LEGRAS Marcel, Gaston

Par Gilles Morin, Philippe Nivet, Claude Pennetier

Né le 17 août 1904 à Autry-le-Châtel (Loiret) ; instituteur, puis employé, responsable de la Sécurité sociale ; militant syndicaliste CGT et socialiste de Suresnes (Seine), puis du Loiret ; maire de Suresnes (1956-1958) puis d’Autry-le-Châtel (1971-1983) ; conseiller général de Chatillon-sur-Loire (1967-1979) ; chef de cabinet de Daniel Mayer au ministère du Travail et de la Sécurité sociale (1946-1949).

Fils d’Agan Legras, facteur des PTT, installé dans le Pays-fort à Autry-le-Châtel, et de Marie-Louise Maillot, sans profession, Marcel Legras suivit des études au Cours complémentaire de Gien, puis entra à l’École normale d’instituteurs d’Orléans où il obtint le brevet supérieur. Il enseigna deux ans comme instituteur dans le Loiret, entre 1923 à 1926. Dans l’intervalle, il accomplit son service militaire de novembre 1924 à novembre 1925. Abandonnant alors l’enseignement peu rémunérateur, il s’installa à Paris en 1926 et entra comme comptable au siège social de l’Air Liquide où il travailla pendant dix ans. Il reprit ses études et passa son baccalauréat latin-grec-philosophie, puis sa licence en droit tout en travaillant.

Adhérent du Parti socialiste SFIO depuis le 1er janvier 1926 (vers 1924 selon d’autres sources) Marcel Legras commença à militer plus activement sur le plan politique après le 6 février 1934. Domicilié à Paris XVIIIe, puis à Suresnes en 1931, il milita au côté de Henri Sellier et devint en 1938 secrétaire adjoint de la section suresnoise qui comptait alors cinq cents membres.

Syndiqué à la Chambre syndicale des employés de la région parisienne, trésorier du syndicat des techniciens et employés des Produits chimiques de la région parisienne, Legras prit, en 1936, activement part au mouvement de revendications et participa à l’élaboration des conventions collectives de sa branche. Il aurait été obligé de quitter l’entreprise où il travaillait du fait de son action syndicale, sa situation devenant critique. Il passa, et obtint, le concours d’Inspecteur des Assurances sociales en 1937, puis, un an plus tard au concours de rédacteur qui lui permit d’accéder au statut de fonctionnaire à l’administration centrale du ministère du travail.

La guerre vint provisoirement contrarier sa carrière, puis l’accéléra. Mobilisé comme sergent d’infanterie, il se trouvait aux avant-postes sur le Rhin lorsqu’il fut fait prisonnier de Guerre en juin 1940. Libéré le 5 août 1941, il travailla dans les organisations de Résistance, à Libération-Nord puis à CDLR dont il fut le délégué pour Suresnes. Désigné par le CNR pour occuper le poste de Directeur des affaires sociales au Ministère du travail, il prit possession de ce poste lors de l’insurrection de Paris. Marcel Legras devint ainsi l’un des collaborateurs de Pierre Laroque à la direction générale de la Sécurité sociale puis chef de cabinet de Daniel Mayer, ministre du Travail et de la Sécurité sociale de décembre 1946 dans le gouvernement Léon Blum puis fit de nouveau appel à ses services dans le gouvernement Ramadier de mai 1947 à novembre 1947. Sa qualification professionnelle connu une ascension en conséquence : Legras fut successivement sous-chef de bureau en 1942, chef de bureau en 1945, sous-directeur en 1947 (année où il fut breveté du Centre des hautes études administratives) et directeur adjoint en 1948, puis directeur de la Caisse nationale de Sécurité sociale le 13 septembre 1954, enfin promu administrateur civil hors classe en 1961 puis directeur honoraire en 1970. À la Libération il fut durant deux années secrétaire général du syndicat CGT de l’administration centrale du ministère du travail.

Marcel Legras fut par ailleurs dès la Libération secrétaire de la section socialiste de Suresnes et fut chargé de remplacer Henri Sellier comme conseiller général de la Seine. Il représentant du canton de Puteaux, jusqu’aux élections de septembre 1945, où il fut battu. Il figurait sur la liste socialiste conduite par Albert Gazier dans la cinquième circonscription de la Seine à la Première Assemblée constituante en octobre 1945, puis aux législatives de novembre 1946. Directeur du Suresnois, organe socialiste local en 1949, il conduit la liste socialiste aux municipales de 1953 fut élu conseiller municipal de Suresnes, puis désigné maire le 14 décembre 1956, en remplacement de Raymond Cosson, décédé en fonction. Il fut élu par 17 voix, contre 14 au candidat communiste Durand et, réélu en mars 1959, conserva cette fonction jusqu’à mars 1965. Il s’efforça de faire vivre l’héritage politique et administratif de son prédécesseur Henri Sellier*.

Suppléant d’Albert Gazier*, député sortant aux législatives de 1958 dans la 33e circonscription, ils furent battus par le candidat gaulliste, Jean Toutain.

À sa retraite, Legras se retira dans son village natal où poursuivit son activité militante. Élu conseiller général FGDS puis Parti socialiste de Chatillon-sur-Loire de 1967 à 1979 (il succédait, avec son appui, au docteur Dézarnaulds*, ancien parlementaire), il fut élu maire d’Autry de 1971 à 1983. Il ne se représenta pas en mars 1979 à l’Assemblée départementale où il s’était spécialisé dans les questions financières. Il travailla alors à une histoire d’Autry-le-Châtel mais le mort le surprit avant d’avoir publié.

Commandeur de la Légion d’honneur et médaillé de la Résistance, il était officier du Mérite social et de l’ordre de la Santé publique. Il était marié le 19 février 1927 à Paris XVIIIe avec Laurence Chazanne. Ses obsèques eurent lieu à Autry-le-Chatel dans l’intimité familiale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article117378, notice LEGRAS Marcel, Gaston par Gilles Morin, Philippe Nivet, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 26 janvier 2017.

Par Gilles Morin, Philippe Nivet, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3227 et 3229 ; F/1bI/983 ; F/1cII/113/B, 564 ; CAC, 19770359/24, 19830172/73. — Arch. FJJ/6EF73/2. — Profession de foi, législatives de 1945 et 1958. — Archives municipales de Suresnes, K 108. — Archives de l’OURS, correspondance Loiret. — Cahiers Léon Blum, n° 6-7-8, décembre 1979-juillet 1980, p. 142. — Le Monde, 21 septembre 1989. — Bulletin de la société historique de Suresnes, n° 38, 1981 et n° 46, 1989. — Who’s Who, 1977-1978. — La République du Centre, 14 septembre 1989. — DBMOF, t. 34, p. 175, notice de Cl. Pennetier. — Lettre de Marcel Legras, 21 novembre 1983.— Longue note biographique, élogieuses et précise, par Pierre Laroque après le décès de Marcel Legras, 8 p., fourni par Jean-Michel Laxalt. — État civil.

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