LAVIT Félix

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Ouvrier métallurgiste à Toulouse (Haute-Garonne) ; maire adjoint socialiste ; dirigeant syndicaliste ; mort en avril 1930.

Félix Lavit s’installa à Toulouse à la fin de la Première Guerre mondiale et devint rapidement secrétaire du syndicat des métallurgistes (voir Zoegel J.). Il se situait à l’aile gauche du Parti socialiste comme de la CGT et se heurta au secrétaire de l’Union départementale, Marty-Rollan. En mai 1920, contre l’avis de ce dernier, il encouragea la grève des tramways et obtint la décision de grève générale à Toulouse. Félix Lavit fut l’âme du puissant mouvement des métallurgistes.

Dans le Parti socialiste, il défendit l’adhésion à la IIIe Internationale mais il ne resta que quelques mois au Parti communiste. Au congrès de l’Union départementale du 26 juin 1921, il se sépara des minoritaires. Lors du Ve congrès de la Fédération CGT des Métaux tenu à Lille en juillet 1921, représentant le syndicat de Toulouse avec un mandat minoritaire impératif, il vota contre le rapport moral mais après avoir déclaré : « Moi, je n’ai pas de tendance et je ne veux pas en avoir. » Il donna ses suffrages à l’équipe Blanchard, Lenoir, Labe, Merrheim lors de l’élection des secrétaires fédéraux. Il devint en 1922, secrétaire à la propagande de l’Union interdépartementale CGT (Haute-Garonne, Aude, Ariège, Tarn-et-Garonne).

Ses rapports personnels tendus avec Marty-Rollan, expliquent son exclusion de la Confédération en 1923. Lavit avait créé une association ouvrière pour la métallurgie dont il assurait la direction. Son rejet de la Bourse du Travail prenait prétexte de la fonction de patron qu’il exerçait à l’égard des membres de cette coopérative. La CGT ayant déclaré qu’un gérant ou directeur de coopérative devait être considéré comme un simple salarié, il fut réintégré.

L’Union interdépartementale le chargea d’une campagne dans l’Ariège où l’influence de la CGTU était prédominante. Il présidait en 1924, la Ligue des locataires méridionaux.

Lavit fut maire adjoint socialiste de Toulouse de mai 1925 à son décès en avril 1930. Sa réélection en mai 1929 s’avéra difficile en raison d’une violente campagne « antilaviste » de la presse de droite. Il fut le seul candidat socialiste à être mis en ballottage. Cependant ses adversaires ne niaient pas ses qualités et le commissaire spécial de Toulouse le considérait en 1923 comme un « homme énergique, intelligent, sincère ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article116563, notice LAVIT Félix par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12986 et F7/13082. — Le Midi socialiste, 1919-1930. — La Voix des Travailleurs, 1926-1930. — Compte rendu du Ve congrès de la Fédération CGT des Métaux, Lille, juillet 1921.

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