LEQUERTIER Lucien, Alphonse, Louis. Pseudonyme dans la clandestinité : Parisot.

Par Gilles Vergnon

Né le 27 mai 1900 à Carentan (Manche), mort le 27 mai 1947 à Lyon VIIe arr. (Rhône) ; professeur de lettres, militant socialiste, secrétaire de la fédération du Rhône (1939-1940 et 1944-1945).

Lucien Lequertier était le fils d’un employé de commerce, il se maria en octobre 1923 à Caen avec Georgette Lepetit. Arrivé à Lyon en 1929 en provenance du Calvados où il aurait adhéré en 1924 au Parti socialiste, professeur de lettres à l’École nationale professionnelle « La Martinière », Lucien Lequertier fut membre dès 1930 de la commission exécutive fédérale et, en 1933, du bureau fédéral du Parti socialiste. Secrétaire fédéral adjoint, candidat aux législatives d’avril 1936 dans la 12e circonscription de Lyon (Villeurbanne) à la place de Lazare Goujon, il fut battu au premier tour (2777 voix contre 11 109) par le communiste Georges Lévy, en faveur duquel il s’était désisté.

Au congrès fédéral du 18 décembre 1938, préparatoire au congrès de Montrouge, il présenta, avec Félix Orsoni* une motion hostile aux accords de Munich, qui proposait à la SFIO de « prendre résolument la tête de la Nation pour la dresser contre toutes les entreprises de fascisme externe et interne et de proposer au pays les formes de la défense nationale qui lui paraissent les plus efficaces ». Son ralliement à la motion Blum-Zyromski lui permit de rassembler 83 mandats contre 65 à la motion Paul Faure et 49 à une motion Reynard-Fousseret, hostile au principe même d’une défense nationale. À la suite de ce vote, le bureau fédéral et son secrétaire Eugène Gendre* démissionnèrent, un nouveau bureau fut élu en février 1939 par la commission exécutive, avec Lucien Lequertier comme secrétaire fédéral. Il resta en fonction jusqu’au conflit, malgré le nouveau vote préparatoire au congrès de Nantes (mai 1939), qui, cette fois, plaça en tête la motion Paul Faure. Pendant la guerre, déjà affaibli par la maladie, Lucien Lequertier était resté en fonction dans son établissement, où un état du personnel de 1942 le signale comme enseignant l’histoire-géographie. Il participa cependant à la reconstruction de la fédération, remplaçant Philibert Gaillard* après son arrestation en mars 1944. Il multiplia à l’été 1944 les démarches auprès d’Alban Vistel* pour l’admission d’un représentant socialiste au CDL du Rhône, mettant en avant « 28 sections en pleine activité ». Après un premier refus, il obtint finalement l’entrée au CDL d’Armand Matti* en septembre, rejoint par André Philip à son retour à Lyon. Abandonnant pour raisons de santé ses responsabilités fédérales au congrès de décembre 1945, il fut remplacé par Francis Cersot, mais continua à écrire de nombreux articles dans Le Populaire du Rhône. Son départ ouvrit un long conflit interne entre l’aile gauche de la fédération et une tendance plus « modérée ». André Ferrat et André Philip représentèrent le comité directeur à son enterrement.

Dans son hommage, ce dernier, évoquant celui qui, après Munich, « tint courageusement tête à une salle déchaînée qui hurlait « Lequertier sac au dos », déclara que la fédération du Rhône perdait « son guide le plus aimé ». La maladie et une mort prématurée ne lui ont sans doute pas permis de donner toute sa mesure sous l’Occupation comme à la Libération.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article117978, notice LEQUERTIER Lucien, Alphonse, Louis. Pseudonyme dans la clandestinité : Parisot. par Gilles Vergnon, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 avril 2013.

Par Gilles Vergnon

SOURCES : Arch. Dép Rhône, 3 M 1374, 1T 2126 ; fonds Fernand Rude, bibliothèque municipale de Lyon Part-Dieu, dossier 215. — L’Avenir socialiste, 1938-1939. — Le Populaire du Rhône, 1939, 1944-1946. — Le Rhône socialiste, 1946-1947. — Laurent Bertho, La fédération socialiste du Rhône, de la Libération à 1947, maîtrise d’histoire, Université Lyon 3, 1996. — Gilles Vergnon, « Entre guerre, Résistance et Libération : réflexions sur des fédérations socialistes du Sud-Est » in Christian Chevandier et Gilles Morin (dir.) André Philip socialiste, patriote, chrétien, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 2005. — DBMOF, notice par Maurice Moissonnier. — Notes de Gilles Morin. — État civil.

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