LABIN Édouard dit PRADER Jean

Par Jean-Michel Brabant

Né en 1910, membre des Jeunesses communistes, Édouard Labin dit Jean Prader fut exclu du 1er rayon de Paris, en octobre 1930, en raison de son opposition à la tactique « classe contre classe ». Rejoignant la Ligue communiste, il écrivit dans son organe La Vérité. Il s’opposa à la majorité de la ligue sur la question de l’Opposition unitaire créée autour de la Fédération unitaire de l’enseignement. Actif sur le plan syndical, il soutint la direction fédérale et s’opposa violemment, dans la Seine, à la minorité oppositionnelle révolutionnaire animée par le Parti communiste. En 1933, L’École émancipée publia ses articles sur « le sort du prolétariat en URSS » où il soutenait la thèse du capitalisme d’État. Il défendit cette position au cours du congrès fédéral de Reims tenu du 5 au 7 août.

Dès avril 1933, il se prononça, dans un texte public, contre l’idée d’un possible redressement de l’Internationale communiste. Son nom apparaît dans Le Travailleur de Belfort, organe de la Fédération communiste indépendante de l’Est. Ayant quitté la Ligue communiste en mars 1931, il appartenait au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine* En 1934, il rejoignit la revue Masses de René Lefeuvre et adhéra vraisemblablernent au Parti socialiste SFIO.

En avril 1933, Jean Prader participa à la conférence dite « d’unification » des groupes d’opposition organisée à l’initiative notamment de l’Opposition du XVe rayon. Il fut l’un des signataires, avec Aimé Patri, Jean Rabaut, Robert Petitgand, Albert Treint et Simone Weil, d’une déclaration dans laquelle ils refusaient de considérer l’Union soviétique comme « un État des travailleurs s’acheminant encore vers l’émancipation socialiste » et qualifiaient par contre la IIIe Internationale « d’instrument d’une classe défendant ses propres intérêts ».

En 1937, Prader était secrétaire de la 13e section de la Seine du Parti socialiste SFIO.

Se rapprochant de ce qui devint la Gauche révolutionnaire, il se consacra surtout à l’organisation de la solidarité avec l’Espagne. Auteur d’une brochure parue en 1936, contre l’embargo décidé par la France, Prader participa avec Michel Collinet, Colette Audry et autres, à la constitution, le 1er décembre 1936, du Comité d’action socialiste pour la levée de l’embargo, transformé bientôt en Comité d’action socialiste pour l’Espagne. Animateur de ce Comité il collabora régulièrement à son organe l’Espagne socialiste, créé en avril 1937. L’année suivante, le Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert reçut son adhésion.

Au début de l’Occupation, il participa, en tant qu’ingénieur électricien à une tentative infructueuse de mise en place d’un émetteur clandestin. Il quitta alors Paris pour Lyon, puis se réfugia en Amérique latine.

Revenu en France, il fut écrivain ainsi que sa femme Suzanne Labin*, née Devoyon le 6 mai 1913 à Paris, fille d’un ouvrier nickeleur, licenciés es-science et diplômée de l’École des hautes études sociales et internationales. Elle collaborait à la presse anticommuniste : BEIPI et Est-Ouest.

Il était le beau-frère de Paul Benichou*. Édouard Labin mourut le 5 juillet 1982.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article114870, notice LABIN Édouard dit PRADER Jean par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 9 septembre 2012.

Par Jean-Michel Brabant

ŒUVRE : Contribution à la discussion des principes du mouvement révolutionnaire, Paris, 1933. — Au secours de l’Espagne socialiste, CASPE, 1937.

SOURCES : La Vérité, 24 octobre 1931 et 20 mars 1931. — F. Bernard (et coll.), Le Syndicalisme dans l’Enseignement, Grenoble-Avignon, 1969. — J. Rabaut, Tout est possible !, Paris, 1974. — J.-P. Joubert, A contre-courant : le pivertisme, Thèse de doctorat de sciences politiques, Grenoble, 1972. — R. Hirsch, Le Mouvement trotskyste de 1929 à 1933, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. Témoignage de Pierre Naville. — Le Monde, 9 juillet 1982. — Simone Weil, Écrits historiques et politiques, vol. I, t. 2, Gallimard, 1988. — Arch. Zyromski, dossier Congrès et conseils nationaux, 1937. — Who’s who, 1979-1980.

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