LAUNAY Madeleine, née HAUTION Madeleine

Par Michel Launay

Née en 1901 à Reims, morte en 1967 à Paris ; mariée à Charles Launay ; sténo-dactylo ; militante anarchiste puis communiste de la Seine.

Petite-fille d’un conseiller général radical, M. David, Madeleine Haution se réfugia en 1914 à Saint-Bonnet-en-Champsaur (Hautes-Alpes), où elle devint bonne à tout faire dans une boucherie. En 1918-1919, elle revint à Paris, prit en charge ses grands-parents ainsi que les plus jeunes de ses frères et sœur et devint, par concours, sténo-dactylo à la Caisse nationale de Crédit agricole. La qualité de son travail la fit remarquer par Yvon Delbos, futur ministre, et elle fut pendant un temps sa secrétaire.

Elle fréquenta des cours du soir, universités populaires et cycles de conférences, ainsi que des groupes anarchistes. Ses articles paraissaient dans Le Libertaire sous le pseudonyme de Marcelle Huss (en hommage à Jan Hus). Ayant obtenu le droit d’être visiteuse de prison, elle alla voir à la prison du Cherche-Midi un militant anarchiste, Charles Launay. Elle fit passer des articles de Charles Launay dans Le Libertaire et de son codétenu Raymond Guyot dans l’Humanité.

A la sortie de ce dernier, elle milita avec lui au Secours rouge international, aux Jeunesses communistes puis au Parti communiste. Elle milita aussi à la section CGTU et à la cellule communiste du ministère de l’Agriculture. Charles Launay ayant quitté le Parti communiste par désaccord avec l’arrêt de la lutte antimilitariste, elle resta au PC mais fut remise à la base après avoir été élue au comité de section du VIIe arr.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Madeleine Launay se replia à Blois avec le ministère de l’Agriculture. En 1943, elle rejoignit la Résistance comme agent de liaison du réseau « La Chaîne », lui-même relié au réseau de Marie-Madeleine Fourcade, mais la Gestapo l’arrêta rapidement, en même temps que Marcel Barbu. Elle-même resta à la prison de Fresnes d’où elle fut libérée faute de preuves et de témoignages contre elle.

À la Libération, elle milita à nouveau dans la section communiste du VIIe arr. et fut rapidement détachée de la Caisse nationale du Crédit agricole pour faire partie du secrétariat de Marcel Paul, ministre de la Production industrielle. Elle retourna au Crédit agricole comme commis d’ordre après le départ des ministres communistes du gouvernement et milita dans le VIIe arr. ainsi qu’à Maisons-Alfort où elle avait déménagé pendant la guerre. Tout en aidant Charles Launay, devenu responsable du Centre d’accueil des réfugiés, elle dactylographiait de nombreux journaux de cellule, des publications du Mouvement de la Paix, du Secours populaire et de la Confédération des locataires. Elle-même écrivit divers articles et poèmes. Correspondante de l’Humanité, elle fit également partie du « pool » de sténo-dactylos dirigé par Raymond Guyot pendant les congrès du PCF. Sa dernière action militante fut en faveur des locataires menacés d’expulsion par suite de projets de construction d’un grand ensemble à la Villa Renard de Maisons-Alfort.

A ses activités politiques et syndicales, Madeleine Launay joignait une tendance au mysticisme et à la religion qui lui firent fréquenter des groupes spirites puis quelques prêtres comme le RP Avril et le RP Brien. Décédée à l’hôpital Lariboisière, elle fut enterrée civilement, conformément à ses volontés, par son mari, ses deux fils et de nombreux amis, au cimetière de Chalantre-la-Reposte (Seine-et-Marne) en 1967.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article116287, notice LAUNAY Madeleine, née HAUTION Madeleine par Michel Launay, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 4 avril 2018.

Par Michel Launay

SOURCES : Le Libertaire. — L’Humanité. — Arch. personnelles. — Michel Chaudy, Faire des hommes libres. Boimondau et les communautés de travail de Valence, Éditions Repas. — Notes de Michel Chaudy.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément