MACARIO Alix [MACARIO Paul, Alix, Antoine]

Par Jacques Girault et Jean-Marie Guillon

Né et mort à Cogolin (Var), 17 janvier 1917- 4 novembre 1995 ; cultivateur ; militant communiste du Var ; Brigadiste en Espagne républicaine ; résistant FTP du Var.

Fils d’un cultivateur d’origine italienne et d’une journalière, parents d’une famille nombreuse, Alix Macario obtint le certificat d’études primaires. Il travailla avec son père et, irrégulièrement, comme coursier d’hôtel à La Croix-Valmer et à Beauvallon, ou comme laveur de bouteilles au Lavandou. Il adhéra dans cette commune au cercle des Jeunesses communistes et participa à une école du Parti communiste organisée par la cellule locale, en 1934.

Revenu dans sa famille à Cogolin, aide-familial agricole, Macario s’engagea dans les Brigades internationales en Espagne le 15 novembre 1936. Affecté d’abord dans une compagnie franco-belge formée à Albacete, puis au bataillon Thaëlmann sur le front de Madrid, hospitalisé dans cette ville, puis à Alicante et Elche, arrêtant sa convalescence, volontaire pour le front sud (Pozablanco, Pennarroya), il fut affecté à la XIVe Brigade "la Marseillaise" avec Roger Codou, sur le front de Madrid et de Guadarama. Rappelé en France, le 2 octobre 1937, pour accomplir ses obligations militaires, porté « bon absent », réformé lors du conseil de révision en mai 1938, il regagna l’Espagne et la XIVe Brigade. Engagé dans les combats d’Aragon et de l’Ebre, il rentra en France lors du retrait des volontaires étrangers à la fin de novembre 1938. 



A la déclaration de guerre, voulant s’engager, Macario ne parvint pas à convaincre le bureau de recrutement de Toulon qui maintint sa décision de réforme définitive. A partir d’octobre 1940, il contribua à la reconstitution du Parti communiste dans la région, installant notamment une imprimerie dans la forêt du Dom sur le territoire communal de Bormes. Contacté par l’OS, affecté dans les FTPF dont il fut un des initiateurs (matricule 61075), il participa au ravitaillement du maquis FTP créé en mars 1943 dans les bois de Sainte-Maxime (devenu le camp "Faïta") et à de nombreuses actions (sabotages, planques des illégaux, protection des agents de renseignements, coups de mains – par exemple il participa à la tentative de faire évader Jean Mérot de la prison de Toulon en février 1943 -, liaison avec le sous-marin Casabianca, etc.).

Travaillant par intermittence à Cogolin ou à Gassin, Macario passa dans l’illégalité à la fin de 1943. Membre de la brigade des Maures, sous le pseudonyme de "capitaine Bienvenu Henri", il dirigea l’un des maquis qu’elle mit en place après le 6 juin 1944 dans le secteur de Cogolin. À la tête de plusieurs dizaines de jeunes gens constituant les groupes "Valmy" et "Courbet", il mena de nombreuses actions de Toulon à Saint-Raphaël, zone fortement occupée, sans subir de pertes. Avec son groupe, il assura la protection d’un parachutage d’armes dans la nuit du 14 au 15 juillet 1944. La police allemande, le recherchant, pilla sa maison le 30 juillet 1944. Dirigeant, le 15 août 1944, les combats pour la libération de Cogolin, il confia l’administration de la commune au comité local de Libération. Poursuivant son action pour la libération d’Hyères et de Toulon, capitaine FTPF, il s’engagea dans le régiment des Maures à Hyères, et fut homologué comme lieutenant, le 29 novembre 1944. Intégré dans le 11e bataillon de chasseurs alpins, il combattit sur le front des Alpes (secteur du Haut-Queyras) et participa à l’occupation de l’Autriche. Il refusa, en mars 1946, de rester dans l’armée comme ses supérieurs le lui proposaient. 



En son absence, Macario, candidat aux élections municipales de Cogolin sur la liste UPRA, obtint, le 29 avril 1945, 321 voix et fut élu, au deuxième tour, avec 513 voix. Affecté aux commissions des travaux, des fêtes et des sports, il participa, pour la première fois, à une réunion du conseil, le 18 décembre 1945. Le conseil, le 21 février 1946, décida la création d’un corps de sapeurs-pompiers et lui en confia la responsabilité. Battu aux élections municipales d’octobre 1947, comme les autres communistes, élu en mai 1953, il participa aux commissions des travaux, des fêtes, des sports, de la statistique agricole, des chemins, des rues, du camping et du tourisme. Le conseil municipal fut dissous par la préfecture le 30 novembre 1956. Il se représenta sans succès aux deux élections municipales suivantes sur la liste communiste. 



Cultivateur, Macario, membre du comité fédéral du Parti communiste français à la fin des années 1940, exerça une grande influence en milieu viticole. En liaison avec les partisans d’un engagement lors de la guerre d’Algérie dans l’aide du Front national de Libération, proches des communistes de la revue Unir, en 1962, il fut exclu du PCF par la cellule communiste de Cogolin. 


Marié à Cogolin, en janvier 1950, Macario occupa, jusqu’en mai 1981, les responsabilités de lieutenant du corps de sapeurs-pompiers communal. Il était, en outre, un responsable local et départemental de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance et participait aux activités de l’Amicale des volontaires de l’Espagne républicaine. Ce meneur d’hommes fut l’âme de l’ANACR autour du Golfe de Saint-Tropez jusqu’à sa mort, s’employant en particulier avec ses camarades à ce que le souvenir de la Résistance ne soit pas effacé. Après sa mort, une plaque commémorative fut apposée par ses camarades sur sa maison, rue Hoche.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119281, notice MACARIO Alix [MACARIO Paul, Alix, Antoine] par Jacques Girault et Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 7 décembre 2017.

Par Jacques Girault et Jean-Marie Guillon

Carte de brigadiste de Macario

SOURCES : Arch. Dép. Var, 7 M 4.10, 18 M 86. — Arch. Com. Cogolin. — Arch. privées. — Renseignements communiqués par l’intéressé. — RGASPI, 495 270 4086 (document du Komintern à son nom [sans prénom], pas encore consulté). — Note de Rémi Skoutelsky. — DBMOF, notice par J. Girault et J-M Guillon.— Résistance Var, n° 19, décembre 1995. — Notes de Jean-Pierre Ravery.

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