LÉVY Clément, David

Par A. Olivesi et Justinien Raymond.

Né à Toulouse (Haute-Garonne) le 28 mai 1853 ; mort subitement à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 16 janvier 1928 ; chirurgien-dentiste ; militant socialiste de Marseille ; élu municipal et cantonal.

À l’âge de dix-sept ans, Clément Lévy servit volontairement en 1870, puis accomplit son service militaire au 24e régiment de ligne au Havre. Après avoir terminé ses études de dentiste, il s’installa à Marseille où, en 1884, il témoigna d’abnégation à l’occasion d’un retour du choléra qu’il contracta et dont il guérit, mais qui emporta son père et son fils. Juif, libre penseur et franc-maçon — Initié à la Franc-maçonnerie en 1891, Clément Lévy fut vénérable de sa loge " Réunion des amis choisis " de 1889 à 1913. — Lévy fut, avec Guesde et Cadenat, un des pionniers du socialisme révolutionnaire à Marseille. Il lui donna son activité de militant, de journaliste, de candidat, d’élu et l’auréola du prestige de son attachante personnalité. À l’occasion de l’élection de 1912 où il fut candidat, le préfet le présenta comme un des chefs socialistes les plus écoutés, les plus intègres, les moins accessibles à la calomnie, et étranger à toute compromission avec la droite.

De 1889 à 1895, Lévy siégea au conseil d’arr. pour le canton d’Aubagne. Il participa à l’organisation de la fédération socialiste autonome des Bouches-du-Rhône dont il sera un temps le secrétaire général. Il fonda en 1895 et anima jusqu’en 1908 l’Avenir social et le Travailleur réunis, hebdomadaire socialiste. Arrêté pour avoir manifesté le 1er Mai 1893, il fut révoqué de ses fonctions d’adjoint au maire par décret ministériel. En 1900, à l’occasion de la venue du président Sadi-Carnot à Marseille, Lévy polémiqua avec le préfet qui avait omis d’inviter les conseillers d’arrondissement. En 1892, il fut élu au conseil municipal et adjoint au maire Flaissières ; il était, en outre, rapporteur du budget municipal. Pour avoir pris la tête des manifestants le 1er mai 1893, il fut arrêté et emprisonné pendant quinze jours. Au 1er congrès général socialiste de Paris, salle Japy (décembre 1899), il porta le mandat du syndicat des tailleurs de pierres froides de Marseille et il fut encore délégué au congrès de la salle Wagram (1900).

En 1900, il évita que la rupture survenue entre Flaissières et les socialistes réformistes, d’une part, et Cadenat, Carnaud, Lévy et les socialistes révolutionnaires d’autre part ne conduisît à la défaite aux élections municipales. Lévy fut réélu et, comme adjoint, chargé de la voirie et de l’éclairage. De 1908 à 1912, il fut adjoint aux finances dans la municipalité Cadenat Élu au premier tour comme socialiste SFIO au conseil général dans le 7e canton de Marseille, le 28 juillet 1907, il fut réélu en 1913, 1919 et 1925. En 1925, il devint vice-président du conseil général. À l’automne 1919, il fut réélu conseiller municipal sur la liste de Siméon Flaissières, en 6e position avec 57 % des voix.

De 1913 à 1914, il présida la commission départementale. En juillet 1912, Lévy fut candidat socialiste SFIO, au siège vacant dans la quatrième circonscription par la mort d’Henri Brisson. Sur 16 417 inscrits et 10 983 votants, il arriva en troisième position avec 2 857 voix derrière le candidat de droite Brion (3 349) et le radical Chevillon (3 017). Il maintint sa candidature et recueillit 4 261 suffrages contre 4 452 à l’élu Chevillon. Lévy fut réélu conseiller municipal de Marseille en 1919, redevint 1er adjoint au maire Flaissières. Sa gestion financière fut très critiquée par l’organe de droite Le Petit Marseillais. Lévy siégeait toujours en cette qualité à l’Hôtel de Ville quand il fut emporté subitement par une embolie.

Lors de la scission de Tours (décembre 1920), il resta au Parti socialiste et signa en son nom et au nom de la 7e section, un appel à la fidélité dans le Petit Provençal (14 et 21 janvier 1921). Malgré de vives polémiques sur la gestion financière de la ville, Clément Lévy fut réélu en 1925, toujours sur la liste de Siméon Flaissières, avec 50,7 % des voix. Néanmoins, il ne fut pas choisi comme premier adjoint et fut tenu à l’écart.

Il mourut subitement le 16 février 1928 ; sa dépouille fut accompagnée au cimetière par toute la gauche marseillaise et Flaissières prononça son éloge.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article118432, notice LÉVY Clément, David par A. Olivesi et Justinien Raymond., version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par A. Olivesi et Justinien Raymond.

ŒUVRE : De 1894 à 1900, Lévy dirigea L’Avenir social dont il était le fondateur et qui était l’organe des fédérations des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 2/ 111-57 et M 3 50 bis. — Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, t. V, La Vie politique et administrative. — Ernest Castre, Le Conseil général des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1912, 343 p. — G. d’Oussouville, Historique du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1902, 544 p. — Ernest Bellot, Introduction à l’Histoire du socialisme à Marseille, Paris, 1891. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, pp. 152 à 182, passim.Le Petit Provençal, 17 janvier 1928. — Indicateur marseillais (photographie).

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