LAFORGE Lucien

Par Michel Dixmier

Né et mort à Paris : 10 juillet 1889 - 21 janvier 1952 ; dessinateur et peintre.


Né dans une famille de musiciens et de peintres — son père était premier violon à l’Opéra de Paris et professeur au Conservatoire — Lucien Laforge suivit sans enthousiasme les cours des Beaux-Arts, préférant les scènes de rues, la vie prise sur le vif : gens du cirque, prostituées...

Ses premiers dessins parurent dans les Hommes du Jour en 1910. Il devait ensuite collaborer à de nombreuses publications de gauche mais de façon assez irrégulière, gardant toute sa vie un esprit de révolte, indépendant de tous les mouvements.

De 1914 à 1918, il montra une opinion de plus en plus désabusée sur la guerre, multipliant les dessins ironiques dans les Hommes du Jour, le Canard Enchaîné, le Journal du Peuple, le Populaire (1918).

Lucien Laforge fut, entre les deux guerres, un des rares dessinateurs à avoir su exprimer dans la presse des réalités plus fortes que les événements du jour. Tendresse poétique, puissance politique et artistique des aplats noirs et blancs s’associant dans ses dessins au ricanement du misanthrope : Le Merle Blanc, 1919-1920, l’Humanité, 1920, 1927 à 1929, 1935, Le Libertaire, 1927, Monde, 1928-1929, Regards, 1935, Vendredi, 1935....

Pendant l’Occupation, il refusa tout travail dans la presse. À la Libération, il collabora à Action, à Franc-Tireur. Frappé d’une attaque en décembre 1945, il dessina dès lors très peu et mourut après six ans de maladie.

Lucien Laforge était aussi peintre, illustrateur, écrivain, musicien.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article115303, notice LAFORGE Lucien par Michel Dixmier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 17 septembre 2012.

Par Michel Dixmier

ŒUVRE : Plusieurs livres de dessins, en particulier : Le Film 1914, Éd. Clarté, Paris, 1922. — La Danse macabre, Éd. Librairie Lutetia, Paris, 1922. — Illustration de Rouge-maille vainqueur de Lucien Descaves, Libr. Ollendorff, Paris, 1920.

SOURCE : Interviews de Madame Potier-Laforge.

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