MALOSSE Marius, Paul, Louis

Par Gérard Leidet

Né le 14 juillet 1896 ; instituteur ; militant syndicaliste dans les Bouches-du-Rhône ; secrétaire général de la section des Bouches-du-Rhône du Syndicat national des instituteurs (1937-1939).

Louis Malosse, selon une source, serait né le 14 juillet 1896 à Thueyts (Ardèche) ; cette naissance ne figure pas sur le registre à l’état civil de Thueyts. Instituteur en 1927 à l’école des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), il enseigna ensuite à l’école de la Valentine, dans la banlieue de Marseille. Il fut élu au conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des institutrices et instituteurs publics (CGT) lors du renouvellement partiel de cette instance en septembre 1928 et réélu lors des élections du 6 novembre 1930. Il devint en octobre 1928 secrétaire adjoint en charge des sous-sections et de la publicité, le secrétaire général étant César Durand. Mlle Duprat, institutrice à l’école des Crottes, lui succéda à ce poste en octobre 1929. Malosse intervint en novembre 1928 au sujet de la loi Roustan qui prévoyait qu’un quart des postes vacants de chaque département soient réservés aux fonctionnaires, d’autres départements, mariés à des fonctionnaires du département. Il pensait que le principe de la loi était juste mais que son application avait provoqué de nombreux abus dans les Bouches-du-Rhône. Il proposa plusieurs mesures pour sauvegarder les droits des enseignants du département « sans trop léser les intérêts des bénéficiaires de la loi. »

Louis Malosse devint secrétaire général adjoint du SN en octobre 1930, le secrétaire général étant Marcel Babau*, instituteur à l’école de la rue du Poirier. Représentant la section des Bouches-du-Rhône lors des congrès des 1er et 2 novembre 1930 du SN et de la Fédération générale de l’enseignement, il déclara avoir « voté à contrecœur » certaines décisions contraires à l’action menée jusqu’ici par le conseil syndical des Bouches-du-Rhône. Son vote ne cautionnait cependant pas des moyens qu’il pouvait « difficilement qualifier d’action directe ». Il regrettait par ailleurs « l’indifférence » d’une grande partie des syndiqués qui semblaient « satisfaits » de la situation faite à l’école laïque et aux enseignants, faisant ici allusion au manque de réponses consécutif au référendum organisé par le syndicat. Il souligna cependant l’unanimité des sections et des syndicats nationaux de la fédération, décidés, selon lui, à « obtenir satisfaction et à lutter pour améliorer la situation matérielle et morale des enseignants. » Il relevait alors les deux moyens d’actions plébiscités lors de ces deux congrès, amplifier, l’abstention aux examens et poursuivre la campagne d’action civique.

Lors d’une autre réunion du conseil syndical, toujours en 1930, Malosse rappelait sa foi dans l’action collective dans la mesure où l’articulation entre l’action et la réflexion des militants et des syndiqués s’opérerait. Il en appelait à « secouer la torpeur » des camarades et à faire preuve d’assiduité aux diverses assemblées générales du syndicat. La vraie formation des militants, non dénuée d’esprit critique pour chacun, résidait selon lui dans la lecture personnelle, celle notamment de L’Ecole libératrice et du bulletin départemental : « Ne craignez pas de nous faire connaître votre pensée ; de critiquer, s’il y a lieu vos dirigeants, mais faites-le au grand jour de nos AG et non en petit comité sur la Canebière ! ». Malosse songeait en cela à la puissance que représenterait la FGE, « le jour où ses 80 000 membres » entreraient résolument dans l’action.
Lors de la réunion du conseil extraordinaire du 21 septembre 1934, Louis Malosse présenta la défense de Marcel Babau, secrétaire général adjoint menacé par l’administration d’une peine de censure à la suite de propos rapportés par L’Eclaireur de Nice. Jean Salducci* et Angélini intervinrent afin que Malosse fasse valoir les attaques systématiques de ce journal contre les instituteurs publics. Lors de la réunion du Conseil départemental de l’enseignement primaire, le 22 septembre, il lut un rapport qui concluait à l’incompétence du Conseil départemental ; il s’appuyait sur l’article 7 de la Déclaration des Droits de l’Homme (« le droit de manifester sa pensée et ses opinions, notamment par voie de presse…de s’assembler paisiblement, ne peuvent être interdits… »). Il concluait en prenant appui sur les opinions du quotidien conservateur et sur la position qu’il avait prise dans l’affaire Freinet* en affirmant : « nous doutons fortement de l’impartialité de ce journal… ».

En 1937, Louis Malosse devint secrétaire général de la section des Bouches-du-Rhône du Syndicat national des instituteurs, avec Ernest Vollaire* comme secrétaire adjoint. Il conserva ce poste jusqu’en octobre 1939, Marcel Bens* lui succédant alors. A ce titre, lors du congrès départemental de juillet, il salua et remercia la venue de représentants de l’UD CGT ainsi que celle de Jean Auguste Sénèze*, venu de Clermont-Ferrand pour représenter le bureau national du SNI. A l’issue des travaux du congrès, il fut délégué au congrès national du SNI en compagnie de Irma Rapuzzi*, Salducci, Bens et Bernardini.
Malosse fut élu, en juin 1938, à la commission administrative de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Il signa le 10 avril de la même année, une déclaration des « amis de Syndicats » pour l’indépendance du syndicalisme au sein de la CGT. Directeur de l’école des Caillols (banlieue marseillaise), il participa à la grève générale du 30 novembre. En 1939, Malosse, secrétaire général du syndicat départemental de l’Enseignement, section de la FGE pour les Bouches-du-Rhône, était entouré de trois secrétaires adjoints issus du second degré : Lieutaud, professeur au lycée Thiers à Marseille, Dalens, professeur à l’école pratique et Raymond Boval*, professeur à l’école primaire supérieure Victor Hugo ; les autres instituteurs, Casta, Labeille et Nivière, ayant en charge respectivement la rédaction du bulletin et la trésorerie. En novembre de la même année, il fit partie de la nouvelle UD des Bouches-du-Rhône dirigée par les ex-confédérés après l’exclusion des communistes.
Son épouse, institutrice à l’école des Caillols, présentée comme une enseignante « à la combativité résolue », fut élue au Conseil départemental de l’enseignement primaire en mai 1935 en compagnie de Irma Rapuzzi, Marcel Babau et Jean Mouton alors secrétaire général de la section départementale.
Après la guerre, Louis Malosse, tout comme Marcel Babau, militants du courant « Force ouvrière », adhérèrent à la CGT-FO. Il représenta son syndicat lors des congrès confédéraux entre 1952 et 1961. Il fut administrateur de la section des Bouches-du-Rhône de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de sa naissance en 1947 à 1963.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119769, notice MALOSSE Marius, Paul, Louis par Gérard Leidet, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 janvier 2019.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, XIV M 25/134. — Arch. com. Marseille. — Archives MGEN des Bouches-du-Rhône. — Presse syndicale. — Bulletin de la section des Bouches-du-Rhône du Syndicat national des institutrices et instituteurs (années 1928-1939). — L’Université, bulletin trimestriel du syndicat départemental de l’Enseignement des Bouches-du-Rhône, section de la FGE (1939). — Le Midi Syndicaliste, 12 juillet 1937 et 20 juillet 1938. — Le Petit Provençal, 13 avril 1938 et 6 novembre 1939. — Le Provençal, 4 novembre 1975. — Comptes rendus des congrès confédéraux CGT-FO de 1952 à 1961. — DBMOF, notice par Antoine Olivesi. — Notes de Louis Botella et Jacques Girault.

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