LENA Pascal

Par René Crozet, Jacques Girault, Antoine Olivesi

Né le 13 avril 1900 à Rogliano (Corse), mort le 1er mai 1990 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; instituteur ; syndicaliste et mutualiste des Bouches-du-Rhône.

En 1955, Pascal Lena avec des administrateurs de la maison Chateaubriand à Hyères
En 1955, Pascal Lena avec des administrateurs de la maison Chateaubriand à Hyères
(entre Robert Jourdan à sa gauche et Antoine Taurand* au fond).

Élevé par sa mère, femme de ménage, qui habita Marseille à partir de 1903, Pascal Lena (écrit le plus souvent Léna) reçut les premiers sacrements catholiques. Élève d’une école primaire supérieure, il entra à l’École normale d’instituteurs d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en 1917. A partir de 1920, il fut nommé instituteur à Marseille dans le quartier d’Endoume, à l’école de la rue Candolle, qu’il dirigea de 1945 à sa retraite en 1960. Il fit son service militaire de 1921 à 1923 et le termina avec le grade de sous-lieutenant.

Lena se maria religieusement « par concession » avec une institutrice, originaire de Marseille. Le couple eut un fils.

Lena connut, au début des années 1920, les grands pionniers marseillais de L’École émancipée, Ismaël Audoye*, Adolphe Bezot*, Louis Lafosse*. Militant du Syndicat des membres de l’Enseignement laïc (CGTU) des Bouches-du-Rhône depuis 1924, secrétaire du syndicat en 1927-1929, il fut délégué au comité intersyndical lors de la création du Groupe des jeunes dans les Bouches-du-Rhône, le 15 décembre 1924. En 1928, il fit paraître un bulletin mensuel ronéotypé, La Voix des Jeunes. En 1929, délégué au congrès de Besançon, avec quatre camarades, il démissionna du conseil syndical le 23 juillet, l’assemblée générale ayant décidé, contre l’avis du conseil syndical, de participer à la journée du 1er août. Il revint sur sa démission le 10 octobre, mais quitta le secrétariat. Devenu secrétaire-adjoint, après le congrès du syndicat à Marseille (3-5 août 1930), de 1930 à 1932, puis de 1933 à 1935, il s’occupa de la rédaction et de l’administration de L’Émancipation.

A la fin de 1935, Lena participa à la création du Syndicat national des instituteurs par fusion des deux syndicats unitaire et confédéré. Il fut élu au conseil syndical de la section départementale. Il adhéra au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Il hébergea pendant plusieurs mois deux enfants de Républicains espagnols. Il fit grève le 30 novembre 1938 et fut sanctionné de huit jours de retenue de salaire.

Lena était surtout orienté vers la mutualité et la coopération. Il s’occupa de la coopérative d’édition de L’École émancipée. Actif dans la mutualité scolaire, il adhéra à la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France dès sa création alors qu’il n’avait pas de voiture. En 1934, il créa puis présida à partir de 1938, dans les Bouches-du-Rhône, la Mutuelle Universitaire, dépendant de la Mutuelle chirurgicale. Il s’employa à regrouper, entre 1936 et 1938, quatorze sociétés mutualistes enseignantes des Bouches-du-Rhône (mutuelle universitaire, union fraternelle antituberculeuse, solidarité, section départementale de l’orphelinat et du Soutien mutuel) en une seule Il assurait la présidence de l’Union des sociétés mutualistes de l’enseignement à partir de 1938 qui prit le nom de Mutuelle générale de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône. Elle comptait environ 3 500 adhérents en 1939 de toutes catégories enseignantes. Elle servit de modèle pour la création de sociétés mutualistes. Elle parvint à survivre sous le régime de Vichy et même à progresser avant de fusionner en 1947 avec la Mutuelle générale de l’Education nationale à qui elle servit, en grande partie, de modèle.

Mobilisé en août 1939, démobilisé dans l’été 1940, Lena anima pendant la guerre la Coopérative de l’enseignement. Il reprit la présidence, après sa démobilisation, de la Mutuelle chirurgicale universitaire. Il rejoignit la Résistance en 1942. Il fit partie du réseau « Combat universitaire », puis des MUR, de l’AS en 1943-1944, enfin du Mouvement de Libération nationale dont il fut le responsable chez les instituteurs. Il exprima les positions du MLN dans les discussions avec les responsables du Comité national des instituteurs quand échouèrent les discussions pour la reconstitution de l’unité syndicale. Candidat à la commission exécutive de la section départementale du SNI sur la liste de l’Organisation universitaire du MLN en 1944-1945 et en 1945-1946, il ne fut pas élu. Il collaborait régulièrement à Combat universitaire, bulletin de l’organisation universitaire du MLN.

Quand la MGEN fut créée, Lena présida la section départementale des Bouches-du-Rhône de 1947 à novembre 1978 et continua de siéger jusqu’au 1er juin 1988 dans son conseil d’administration. Il conserva le titre de président-fondateur au sein du bureau et un hommage public lui fut rendu le 19 octobre suivant.

Elu au conseil d’administration de la MGEN, le 8 décembre 1946, où se retrouvaient à parité des militants amicalistes et mutualistes, Lena fut élu au CA national lors de la première assemblée générale de la MGEN, en juillet 1947. Il entra au bureau national comme secrétaire adjoint de 1947 à 1949 puis comme secrétaire général de 1949 à 1965. Il présida la commission des statuts de 1949 à 1965. Il fut un des promoteurs de la création de la maison de convalescence de la MGEN à Hyères (Var) en 1949 et fit partie de son conseil d’administration (voir Robert Jourdan*).

Pascal Léna occupa de nombreuses fonctions mutualistes :
- administrateur de l’Union départementale des Sociétés mutualistes (dite Grand Conseil), à partir de 1960, vice-président de cet organisme à partir de 1972,
- président de la section départementale de la Fédération nationale des mutuelles des fonctionnaires et des agents de l’État, de 1957 à 1979,
- administrateur de la Mutuelle chirurgicale des Bouches-du-Rhône, de 1938 à 1979, secrétaire général adjoint de cette mutuelle de 1944 à 1951,
- administrateur national de la Fédération Nationale de la Mutualité Française de 1961 à 1964 et de la FNMFAE de 1955 à 1981 (Président de sa commission des statuts de 1955 à 1967),
- administrateur de la Maison des Universitaires de1954 à 1979,
- administrateur de la Caisse Logement de l’Education Nationale et de la Société coopérative universitaire de construction.

Élu au conseil d’administration de la Caisse primaire de Sécurité sociale en 1947, réélu en 1950, Pascal Lena fut en 1950 élue au conseil d’administration de la Caisse régionale. Réélu aux deux caisses en 1955, il fit partie de leurs bureaux et fut le vice-président de la Caisse primaire et le secrétaire de la Caisse régionale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article117778, notice LENA Pascal par René Crozet, Jacques Girault, Antoine Olivesi, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 21 octobre 2013.

Par René Crozet, Jacques Girault, Antoine Olivesi

Robert Jourdan à sa gauche et Antoine Taurand* au fond). ">En 1955, Pascal Lena avec des administrateurs de la maison Chateaubriand à Hyères
En 1955, Pascal Lena avec des administrateurs de la maison Chateaubriand à Hyères
(entre Robert Jourdan à sa gauche et Antoine Taurand* au fond).

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/10807. — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1925. — Documentation et archives de la MGEN. – Notice par Antoine Olivesi, DBMOF. — Presse syndicale et mutualiste. – Presse nationale et locale (Le Provençal, 15 octobre 1975, photo). — Revue de la Fédération nationale des mutuelles des fonctionnaires et agents de l’État, section des Bouches-du-Rhône, juin 1972 (photo). — Renseignements fournis par l’intéressé à J. Girault en 1975. — Témoignage de l’intéressé recueilli par A. Olivesi en 1982. — Notes d’André Lainé et de Charlotte Siney.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément