MAGNAVAL Damien, Louis

Par Annie Pennetier, Claude Pennetier

Né le 17 novembre 1904 à Gourdon-Murat (Corrèze), mort le 22 septembre 1938 dans la bataille de l’Ebre (Espagne) ; ouvrier agricole ; maçon ; chauffeur de taxis ; secrétaire du syndicat des cochers-chauffeurs de la Seine ; communiste ; combattant des Brigades internationales.

Stèle à Gourdon-Murat
Stèle à Gourdon-Murat

Fils d’un maçon Adrien et d’une ménagère Joséphine Peyrat, sans profession, Damien Magnaval fréquenta l’école protestante de Gourdon, l’école publique étant située à Murat. Des protestants de la Drôme s’étaient installés sur le plateau de Millevaches où ils avaient construits temples et écoles. Âgé de deux ans, il avait été confié à sa grand-mère, car son père était parti à nouveau dans le Gers, où il gagnait bien sa vie à construire des ponts pour la Compagnie des chemins de fer du Midi, ce qui lui permit ensuite d’acheter une ferme dans laquelle Damien travailla après avoir obtenu son certificat d’études. À seize ans, en 1921, son père le confia à un couple de la famille propriétaire d’ une grande exploitation agricole dans la riche plaine de Tadla au Maroc. Il y découvrit l’injustice et la violence de l’exploitation coloniale, pressé de revenir en France dès qu’il aurait épargné le montant de son transport de retour. C’est encore avec un camarade du village Julien Chastagnol qu’il partit en 1923 se faire embaucher dans une carrière de pierre de Boutigny (Seine-et-Oise) où il adhéra au syndicat des terrassiers. Damien Magnaval revint en Corrèze pour faire son service militaire au 126e RI de Brive-la-Gaillarde. Aîné de huit enfants, il ne fit qu’un an sous les drapeaux au lieu de 18 mois et accéda au grade de sergent.

Libéré, il revint en région parisienne comme maçon. En 1929, comme nombreux corréziens, il devint chauffeur de taxi. Il était d’ailleurs membre du groupe central des originaires de la Corrèze qui se réunissaient au Café Coudert, rue de Lourmel dans le XVe arr. La grève générale des chauffeurs de taxis à Paris en février-mars 1934 ayant révélé ses qualités d’organisateur, il fut nommé en 1935 secrétaire du syndicat des cochers-chauffeurs de la Seine. Il fut maintenu à son poste de secrétaire par l’assemblée générale du syndicat le 29 mai 1936.Il avait adhéré au Parti communiste parrainé par Laurent Casanova, en 1934.

Lors de la rupture du front entre la Catalogne et le reste de l’Espagne, Damien Magnaval s’enrôla en février 1938, dans les Brigades internationales avec un groupe d’amis, sans le dire à ses parents. Ils passèrent illégalement la frontière par l’ascension du Canigou et arrivèrent épuisés au cantonnement d’Olot. Damien fut affecté à la Compagnie de mitrailleuses du bataillon Commune de Paris.En juillet 1938, lors de l’offensive victorieuse des Républicains sur l’Ebre, il traversa le fleuve à la nage en tête de son bataillon appartenant à la 14e Brigade, « La Marseillaise ». Blessé, il refusa de se laisser évacuer et, trois jours plus tard, reprit sa place à la tête de ses camarades. Le 22 septembre 1938, il trouva la mort en résistant avec son bataillon aux assauts franquistes. Il assumait la responsabilité de commissaire politique.
Le syndicat des chauffeurs de taxi organisa à Paris un hommage solennel grandiose : plusieurs milliers de personnes défilèrent devant son catafalque.Le Groupe central des originaires de Corrèze et le syndicat des chauffeurs firent réaliser une plaque en bronze en l’honneur de Damien Magnaval qui fut apposée sur la maison familiale de Gourdon en août 1939, mais devant l’arrivée des troupes allemandes en novembre 1942, son frère Louis la déboulonna pour la cacher dans la grange.
Une stèle pour exposer dignement le portrait de Damien Magnaval a été dressée en sa mémoire dans sa commune natale et inaugurée le 9 septembre 1945. Son nom a également été inscrit sur le monument aux morts . Un hommage lui fut rendu en présence de deux cents personnes, à Gourdon-Murat, le 16 octobre 1988, pour le cinquantième anniversaire de sa mort, en présence d’ Henri Rol-Tanguy.
Son nom est également gravé à Levallois-Perret (Seine) dans le cimetière communal, sur le monument aux chauffeurs de taxi . Inscription : "La Chambre syndicale des cochers-chauffeurs du département de la Seine - En hommage à ses camarades chauffeurs de taxi parisiens tombés dans les luttes pour l’émancipation des travailleurs pour la liberté, pour la démocratie, pour la France et pour la République".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119409, notice MAGNAVAL Damien, Louis par Annie Pennetier, Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 mars 2017, dernière modification le 12 juillet 2017.

Par Annie Pennetier, Claude Pennetier

Stèle à Gourdon-Murat
Stèle à Gourdon-Murat

SOURCES : L’Humanité, 17 octobre 1938. — Arch. A. Marty, T V. — Renseignements communiqués par le maire de Gourdon-Murat, mai 2002. — Paloma Léon, Damien Magnaval, une voix jamais éteinte, Éditions Les Monédières, 2015, préface de Claire Rol Tanguy. — Notes de sa nièce Dany Clemenceau-Magnaval, avril 2017 . — MémorialGenweb. — État civil.

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