LASTERADE de CHAVIGNY Jean, Félix

Par Jean-Michel Brabant et Louis Bonnel

Né le 5 janvier 1910 à Wassy (Haute-Marne), mort le 11 juin 1986 à Paris ; médecin ; dirigeant de l’Union communiste.

Jean Lastérade était membre, en 1932, de la Jeunesse communiste et du Secours rouge international dans le XIIIe arr. de Paris. Alors étudiant en médecine, il fut gagné aux idées trotskystes et rallia la Ligue communiste avec laquelle il manifesta, le 11 mai 1933, au siège de l’Office commercial du gouvernement général de l’Indochine, 20 rue de La Boétie, contre la condamnation à mort à Saïgon de huit révolutionnaires indochinois. Arrêté au cours des affrontements qui s’étaient produits, entraînant la destruction des vitrines et divers dommages, il fut inculpé, avec Jean Atlan, de « bris de clôture » et de « dégradation de monument servant à la décoration publique ». Ayant passé ainsi quinze jours à la prison de la Santé, il fut du même coup exclu de la Jeunesse communiste. Il comparut, le 29 juin 1933, devant la 13e chambre correctionnelle où il fut relaxé.

Lastérade se trouvait à Cassis, le 24 juillet 1933, pour accueillir Léon Trotsky à son arrivée en France et l’accompagner dans son trajet à destination de Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime), via Aix-en-Provence et Montpellier. Il participa pendant quelques semaines à la protection de Trotsky résidant dans la villa « Les Embruns ».

En désaccord avec la Ligue, notamment au sujet de la « Déclaration des quatre » pour une nouvelle Internationale, contresignée avec des formations socialistes de gauche, Lastérade quitta la Ligue avec le groupe juif, en octobre 1933, et participa à la création de l’Union communiste dont il fut le secrétaire en même temps que le gérant de l’organe L’Internationale qui parut à dater du 11 novembre. Il intervint dans le débat sur la nature de l’Union soviétique, écrivant dans l’Internationale : « Staline fait la politique d’une nouvelle classe basée sur l’exploitation des ouvriers. » Il représenta son groupe à un comité pour le congrès de fusion syndicale dont il devint également le secrétaire ainsi qu’à la conférence contre la guerre et l’union sacrée qui se tint à Saint-Denis les 10 et 11 août 1935. Accomplissant son service militaire fin 1936, comme officier de santé, il fournit son témoignage pour la commission d’enquête sur les procès de Moscou, signé Lasté. Reprenant ensuite son action politique jusqu’à l’éclatement de la guerre, son groupe n’eut pas d’activité pendant le conflit et ne se reconstitua pas après la Libération. Lastérade rejoignit avec quelques camarades la fraction française de la Gauche communiste (bordiguiste), en janvier 1946, mais s’en éloigna bientôt ; puis il participa à un regroupement autour de la revue Socialisme ou barbarie. Cette expérience ne lui paraissant pas probante et, absorbé par sa profession de médecin généraliste à Montreuil (Seine-Saint-Denis), il renonça à l’action militante sans se désintéresser des problèmes politiques.

Son épouse Eugénie, née Siegel, quitta également la Ligue communiste pour fonder l’Union communiste en 1933.

Jean Lastérade mourut le 11 juin 1986 à Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article116172, notice LASTERADE de CHAVIGNY Jean, Félix par Jean-Michel Brabant et Louis Bonnel, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Jean-Michel Brabant et Louis Bonnel

SOURCES : La Vérité, mai et juin 1933. — L’Internationale, 11 novembre 1933, 20 septembre 1935, 13 novembre et 18 décembre 1937, 23 juin et 21 décembre 1938, 16 février 1939. — H. Chazé, Chronique de la Révolution espagnole, 1933-1939, Spartacus, 1979. — Léon Trotsky, œuvres, vol. 2 et 3. — Cahiers Léon Trotsky, n° 27, septembre 1986. — État civil Wassy, Paris (XXe arr.)

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