Né le 12 février 1897 à Nouzonville (Ardennes) ; mort le 27 décembre 1976 à Charleville-Mézières (Ardennes). Ouvrier, forgeron, puis dessinateur et chef de fabrication en usine. Syndicaliste CFTC Écrivain.

Fils d’un ferronnier, huitième et avant-dernier enfant de la famille, Théophile Malicet, peu de temps après avoir quitté l’école et obtenu son CEP, entra à la forge pour travailler avec son père et ses frères. En 1914, deux de ses frères furent mobilisés dès la déclaration de guerre ; son père, âgé de soixante-quatre ans et ancien sous-officier de 1870, s’engagea. Malicet demeura seul à la maison avec sa mère, l’un de ses frères presque aveugle et sa plus jeune sœur. Dans son roman autobiographique Debout, frères de misère (qui devait paraître en 1962 et obtenir cinq voix au Prix populiste de 1963), Malicet a raconté l’histoire de son enfance et de sa jeunesse jusqu’à la déclaration de guerre, à Nouzonville, ville de près de huit mille habitants, avec huit usines de ferrures et six fonderies occupant deux mille cinq cents ouvriers.
Les Ardennes envahies, Malicet et les camarades de son âge furent bientôt emmenés par les Allemands comme prisonniers civils en arrière du front de Reims pour travailler à l’entretien des routes. Il s’évada en 1918, après dix-sept mois de camp disciplinaire et écrivit le récit de sa captivité dans son roman Prisonniers civils, paru en 1937. La guerre finie, il retrouva les siens : trois frères et un beau-frère avaient disparu dans la tourmente. Mobilisé pendant quelques mois, il revint du régiment en septembre 1919. Son père, usé, vieilli et paralysé, avait vendu sa forge. Malicet chercha du travail. Devenu dessinateur-comptable, puis chef de fabrication, dans une entreprise de forge et d’usinage, de nouveau dans son élément, il devait y demeurer pendant quarante-deux ans, jusqu’à sa retraite.
Mobilisé comme infirmier dans un hôpital complémentaire en 1939, blessé en 1940, l’exode l’amena jusque dans la région d’Angoulême. Revenu à Nouzonville, il retrouva sa maison pillée.
Longtemps influencé par les idées farouchement anticléricales de son père, Malicet finit, comme son frère aîné tué à la guerre, par se convertir au catholicisme. Il raconte, dans un second roman autobiographique, La Foi est une aurore, paru en 1965, le long cheminement et les douloureuses crises de conscience qui le conduisirent à prendre cette décision. Adepte du mouvement social chrétien, militant CFTC, antifasciste et pacifiste résolu, il participa aux occupations d’usines de 1936 et fut délégué syndical pendant de nombreuses années. De 1945 à 1956, il fit partie du comité régional des Ardennes de la CFTC. En dehors de ses romans et de ses recueils de poèmes, Malicet a publié une très importante monographie sur l’histoire de Nouzonville.
Marié en 1920 à Nouzonville, Théophile Malicet était père d’un enfant.

ŒUVRE : Prisonniers civils, Bourdeaux-Capelle, 1937. — Debout, frères de misère, Alsatia, 1962. — La Foi est une aurore, Fleurus, 1964. — Poèmes  : Sur le flanc du cratère, Bourdeaux-Capelle, 1936 (prix d’honneur aux Jeux floraux). — Ascensions, Anciaux, 1939. — La Galère a chanté, Charleville, Groupe A. Rimbaud, 1946 (prix de Poésie populiste, 1948). — En chair et en esprit, 1950. — Offertoire sur l’enclume, Lucien Lambin,1965. — Les miettes de Lazare, Taffin-Lefort, 1966. Essais : La Culture à portée de la classe ouvrière, essai, Écoles normales ouvrières, 1948. — L’Art de prendre des notes, 1948 — Histoire-chronique de Nouzonville, Société d’études ardennaises, 1969.

SOURCES : Romans autobiographiques. — Correspondance de Théophile Malicet.

Jean Prugnot

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