MARLE Jean, François, Raoul

Par Daniel Grason, Jean Maitron

Né le 24 juin 1906 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), mort le 31 octobre 1982 à Fréjus (Var) ; comptable ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Marle Jean en 1937, avant son départ en Espagne
Marle Jean en 1937, avant son départ en Espagne

Fils de Raoul, principal Clerc d’avoué et de Caroline Steenwercky, Jean Marle suivit l’école primaire supérieure, une formation de comptable, travailla en 1922, pendant six mois à la société des comptables réunis, à Paris. À partir de 1924, il fut volontaire pendant trois ans dans la Marine, à Toulon (Var) et à Brest (Finistère), il acquit une spécialité d’électricien et de torpilleur, apprit à manœuvrer des vedettes. Il participa en 1925 à la guerre du Rif, au Maroc. Nommé Quartier maître puis Second maître, il fut cassé pour ses opinions. Il quitta l’armée avec de grade de Quartier maître de réserve. Il se maria avec Julie Faure le 28 novembre 1928 à Saint-Étienne (Loire), employée à la Manufacture, militante communiste. Le couple demeura 2 chemin des Maugis, à Sannois (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), et eut deux enfants avant son départ en Espagne (Lucien, né à Paris XIIIe arr. en 1929 ; Denise, née en 1932 à Sannois) et deux après son retour (Yves, né en 1940 à Argenteuil ; Claudine, née en 1969 à Suresnes).

Il qualifiait dans sa biographie du 5 juillet 1938 son père, clerc d’avoué, de « petit rentier, ancien petit bourgeois, sympathisant communiste ». Il s’était éveillé à la vie politique : « Depuis 1932 étant petit patron, les ouvriers que j’employais firent de moi un militant ouvrier, et tout allait bien par compréhension réciproque, je ne suis plus patron depuis 1934 mais je reste camarade avec mes anciens ouvriers ». Il n’indiqua pas dans quel type d’activité il s’était établi. De mars à juillet 1934, il fut chômeur, puis comptable aux Fonderies Bernard, cent-vingt ouvriers, à Soisy-sous-Montmorency. Il entra en 1936, à la mairie d’Argenteuil qui employait deux cents cinquante employés et ouvriers. Il travailla chez Lioré et Olivier, à Argenteuil une entreprise de constructions aéronautique de mille huit cents salariés qui construisait notamment des hydravions, milita dans la branche aviation du syndicat des métaux CGT.

Il adhéra au Secours rouge international en 1933, membre de la franc maçonnerie, exclut la même année « pour désaccords ». Il remit son adhésion au parti communiste à Simon Chandon et Minoret, de Sannois en janvier 1934. Il devint trésorier local du Syndicat des Comptables unitaires ; membre du comité Amsterdam-Pleyel, secrétaire local ; président de la société de musique ouvrière de Sannois. Il participa aux manifestations, du 9 février 1934, à celles qui accompagnèrent le mouvement gréviste en juin 1936. Jean Marle lut la presse communiste l’Humanité, Les Cahiers du bolchevisme, Correspondance internationale, l’hebdomadaire communiste local Le Prolétaire, puis Le Progrès d’Argenteuil. Il étudia la doctrine communiste dans les brochures, Le Capital et La guerre civile en France, Karl Marx ; La maladie infantile du Communisme, Lénine ; plusieurs textes sur l’histoire du mouvement ouvrier français puisé dans la petite Bibliothèque Marxiste-Léniniste ; Dix jours qui ébranlèrent le monde, de John Reed, et le livre d’Hitler, Mein Kampf. En septembre 1936, il fut l’élève d’une école régionale de la région Paris-Ouest du PCF. Il accéda à des responsabilités, membre du comité de section Argenteuil-Sannois en 1936, du secrétariat en 1937 ; délégué de Sannois lors des conférences régionales du PCF de Paris-Ouest ; secrétaire adjoint de la section.

Le 20 janvier 1938, il était en Espagne, incorporé dans la XIVe Brigade internationale, 2e bataillon, 4e compagnie, il fut nommé commissaire politique de compagnie. Il prit part aux combats pour la défense de Madrid, à la bataille d’Aragón, aux combats de Caspe (mars 1938), à la bataille de l’Ebre (juillet à septembre 1938). Au sein de la brigade, il eut des relations avec Pascual Nicomedès, commissaire politique de la compagnie de mitrailleuses et Félix Pozzi*, chargé de l’organisation de la brigade. Jean Marle, grièvement blessé, trépané, fut rapatrié en novembre 1938.

Il vécut à Suresnes, travailla comme chef comptable à la SNCASO (aéronautique) puis à la BIEM de Paris. Il était militant communiste.

Séparé vers 1970, il fit construire une maison à Grimaud (Var) et milita à l’AVER à Cogolin.

Il se remaria avec Suzanne Cottin le 20 avril 1979 à Grimaud. En 1978, il était membre de l’AVER, section Sud-Est, il mourut le 31 octobre 1982.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article120305, notice MARLE Jean, François, Raoul par Daniel Grason, Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 mai 2014.

Par Daniel Grason, Jean Maitron

Marle Jean en 1937, avant son départ en Espagne
Marle Jean en 1937, avant son départ en Espagne
Marle Jean en 1939, mobilisé dans la Marine
Marle Jean en 1939, mobilisé dans la Marine

SOURCES : Arch. AVER. — RGASPI 545.6.1044, BDIC Mfm 880/2 bis ; RGASPI 545.6.1302, BDIC Mfm 880/24. — État civil. — Renseignements communiqués par son fils Yves.

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