la vitre. » Les deux cheminots résistants se nommaient Millet et Castel.
Un télégramme de la police du 17 août indiqua que « 7 minutes environ avant le départ du train le chef de détachement du service pénitencier s’est aperçue qu’il lui manquait une détenue. » Une enquête interne fut déclenchée. Un policier présuma que Madeleine Marzin avait réussi à se mêler aux autres voyageurs du train.
Le vendredi 21 août 1942 le journal collaborationniste Le Matin diffusa l’information suivante : « L’institutrice qui déclencha la bagarre de la rue de Buci s’est évadée. » Les circonstances de son évasion était également relatée « Alors qu’elle traversait la gare Montparnasse, elle s’éclipsa dans la foule et ne put être rejointe. » Le brigadier de service B... qui l’accompagnait a été arrêté à son arrivée à Rennes « pour complicité d’évasion par négligence. Ramené à Paris, il a été écroué. »
La Direction Générale des Renseignements Généraux diffusa un avis de recherches : « signalement : taille : 1,48 m, yeux légèrement truités, cheveux châtains-moyen, maigre peut être vêtue d’un costume tailleur en tissu gris uni et d’une cape en tissu imperméable beige. Est généralement nu-tête. »
Le quotidien collaborationniste Le Petit Parisien du 15 octobre 1942 annonça en page une que « les gardiens qui laissèrent s’évader la terroriste Marzin ne sont condamnés qu’à quinze jours de prison avec sursis ! » Les juges accordèrent aux convoyeurs des circonstances atténuantes, l’administration pénitentiaire n’ayant pas signalé « la dangereuse personnalité de Madeleine Marzin. »
Toujours militante clandestine, organisatrice de comités de femmes dans l’Est, passée en Franche-Comté, sous la responsabilité de Maria Rabaté, Madeleine Marzin fut affectée à la direction de l’inter-région (IR 21) groupant sept départements. Elle participa à l’organisation de l’évasion de résistants détenus à la prison de la Santé puis prit part à l’insurrection pour libérer la capitale. 


Le 14 mars 1945 elle témoigna devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara : « J’ai été arrêtée le 1er juin 1942 au domicile de monsieur Sézille de Mazancourt 5 rue Auguste-Chabrière à Paris XVe arrondissement par un inspecteur au moment où je me présentais dans cet appartement. […] Le 2 juin, les inspecteurs de police ont procédé à mon interrogatoire, j’ai été frappée pendant une douzaine d’heures environ par ces inspecteurs qui voulaient me faire reconnaître ma participation à une organisation terroriste. J’ai été frappée à coups de nerf de bœuf et à coups de matraque sur tout le bas du corps, notamment sur les fesses, les jambes et même les doigts de pieds, j’ai également reçu des gifles. » Madeleine Marzin porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent et ceux qui s’étaient « livrés à des sévices sur ma personne. »
Madeleine Marzin, titulaire de la Médaille de la Résistance a été homologuée Internée Résistante. Elle fit partie du comité directeur lors de la création de l’Union des femmes françaises, le 21 décembre 1944.
Membre du Comité local de Libération dans le XXe arrondissement, nommée conseillère de Paris et conseiller général de la Seine au titre du Comité parisien de Libération, Madeleine Marzin fut élue, en 1945, conseillère du VIe secteur (XIIe, XXe, XIXe arr.). Secrétaire du conseil municipal en 1946, elle intervint essentiellement sur les questions de l’enfance, en faveur des colonies de vacances et des crèches municipales. Réélue en 1947 dans le 9e secteur (XIXe, XXe arr.), elle abandonna ses fonctions municipales après son élection comme député en 1951.
Elle fut élue, dans le 3e secteur de la Seine (Nord-Est de Paris), candidate en cinquième position, le 21 octobre 1945, en septième position, les 2 juin et 10 novembre 1946 sur les listes communistes aux élections aux assemblées nationales constituantes puis législatives, candidate à nouveau en quatrième position sur la liste « d’Union républicaine, résistante et antifasciste pour l’indépendance nationale, le Pain, la Liberté et la Paix », elle fut élue député en 1951. Membre de la Commission de l’éducation nationale et membre suppléant de la Commission des immunités parlementaires, elle intervint surtout sur les questions de l’éducation, défendant souvent les revendications du SNI, et sur les sujets portant sur les affaires sociales.
En décembre 1949, Madeleine Marzin apprenait par la presse qu’un des juges du tribunal d’État, Paul Farge allait comparaître devant un Tribunal. Elle demanda au Président de la Cour de Justice à témoigner, sa demande fut acceptée. Paul Farge souriant était allongé sur une civière. Les autres juges, le Président Pierre Delrieu était en fuite, Paul Devise absent atteint de « démence sénile » depuis juin 1944, Rivière était excusé pour raison de santé. Quant aux quatre assesseurs ils bénéficièrent d’un non-lieu.
« Dans son réquisitoire, Farge a surtout mis en valeur notre appartenance au Parti communiste. Quand notre avocat Masson s’est rendu à Vichy pour demander la commutation des peines, Pétain a répondu : “Je sais qu’ils sont innocents, mais il faut un exemple.” » (L’Humanité des 29 et 30 décembre 1949). Les parents de Pierre Benoit assistèrent aux audiences.
Le Figaro du 31 décembre 1949 se fit l’écho de cette audience : « Ce ne sont d’ailleurs peut-être pas les vrais responsables qui ont été frappés en 1942 par le Tribunal d’État, car les cinq agents furent blessés par des projectiles de 7,65 m/m ; or les quatre jeunes gens étaient porteurs de pistolets 6,35 m/m. » Selon toute vraisemblance, une seconde équipe de protection de l’Organisation spéciale était présente rue de Buci.
En 1950, lors de la préparation de la « Journée de l’enfance » du 4 juin, elle participa à la campagne de l’Union des Femmes Françaises des Cahiers de la Misère. Réélue députée en janvier 1956, Madeleine Marzin siégea jusqu’en 1958 et l’année suivante retrouva son siège de conseillère municipale dans le 9e secteur. En 1965, elle fut réélue dans le 14e secteur (XXe arr.). Elle ne se présenta pas en 1971, s’estimant trop âgée.
Elle n’enseignait plus depuis 1945, en raison de ses responsabilités officielles. Toutefois, dès le premier numéro du nouveau mensuel communiste L’École et la Nation, annoncée comme membre du comité de rédaction, elle signa un article sous le titre « Rentrée » scolaire 1951 … sous le signe des canons ».
Dans la nuit du 17 au 18 novembre 1961, des activistes de l’Organisation de l’armée secrète (O.A.S.) commettaient plusieurs attentats dans Paris l’un contre la salle de spectacles « l’Alhambra » de Paris où chantait Léo Ferré, un autre contre un hôtel où logeait des travailleurs algériens 166 boulevard de la Villette (XIXe arr.), enfin au domicile de Madeleine Marzin.
Le Parti communiste et une quinzaine d’organisations, de mouvements et de personnalités organisèrent un meeting antifasciste à la Maison des Syndicats avenue Mathurin-Moreau dans le XIXe arrondissement. Prirent la parole André Joly de la CGT, Betty Murawiec de l’UFF, Paul Revet du PSU, Henri Billebaut, conseiller municipal socialiste SFIO, Raymond Bossus, président du groupe communiste de Paris.
Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les participants appelèrent « tous les travailleurs, tous les habitants des 19e et 20e à s’unir dans chaque entreprise, dans chaque quartier, au sein de larges comités antifascistes. »
Madeleine Marzin continua à habiter le XXe arrondissement, à militer dans le PCF et dans les organisations issues de la Résistance. Son décès fut annoncé dans l’Humanité du 28 mai 1998. Une rue « Madeleine Marzin » dans le XXe arrondissement de Paris fut inaugurée, le 15 juin 2009 à la suite d’une proposition de Pierre Mansat, au nom du groupe communiste, lors de la réunion du conseil de Paris, les 12-13 décembre 2005.
Cette petite rue du XXe arrondissement dans le quartier Charonne se situe entre le 57, rue du Volga et le 128, rue d’Avron. Henri Malberg, qui avait milité dès l’âge de quinze ans avec elle, président du groupe communiste au conseil municipal lui rendit hommage.
Il rappela une vie de luttes, elle mena « un combat clandestin au cœur de la formidable machine de guerre hitlérienne. » Contre « la guerre froide, [les] guerres coloniales, Indochine et Algérie et le retour de De Gaulle au pouvoir. » Henri Malberg associa à Madeleine Marzin des « militants formidables [qui connurent] les déceptions, le renversement des alliances de la guerre froide, la découverte de la face sombre de l’Union soviétique et des pays de l’Est. Mais Madeleine, je le sais, était une femme fine, intelligente. Elle a fait la part nécessaire de ce qui a échoué, elle a été communiste jusqu’au terme de sa vie. »
Henri Malberg parla de son « désintéressement et d’une honnêteté choisie comme valeur de vie, règle de vie. Elle n’était, c’est évident, attachée ni à l’argent ni à la gloire. Comme élue Conseiller de Paris ou Député, je pense qu’elle a réussi une chose difficile : l’attitude à mener de front un rapport quotidien prioritaire avec le peuple, une activité d’élue constructive et donnant de l’importance à la gestion - pensons à la construction des premières HLM à Belleville au parc de Belleville et à tant d’interventions - tout cela sans trop se monter la tête. Les ors de l’Hôtel de Ville et du Palais-Bourbon ce n’était pas son truc. » Il concluait son allocution ainsi « Cette rue est petite mais la Dame était grande. »
Les verdicts de la section de Paris du Tribunal d’État du 25 juin 1942 :
Peines de mort
Lefebure Edgar, Léon : âgé de 32 ans, tôlier, demeurant 74 rue du Commerce à Paris (15e) ;
Meunier Henri, Eugène : âgé de 44 ans, garçon de bureau à l’annexe de la Préfecture de la Seine, 50 rue de Turbigo, demeurant 77 rue Monge à Paris (5e) ;
Dalmas André, Joseph, Henri : âgé de 28 ans, commis des PTT, demeurant 2 impasse Pierre-Curie à Maisons-Lafitte (Seine-et-Oise, Yvelines) ;
Marzin Madeleine : Paris, âgée de 33 ans, institutrice au Plessis-Robinson, 110 avenue Victor-Hugo à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine) ;
Benoit Pierre : âgé de 17 ans, étudiant, demeurant 6 square Desnouettes à Paris (15e). (Condamné par contumace, actuellement en fuite).
Travaux forcés à perpétuité
Estrade Raymond, Jules : âgé de 34 ans, bûcheron au Parc d’Orgerus (Seine-et-Oise) ;
Sézille de Mazancourt Émile, Pierre : âgé de 41 ans, ajusteur, demeurant 5 rue Auguste-Chabrière à Paris (15e) ;
Arthus Jean, Marie, Ernest, Maurice : âgé de 17 ans, étudiant, demeurant 132 Bd du Montparnasse à Paris (14e) ;
Grelot Pierre : âgé de 19 ans, étudiant, demeurant 11 bis rue de Pondichéry à Paris (15e) ;
Legros Lucien, Paul, Maurice : âgé de 18 ans, étudiant, demeurant chez ses parents 26 rue des Plantes à Paris (14e) ;
Femme Bronner, née Bonnier, Marguerite : âgé de 39 ans, mécanographe, demeurant 163 rue de la Convention à Paris (15e) ;

Travaux forcés (20 ans) et interdiction de séjour (20 ans)
Lathuilière Arthur, joseph : âgé de 39 ans, ajusteur, demeurant 93 rue de l’Abbé-Groult à Paris (15e) ;
Bléron Roger, Jules : âgé de 31 ans, menuisier, demeurant 56 rue Labrouste à Paris (15e).
Travaux forcés (5 ans) et interdiction de séjour (20 ans)
Femme Sézille de Mazancourt, née Berthelet Louise, Julienne, âgée de 38 ans, repasseuse, demeurant 5 rue Auguste-Chabrières à Paris (15e) ;
Femme Vanden Branden, née Berthelet Raymonde, Renée : âgée de 48 ans, repasseuse, demeurant 5 rue Auguste-Chabrières à Paris (15e) ;
Femme Chauviré née Eber Jeanne : âgée de 40 ans, femme de ménage, demeurant 52 rue de Castagnary à Paris (15e) ;
Femme Bléron, née Nicoletti Norma, Ida : âgée de 29 ans, demeurant 56 rue Labrouste à Paris (15e).
Par ailleurs, Kaliski Mayer, Marcellesi Léonard et la femme Véron Denise, née Diétrich, Diétrich Eugénie ont fait l’objet d’un jugement les relaxant sans peine ni dépens attendu que, est-il précisé, aucune preuve suffisante de culpabilité n’a pu être relevée contre eux.
D’autres qui n’étaient pas impliqués dans l’action de la rue de Buci furent internés, déportés : Deus Jeanne, née Béraud, Desvignes Robert, Atlan Jean, Pluvinet Emery, Blanchon Émile, Martin André, Cartier Julia, Baudois Georgette, Baudois Julien.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article120797, notice MARZIN Madeleine, Marie par Jacques Girault, Daniel Grason, Jean Maitron , version mise en ligne le 27 octobre 2019, dernière modification le 4 novembre 2019.

Par Jacques Girault, Daniel Grason, Jean Maitron

Madeleine Marzin
Madeleine Marzin

SOURCES : RGASPI, dossiers biographiques de ses deux frères, 495 270 4281, 495 270 4134. – Dossier de l’École normale. – AN 4 W 6. – Arch. PPo. PCF carton 13 rapport hebdomadaire du 15 juin 1942 des Renseignements généraux, 1W 2204, BA 2056, KB 067, GB 070, GB 098, KB 67, KB 97, 77W 5362. – Bureau Résistance GR 16 P 400755. – Archives du comité national du PCF. – CERP des Côtes-d’Armor, témoignages de Madeleine Marzin (transmis par Alain Prigent). – Le Matin, du 21 août 1942. – Le Petit Parisien du 15 octobre 1942. – Presse syndicale. – L’Éveil du XXe arr., 13 avril 1945. – L’Humanité des 29 et 30 décembre 1949, du mardi 21 novembre 1961. – Le Figaro du 31 décembre 1949. – Paris-Hebdo n° 69, mars 1978 (photo). – Renseignements fournis par l’intéressée à Jacques Girault. – Georges Cogniot, Parti pris, op. cit. – Nicole Chatel, Des femmes dans la Résistance, Paris, Julliard, 1972. – Les femmes rouges. Chronique des années Vermeersch, Renée Rousseau, Albin Michel, 1983. – Ghislaine Guidez, Femmes dans la guerre (1939-1945), Perrin, 1989. – Paula Schwartz, « La répression des femmes communistes (1940-1944) », Cahiers de l’Institut d’histoire du Temps présent. – DBMOF, notice par Jean Maitron. – Notes de Guy Krivopissko, de Philippe Nivet, de Pierre Roche, de Marcel Rozental, de Charlotte Siney, d’Anne-Marie Sohn, d’Alain Prigent.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 184.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément