LIÉNERT Édouard

Par Jean-Louis Panné.

Né le 11 juin 1902 à Azerailles (Meurthe-et-Moselle), d’un père de nationalité suisse et d’une mère allemande (alsacienne), Édouard Liénert choisit la nationalité française. Il s’initia aux questions sociales et politiques à l’Université populaire " Comprendre " (devenue ensuite " Connaître ") animée par Henry Marx. Il rejoignit le Cercle communiste " Marx et Lénine ", en 1927, après que Boris Souvarine et Lucien Laurat y aient donné des conférences. Ce fut également le cas de Jeanne Pichonneau qui allait devenir sa femme. Ensemble, ils participèrent aux activités de l’Opposition communiste comme la diffusion de la lettre-testament de Joffé.

Dessinateur industriel, Édouard Liénert était membre de l’Union syndicale des techniciens de l’industrie, du commerce et de l’agriculture (USTICA). À ce titre, il signa en novembre 1930 une lettre adressée au Comité des " 22 " critiquant la conception de l’unité syndicale de ce comité. Il prit la parole à la conférence organisée par les " 22 " à la Bourse du Travail de Paris le 11 janvier 1931 mais s’abstint de voter. Toujours membre du Cercle communiste, il en devint trésorier et signa en 1931 l’appel en faveur de David Riazanov, fondateur et directeur de l’Institut Marx-Engels à Moscou, qui venait d’être arrêté. Cette même année, il commença à collaborer à la Critique sociale, revue fondée par Boris Souvarine.

Liénert s’occupa également d’établir les relations avec la Fédération communiste indépendante de l’Est. Après la disparition du Cercle, il se tourna vers le Combat marxiste (puis Idée et Action) premier foyer planiste en France, selon l’expression de Georges Lefranc, où il retrouva Lucien Laurat. Il y collabora sous le pseudonyme de Jansen. Resté ami de Boris Souvarine, il s’employa à rassembler des souscriptions pour aider à la publication de son Staline, aperçu historique du bolchevisme (Plon, 1935) que Jeanne Liénert dactylographia. Cette dernière, quelque temps plus tard, entra au secrétariat de Léon Blum sur recommandation de Boris Souvarine. Lors de la guerre d’Espagne, les Liénert prirent en charge une fillette espagnole.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Liénert donna quelques articles à la revue de René Lefeuvre, Masses, Socialisme et Liberté. Partisan d’un socialisme démocratique, il suivit, au début des années 1980, avec beaucoup d’intérêt le combat des syndicalistes polonais pour un syndicalisme indépendant de l’État.

Retiré à Montesquieu (Pyrénées-Orientales), Édouard Liénert mourut à Perpignan le 9 avril 1986.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article118567, notice LIÉNERT Édouard par Jean-Louis Panné., version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Jean-Louis Panné.

SOURCES : Arch. PPo., carton 96. — Notes d’Édouard Liénert sur le Cercle communiste, novembre 1980, 20 p. — Le Cri du peuple, 14 janvier 1931. — La Critique sociale, 1931-1934. — Le Combat marxiste, 1933-1936.

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