LYAUDET Robert, Marcel, Édouard

Par Pierre Broué

Né le 26 août 1903 à Nantua (Ain), mort le 3 janvier 199 à Bourgoin-Jallieu (Ain) ; ajusteur mécanicien ; militant de la CGTU, de la CGT et du Parti communiste.

Robert Lyaudet était le second des neuf enfants d’un brigadier des Eaux et Forêts de l’Ain. Il obtint son Certificat d’études primaires en 1915, puis effectua pendant trois ans son apprentissage d’ajusteur, puis d’outilleur. Selon l’usage du temps, il alla ensuite de place en place, travaillant successivement dans l’Ain, dans le Rhône, à Paris en 1928-1929, puis à nouveau dans l’Ain. Après son service militaire, de 1924 à 1925, il adhéra aux Jeunesses communistes alors qu’il était outilleur à Bellegarde (Ain), mais il ne milita pas de façon suivie.

Il vint à Grenoble (Isère) en 1931, fut embauché chez Bouvier-et-Paul et adhéra au Parti communiste. Il entra ensuite chez Neyret-et-Beylier et y développa une section syndicale CGTU importante : il réussit ainsi en 1933 à conduire victorieusement une grève de trois semaines contre la diminution des salaires, qui lui valut d’être licencié avec trois autres militants. C’est alors qu’il fut désigné comme secrétaire du syndicat CGTU des Métaux de Grenoble en remplacement de Wetzel*, dit Vitra, qui venait de regagner la région parisienne.

C’est en cette qualité qu’il fut le principal initiateur, puis le secrétaire du "syndicat unique" des Métaux constitué à Grenoble en 1934. En septembre 1935, il fut élu secrétaire général du syndicat CGT réunifié des Métaux, et en décembre, membre du bureau de l’Union départementale. En 1936, il joua un rôle important dans la négociation des conventions collectives entreprise par entreprise, et, en septembre conduisit à Paris, en vue de l’arbitrage du ministre du Travail, la délégation des métallos grenoblois en grève depuis vingt-et-un jours. En novembre 1936, il devint secrétaire permanent de l’UD de l’Isère. Il avait été délégué par son syndicat au congrès de Toulouse (2-5 mars 1936).

Militant du Parti communiste, il avait été candidat aux élections municipales de 1935 à Grenoble. Il était l’un des plus solides éléments de l’équipe de jeunes militants communistes qui s’étaient imposés autour de Georges Sandra à la tête des syndicats de l’Isère. En novembre 1938, il fut dans l’Isère l’un des signataires de la motion de la Fédération des Cuirs et Peaux regroupant les ex-unitaires en vue du congrès de Nantes (14-17 novembre 1938) de la CGT, où Il fut à nouveau délégué

Mobilisé le 2 septembre 1939 à Bron (Rhône), il fut dirigé peu après sur Aulnat (Puy-de-Dôme) dans un bataillon de l’armée de l’air. Les décrets gouvernementaux et la "réorganisation" entreprise par les ex-confédérés à Grenoble l’avaient alors exclu de ses responsabilités syndicales. Démobilisé à Gaillac (Tarn) le 18 juillet 1940, il revint à Grenoble et y reprit contact avec le PC clandestin. Il fut embauché dans l’entreprise Billaud où travaillaient déjà plusieurs militants, dont Campiglia*. Le 30 novembre 1940, il fut arrêté, en même temps que quarante-sept autres militants, et interné à Fort-Barraux. Il en fut libéré dans le cadre d’une mesure collective le 1er janvier 1942 et fut immédiatement réembauché chez Billaud. Étroitement surveillé, comme tous les anciens internés, il passa quelques mois plus tard dans la clandestinité, posant les jalons de la réorganisation clandestine de la CGT. Menacé d’arrestation, il fut affecté au début de 1943 dans le Puy-de-Dôme, région où il n’était pas connu, et fut jusqu’en août 1944 responsable syndical du Parti communiste, et l’un des animateurs de la CGT clandestine dans ce département. De retour à Grenoble à la fin d’août 1944, il reprit ses fonctions à la tête du syndicat des Métaux et à l’Union départementale, et les assura, respectivement, jusqu’en 1970 et 1968.

Désigné par la CGT pour être l’un de ses deux candidats — avec l’ex-confédéré Machot — sur la liste d’union de la Résistance aux élections municipales de 1945 à Grenoble, Lyaudet fut élu conseiller municipal en 1946 sur la liste du PC et le demeura jusqu’en 1958. Membre du comité fédéral du PC de 1950 à 1964, il fut délégué au congrès de Paris du PCF (mai 1964).

Permanent CGT (1959, années soixante), secrétaire départemental des métaux, Robert Lyaudet fut élu bureau de la fédération CGT des métaux en novembre 1966. Voir Breteau.

Il effectua, en tant que délégué de la CGT plusieurs voyages, en URSS en 1955, en Pologne en 1960, en RDA en 1964. Ayant laissé l’une après l’autre ses multiples responsabilités entre 1968 et 1970, il se consacra désormais à la défense des retraités, pour lesquels il assura une permanence régulière à la Bourse du Travail de Grenoble.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119229, notice LYAUDET Robert, Marcel, Édouard par Pierre Broué, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 4 août 2012.

Par Pierre Broué

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 52 M 119, 167 M 6. — Le Travailleur alpin, 27 avril 1945. — P. Champion, Biographies de militants communistes, TER, Grenoble, 1973. — Arch. comité national du PCF. — État civil.

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