LARTIGUE Joseph, Étienne, Edmond

Par Yves Lequin, Christian Henrisey

Né le 27 février 1888 à Bayonne (Basses-Pyrénées) ; commis des PTT puis inspecteur ; militant syndicaliste, membre de la Commission exécutive de la CGTU (1922-1923).

Fils de Pierre Lartigue, homme d’équipe aux chemins de fer du Midi, et de Marie, Amélie, Sidonie Dichary, lingère, Joseph Lartigue s’engagea volontairement pour trois ans le 4 avril 1906. Il déclarait alors comme profession étudiant et on lui attribuait la talle de 1m 73. . Ses parents habitaient 25bd Alsace-Lorraine à Bayonne et lui-même Benesse-Maremme. Cassé de son grade de caporal pour négligences de service et absences irrégulières., il fut libéré le 4 avril 1909. Il fut nommé au Havre en 1910 commis aux services télégraphiques mais il est nommé à Paris en août, toujours au télégraphe.
Il se maria le 17 août 1910 à Mont-de-Marsan (Landes) avec Marie Bordenave. Divorcé, il se remaria le 25 juin 1921 à Paris XIe arr. avec Marie, Anna, Célestine Seyzériat, dame employée des postes, née le 9 octobre 1885 à Grand-Corent (Ain), fille d’un cultivateur. Il était alors commis des postes et domicilié à Paris 27 rue des Boulets.
Commis-ambulant à l’administration des PTT à Paris depuis 1910, Joseph Lartigue venait d’être démobilisé (mars 1919) avec le grade de sergent radio-télégraphiste et deux citations à l’ordre de la division quand il fut élu, le 2 novembre 1919, secrétaire adjoint de la Fédération postale de la CGT. Dans les deux années qui suivirent, il contribua à la fois à renouer les liens avec l’administration (qui avaient été rompus le 1er décembre 1919), notamment sur le problème de la représentation paritaire dans les conseils de discipline et les divers comités mixtes, et à reconstituer « l’Internationale des PTT » en représentant la France à ses congrès de Vienne (1920) et Milan (1921).
Nommé 24 rue Bertrand à paris, il fut ensuite ambulant sur la ligne de Lyon puis passa au télégraphe en 1924. Il fut à nouveau commis au PLM en 1928.

Adhérent à la IIe section de l’ARAC, abonné au journal La Vague, il avait été dès 1919 l’un des fondateurs du groupe de la « Fédération communiste des Soviets » dans le IIe arrondissement. Aussi fut-il, à la fin de 1921, l’un des artisans de la scission dans les PTT, et devint-il aussitôt le secrétaire général de la nouvelle « Fédération postale unitaire » avant d’entrer, en juin-juillet 1922, à la première commission exécutive de la CGTU au congrès de Saint-Étienne. À ce double titre, il joua un rôle essentiel dans l’agitation des PTT au cours des mois qui suivirent et, en janvier 1923, il fut arrêté sous l’inculpation d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, puis — sans condamnation ? — le 7 mai suivant.

À Saint-Étienne, pourtant, s’il avait voté avec Gaston Monmousseau l’affiliation à l’Internationale syndicale rouge, tout comme quelques mois plus tard il affirma la nécessité de défendre la Révolution russe, il avait aussi affirmé la nécessité de l’autonomie des syndicats vis-à-vis des partis politiques. Et, en juillet, il déposa une motion en ce sens à la commission exécutive de la CGTU qui ne recueillit que 9 voix contre 17 au texte majoritaire de Pierre Semard. Leader, avec Marie Guillot de la tendance appelée « groupement syndicaliste révolutionnaire », il combattit dans les mois suivants les commissions syndicales créées à l’intérieur du Parti communiste, tout en se défendant d’attaquer celui-ci. Le IIe congrès de la CGTU (Bourges, novembre 1923) l’écarta de sa commission exécutive et, quelques semaines après, il fut désigné comme deuxième secrétaire du bureau provisoire de la « minorité syndicaliste révolutionnaire ». Le 28 avril 1924 enfin, J. Lartigue, qui avait été aussi un moment responsable du Cartel unitaire des services publics, ne fut pas réélu au secrétariat de la Fédération postale. Mais nous n’en connaissons pas la raison.
Il s’investit après 1924 dans une carrière de cadre administratif aux PTT et obtint la Légion d’honneur sous le front populaire

Des source le disent mort le 10 novembre 1938, pourtant des archives militaires le disent réintégré à son domicilie du 27 rue des Boulets le 10 avril 1945.
Son acte de naissance ne possède pas de mention marginale de décès. Sa femme, Hortense, mourut le 6 octobre 1964 à Châtillon-sous-Bagneux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article116097, notice LARTIGUE Joseph, Étienne, Edmond par Yves Lequin, Christian Henrisey, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 1er décembre 2018.

Par Yves Lequin, Christian Henrisey

SOURCES : Arch. Nat. F7/13806. — Arch. Jean Maitron. — La Bataille, 20 janvier 1920. — Le Peuple, 19 juin 1921. — L’Humanité, 4 mai 1922, 15, 27 et 28 avril 1924. — Bulletin communiste, 12 et 19 juillet 1923, 29 novembre 1923. — Compte rendu du IIe congrès de la Fédération nationale des travailleurs des PTT, Paris, 15-18 juin 1921. — Comptes rendus des congrès de la CGTU, 1922 et 1923. — Archives de Jules Humbert-Droz, II Les partis communistes des pays latins et l’Internationale communiste dans les années 1923-1927, Dordrecht-Holland, 1983, p. 591. — État civil de Bayonne, de Paris. — Arch. Dép. Landes, matricule militaire. .

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