MAERTENS Paul, Fernand

Par Jean-Rémy Bézias, Claude Pennetier

Né le 31 mars 1907 à Hazebrouck (Nord), mort le 24 septembre 1963 à Meaux (Seine-et-Marne) ; papetier ; membre du CC des JC (1924-1929) ; secrétaire de l’appareil illégal national du PCF (1934-1938) ; secrétaire régional des Alpes-Maritimes (1938-1939) ; responsable national de l’appareil d’édition (novembre 1939 - février 1940)

Le père de Paul Maertens, tisserand, fonda un syndicat, une section socialiste et une coopérative de boulangerie. Renvoyé à la suite d’une grève de huit mois, il fut permanent jusqu’au début de la guerre puis gommeur à la maison Callou de Clichy-sous-Bois (Seine).

Paul Maertens était frère de Jean Maertens et de Maurice Maertens. Récalé au certificat d’études primaires, ouvrier papetier-relieur, Paul Maertens travailla à Clichy chez Stribick, Fally et Cie, de 1921 à 1923, puis à Paris. Il se maria à Clichy en 1929, avec Raymonde née Caremier, étiqueteuse aux établissements thermals de Vichy puis bobineuse de TSF à Clichy.

Il avait adhéré aux Jeunesses communistes et avait occupé la fonction de secrétaire du groupe de Clichy. En 1926, désigné pour effectuer une tournée de propagande dans la région du Sud-Est, il fut à son retour membre du comité central des Jeunesses communistes. C’est vers cette époque qu’il assura, à titre provisoire, comme permanent, le secrétariat de la 1re Entente des JC (Nord), le secrétaire général Rémy Vermaut étant alors incarcéré. Il fut employé au siège de la 4e Entente, (région parisienne) en 1927, et devint le secrétaire général en remplacement d’André Ferrat. De février à juillet 1927, épuisé physiquement, le Parti communiste l’envoya dans un sanatorium en URSS.

En août 1927, Maertens était donc l’un des quatre secrétaires de la 4e Entente des JC avec M. Chavannes, Simon Rolland et Fernand Hamard. Un rapport de synthèse de la commission des cadres signale des difficultés pendant la période "classe contre classe" : "Ancien dirigeant de la Fédération des JC, fut écarté pour divergences de caractère opportuniste, mais par des éléments sectaires qui dirigeaient alors les Jeunesses." Accuser de "déviation économiste", il avait en effet cessé de militer de février 1930 à la mise à l’écart de Barbé et Celor à l’été 1931.

Maertens assuma de nombreuses responsabilités : membre du bureau régional du Front Rouge, du syndicat unitaire du Livre-Papier, du Secours rouge international. Il fut candidat aux élections législatives de 1932 dans la 7e circonscription de Saint-Denis (Clichy, Levallois). Sur 31 962 inscrits et 28 054 votants, il recueillit 4 749 voix au premier tour et 3 577 voix au second. La commission des cadres soulignait ses qualités : " A été secrétaire du rayon de Clichy où son activité était bonne et lui valut la confiance du parti. A de grandes capacités dans le travail pratique de masse ; est politiquement capable avec une bonne éducation marxiste. A des possibilités de se dévolopper davantage." En 1933, il devint secrétaire de la Région Paris-Ouest du parti. En 1935, il était membre de l’équipe de Maurice Tréand comme "responsable du service" (appareil illégal du Parti communiste) et le resta jusqu’en 1937.

Maertens succéda à Victor Michaut en 1939 comme responsable de l’Humanité. et de l’appareil d’édition. Il était parfois présenté comme le secrétaire particulier de Jacques Duclos. Cette année-là (ou en 1938) Maertens fut envoyé à Nice (Alpes-Maritimes) comme secrétaire régional succédant à Joseph Paletta. Le département qui comptait alors 2 600 adhérents était marqué par des tensions et des ruptures. Malade pulmonaire, il ne fut pas mobilisé. Clandestin, responsable national de l’appareil illégal d’édition de novembre 1939 à février 1940, il participa à la Résistance.Henriette Dubois lui servait de secrétaire et d’agent de liaison.

À la Libération, il redevint secrétaire fédéral et le demeura jusqu’en 1946. Le secrétariat national du PCF, réuni le 8 avril 1946, nota dans ses décisions : « maintenir Maertens au secrétariat et rechercher sur place les camarades Comiti Jean et Konopnicki dit Voisin qui pourraient être mis au secrétariat en remplacement de Barel et Pourtalet maintenus dans le bureau fédéral ». Il fut élu, le 7 avril, conseiller général du canton de l’Escarène, en remplacement d’Antoine Risso, décédé. Il fut sanctionné en juillet, avec Raphaël Konopnicki, par le parti pour "opportunisme de droite", destitué et exclu. Il semble que ces sanctions aient été motivées par un trop rapide rapprochement esquissé en direction de la SFIO sur le plan départemental.

Marié à Clichy en 1929, remarié à Nice en 1951, il mourut à Meaux (Seine-et-Marne) le 24 septembre 1963.

Son fils, Maertens Raymond, tôlier était membre du Parti communiste en 1953.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119363, notice MAERTENS Paul, Fernand par Jean-Rémy Bézias, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 octobre 2018.

Par Jean-Rémy Bézias, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 1794, autobiographie 27/06/1934, classée AS, "retenu pour service". — Arch. Nat. F7/1954. — Arch. PPo. août 1934. — Arch. Dép. Nord, 154/191. — Bibliothèque marxiste de Paris, microfilm n° 10174. — Arch. comité national du PCF. — G. Lachapelle, Les Élections législatives, op. cit. . — État civil.— : "Nelly". En résumé... nous devons témoigner. Une vie militante... toujours en prise avec les événements, dactylographié, 78 p. + annexes, déposé à la bibliothèque du Musée de la Résistance des Alpes-Maritimes.,inventaire 2745, classement 650DUB.

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