LASSALLE Élysée [LASSALLE Jean-Baptiste, Élysée]

Par Jean Gaumont et Jacques Gans, Henri Manceau et Justinien Raymond

Né et mort à Frénois (Ardennes), 22 novembre 1856-21 avril 1930 ; ouvrier mécanicien ; militant socialiste et coopérateur ; député des Ardennes.

Élysée Lassalle était le fils d’un ouvrier tisseur. Ouvrier mécanicien lui-même à Torcy-Sedan, il appartint dès sa constitution, en juin 1890, à la chambre syndicale du bâtiment affiliée à la Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes : en 1891, il en fut le secrétaire. Il fut aussi conseiller prud’homal de 1888 à 1897. Il entra dans l’action socialiste à l’appel de J.-B. Clément. Très actif, dévoué, ce petit homme « gros et court », bon orateur, très écouté des auditoires populaires, fut un des piliers de la fédération ardennaise du POSR, une des plus fortes organisations allemanistes. Il en représenta trois groupements au premier congrès général des organisations socialistes françaises à Paris, salle Japy (décembre 1899) : la fédération des conseillers municipaux socialistes, le syndicat des ouvriers en tissus, le groupe « l’Avenir », de Daigny ; il portait aussi les trois mandats de la circonscription de Sedan qu’il représentait depuis plus d’un an. Lassalle fut encore délégué au congrès de Lyon (1901) : à son issue, il adhéra, avec sa fédération départementale, au PSF et participa à son congrès de Tours (1902). En avril et octobre 1905, il représenta cette dernière aux congrès nationaux du Parti socialiste SFIO, celui de l’unité à Paris et celui de Chalon-sur-Saône. En 1907, il participa au congrès de Nancy. Aux élections municipales de 1892, il conduisit la liste du POSR à Sedan : il fut élu avec Michel Hilaire. C’est à ce titre qu’il participa du 12 au 15 juillet au 3e congrès national des conseillers municipaux socialistes qui se tint à Paris. Il fut réélu en 1896 avec Gippon et Courtois, toujours sur la liste du POSR.

Aux élections législatives de 1893 — il fut élu cette année-là conseiller municipal de Sedan — Lassalle fit campagne dans l’arr. de Sedan et recueillit 4 800 voix. L’élection législative partielle de 1895 donna à la Fédération des travailleurs socialistes le premier député de son histoire : Lassalle obtint 6 917 voix au premier tour de scrutin et l’emporta au second. En 1898, il enleva ce siège au premier tour par 7 724 voix sur 14 880 votants. En 1902, il obtint 5 630 suffrages et fut réélu au scrutin de ballottage par 8 627 sur 15 489 votants. Il fut réélu au premier tour en 1906 par 7 710 voix sur 15 049 votants. Les relations de Lassalle se tendirent avec la fédération socialiste. Il concluait des ententes locales avec les radicaux, en opposition avec la tactique socialiste ; il était en lutte avec les tendances révolutionnaires du syndicalisme qu’il taxait d’anarchisme ; dans ses votes parlementaires, il faisait souvent cavalier seul ; ainsi, il s’abstint sur le budget de 1909 contre lequel votait l’ensemble du groupe. Aussi, en 1910 et en 1914, la fédération socialiste lui retira la candidature au profit de Philippe, et le siège de Sedan fut perdu. Lassalle ne s’associa pas au combat pour la paix ni à la lutte contre la loi militaire de trois ans aux approches de la guerre de 1914.

Cette dernière le rapprocha de ses anciens camarades. En 1919, désorganisée par les événements, privée de nombreux militants dispersés, ou disparus comme Philippe, la fédération socialiste le plaça au quatrième rang de sa liste de six candidats aux élections législatives. Tous furent battus. Lassalle recueillit 19 847 voix pour une moyenne de liste de 19 886. Sa vie politique était terminée.

Coopérateur, Lassalle avait fondé, en 1895, « l’Économie sedanaise », coopérative de boulangerie qui dura une dizaine d’années.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article116140, notice LASSALLE Élysée [LASSALLE Jean-Baptiste, Élysée] par Jean Gaumont et Jacques Gans, Henri Manceau et Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Jean Gaumont et Jacques Gans, Henri Manceau et Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 13 à 25, passim. — Comptes rendus des congrès cités dans la biographie. — Didier Bigorne (sous la dir. de), Terres ardennaises, n° spécial, n°46 : Visages du mouvement ouvrier, Mars 1994.

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