LORRAINE Émile

Par Roger Martin

Né le 3 août 1880 à Saint-Maurice-sur-Moselle (Vosges), mort en avril 1934 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; ouvrier du textile puis marchand forain ; militant syndicaliste, socialiste puis communiste.

Émile Lorraine fut ouvrier textile, d’abord dans son village natal, puis à Remiremont (Vosges) après la Première Guerre mondiale. Il fit connaître le Parti socialiste SFIO et la CGT dans l’industrie textile des hautes vallées vosgiennes. Il fut tour à tour secrétaire du groupe socialiste de Saint-Maurice en 1908, membre du comité de la Fédération des Vosges du Parti socialiste SFIO en 1912, délégué des Vosges, en compagnie de Piton, au VIIe congrès national de la SFIO à Paris, en 1910 et délégué régional des syndicats de l’industrie textile en 1912. Il participa à l’action contre la guerre comme membre de la Fédération des syndicats ouvriers des Vosges et fut, en août 1913, candidat socialiste au conseil général dans le canton de Remiremont. Dès 1909, Émile Lorraine collabora à L’Ouvrier vosgien — il signait, par exemple, le 19 décembre un article sur "Les retraites ouvrières, une loi insuffisante". En juillet 1910, il fut délégué au congrès national de Paris.

Après la guerre, Émile Lorraine reprit sa vie militante au sein du Parti SFIO, mais se consacra essentiellement à l’activité syndicale. En 1919, à Remiremont (Vosges), il était délégué de l’union des syndicats vosgiens à la signature de la convention relative à l’application de la semaine de 48 heures dans l’industrie textile laine et coton de la région des Vosges, convention passée à la préfecture les 1er et 10 septembre. A nouveau délégué du Textile pour l’arrondissement de Remiremont, il anima les grèves de 1919 et 1920, d’une ampleur inconnue dans l’industrie textile vosgienne et y organisa la manifestation du 1er Mai 1920. Il avait dû, pour faire vivre sa famille, se faire marchand forain de tissus à Remiremont.

Devenu successivement secrétaire de l’Union locale des syndicats de Remiremont, délégué départemental des syndicats du Textile, il présida les séances du XVe congrès de l’Union départementale des syndicats des Vosges, réuni à Remiremont les 15 et 16 mai 1921. Élu permanent de l’UD-CGT par le congrès, il refusa ce poste, ne désirant pas habiter Épinal. Il anima cependant la grève du Textile en août et septembre 1921. Comme délégué régional, il fut présent au congrès interrégional du textile tenu à Épinal le 6 mars et au conseil national de la Fédération nationale de l’industrie textile.

Sur le plan politique, Lorraine mena campagne pour l’adhésion à la IIIe Internationale et devint membre du comité fédéral du Parti communiste SFIC dès sa création, le 23 janvier 1921. Trésorier de la cellule locale de 1921 à 1925, il participa activement aux réunions du Parti communiste, tant dans la région de Remiremont qu’au niveau fédéral, prenant fréquemment la parole au cours des réunions jusqu’en 1925. Passé à la CGTU, il n’eut plus la même influence dans les milieux ouvriers de la région, profondément désorientés par la scission syndicale.

Il fut candidat au conseil général en 1922 et aux élections législatives en 1924 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan. Mais, victime de plusieurs attentats contre sa personne et contre sa résidence, il dut quitter Remiremont pour s’installer à Nancy. Sa dernière apparition publique à Remiremont est datée du 5 juin 1925, à l’occasion d’une réunion qu’il organisa pour le compte de la CGTU.

Il était membre du bureau de la Ligue des droits de l’Homme de Remiremont.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article118924, notice LORRAINE Émile par Roger Martin, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 4 juin 2013.

Par Roger Martin

SOURCES : Arch. Dép. Vosges, 8 M 74, 93, 95, 102 ; 13 M 70. — L’Ouvrier vosgien, 1902-1913. — Le Réveil ouvrier, 1920-1922. — L’Étincelle, 1921-1922. — L’Est ouvrier et paysan, 28 avril 1934. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes t. I, op. cit.

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