MAGRI Jean. Pseudonyme RÉGANY Jean (ou Juan)

Par Jean Prugnot

Né le 12 août 1910 à Lézignan-Corbières (Aude) ; instituteur, puis professeur de l’Enseignement technique. Militant communiste puis syndicaliste révolutionnaire.

Le père de Jean Magri était maçon et sa mère cuisinière. Ils étaient Espagnols l’un et l’autre, et ne parlaient pas français. Ils aidèrent l’enfant à poursuivre des études après l’école primaire. Magri fut reçu en 1926 à l’École normale d’instituteurs de Carcassonne. Sorti de l’école en 1929, il effectua son service militaire et, en 1930, entra comme surveillant à l’École normale de Quimper. Reçu à l’École normale supérieure de l’Enseignement technique de Paris en 1931, il devint professeur en 1933.

Étudiant à Paris, il avait adhéré à la Ligue anti-impérialiste, puis au Parti communiste sous un nom d’emprunt. Il participa, par la suite, avec Léo Sauvage, à l’édition et à la distribution de Jeune Révolution et signa quelques articles sous le pseudonyme de Jean Régany. Professeur à Chalon-sur-Saône, il adhéra, en 1933, au syndicat de l’Enseignement technique CGT. En 1935, il fit une intervention en faveur de la paix au cours d’une réunion publique ce qui lui valut de passer devant un tribunal militaire (il était officier de réserve) à Chalon, mais fut acquitté. La même année, il se maria avec une jeune vendeuse employée dans un magasin de chaussures de Chalon dont il eut quatre enfants.

De 1934 à 1936, Magri milita dans les comités d’action antifasciste, les cercles d’études marxistes et au Secours ouvrier international (diffusion de films soviétiques, conférences), puis il quitta le PC. Pendant les grèves de 1936, il constitua un syndicat de l’Habillement.

Déplacé à Strasbourg, il adhéra au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) et tenta de regrouper les opposants à la direction réformiste de la Fédération de l’Enseignement. Il cessa alors toute activité politique pour une action syndicale révolutionnaire, entra en contact avec les militants de la Révolution prolétarienne et créa, en 1938, un groupe local du "Centre syndical d’action contre la guerre".

Mobilisé en 1939, Magri retourna à la vie civile en 1940. A Narbonne d’abord, jusqu’en 1942, puis à Tarare, de 1942 à 1944. Membre de l’organisation des "Camarades de la Route" (ex-Auberges de la Jeunesse), il fut, en 1942, administrateur éphémère des "Compagnons de la Basoche", troupe théâtrale itinérante créée par Léo Sauvage à Marseille, qui dut disparaître et prendre le maquis.

De retour à Strasbourg en 1945, il donna des textes à Terre d’Alsace sur la pédagogie révolutionnaire, collabora à la Révolution prolétarienne, milita au Syndicat national de l’Enseignement technique CGT, puis à la FEN, pour un syndicalisme démocratique et indépendant des partis politiques, action qu’il poursuivit à Marseille de 1953 à 1956. De 1951 à 1954, Magri collabora à Défense de l’Homme de Louis Lecoin. Affecté à Aix-en-Provence à partir de 1956, il abandonna toute activité syndicale militante, demeurant simple adhérent à son organisation. Retraité depuis 1975, membre actif d’Amnesty international, correspondant départemental des retraités du SGEN-CFDT, Jean Magri, — qui est aussi poète —, vit à La Vineuse, près de Cluny, en Saône-et-Loire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119454, notice MAGRI Jean. Pseudonyme RÉGANY Jean (ou Juan) par Jean Prugnot, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean Prugnot

ŒUVRE : Les Roses rouges de Septembre, poèmes, Éd. des "Cahiers de l’Arbre", Jean Le Mauve, 1977.

SOURCE : Correspondance de Jean Magri.

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