KLEIN Alfred [KLEIN Gracchus, Alfred]

Par Étienne Kagan

Né le 24 mars 1882 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) ; mort le 17 janvier 1957 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; typographe ; militant syndicaliste de Meurthe-et-Moselle CGT puis FO ; résistant.

Fils de Jules Klein tailleur d’habits et de Catherine Braun, Alfred Klein participa à la création en 1904 de l’Imprimerie ouvrière de Nancy (Meurthe-et-Moselle), avec Collongy. Militant antimilitariste en 1906, il fut élu, en décembre de la même année, secrétaire adjoint de l’Union des syndicats de Meurthe-et-Moselle où il représentait le syndicat des jouets de Lunéville. Après l’arrestation de Boudoux au moment de la grève vosgienne de Raon-l’Étape (1907), il dirigea pendant quelques mois le mouvement syndical du département, à l’époque en conflit avec le syndicat du Livre de Nancy, très influencé par Keufer et Liochon. Il collabora au Cri populaire et à La Vie sociale et, après la disparition en février 1908 de ces deux journaux d’inspiration syndicaliste révolutionnaire, il fut le rédacteur de La Voix sociale qui n’eut que quelques numéros. Gérant du Syndicaliste en 1909, il se consacra essentiellement au syndicat du Livre dans les années qui suivirent.

Après la guerre (combattant, il a obtenu la croix de guerre), il continua à jouer un rôle, mais relativement effacé, prenant cependant la parole dans les meetings, en particulier dans ceux du 1er Mai. En 1927, il devint directeur de l’Imprimerie ouvrière de Nancy fondée en 1921 par Eugène Jacquemin. La même année, il se rendit à Moscou pour représenter les ouvriers du département aux fêtes du Xe anniversaire de la Révolution soviétique.

À la mort d’Humbert, il devint gérant du Réveil ouvrier (juin 1935). En octobre de la même année, il fut élu secrétaire adjoint de l’Union départementale et, le 30 mai 1937, secrétaire permanent. Il représenta les syndicats au comité de Rassemblement populaire de Meurthe-et-Moselle, dont il fut le secrétaire.

Résistant, il était membre de Libération-Nord, pour lequel il imprima clandestinement Libération. Il s’occupa également de la protection des prisonniers évadés et des réfractaires du STO. Resté à la tête de l’Imprimerie ouvrière pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut arrêté le 1er juillet 1944, par les Allemands à la recherche de tracts gaullistes, avec la direction et le personnel de l’Imprimerie nancéienne, mais libéré le jour même. Frédéric Dölker* fut, dans la même affaire, déporté.

Après la Libération, il fut secrétaire de l’UD-CGT, président de la commission départementale de reconstitution des syndicats et membre du comité départemental Libération et de la Commission régionale interprofessionnelle d’épuration.
Il a été également conseiller de l’Enseignement technique et président du jury aux examens des CAP de l’imprimerie. Il quitta son poste de secrétaire de l’UD en juin 1946, « pour des raisons d’ordre matériel et moral », précisa-t-il (Le Réveil ouvrier, 22 juin 1946), (voir C. Thouvenin*). En décembre 1947, il se prononça pour Force ouvrière qui le désigna comme son responsable provisoire pour la Meurthe-et-Moselle.

Lors du congrès constitutif de l’Union départementale FO, qui eut lieu en janvier 1948, il fut élu secrétaire général. Il ne resta en fonction que pendant quelques mois et René Peeters, son adjoint et, par ailleurs, membre de la commission exécutive confédérale depuis avril 1948, lui succéda.

Klein avait reçu, au cours de l’année 1949, la Légion d’honneur (grade de chevalier) pour son action dans la Résistance et ses activités syndicales. Marié le 23 avril 1903 avec Thérèse Boin à Saint-Max (Meurthe-et-Moselle), il mourut le 17 janvier 1957 à Nancy.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article114782, notice KLEIN Alfred [KLEIN Gracchus, Alfred] par Étienne Kagan, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 6 novembre 2015.

Par Étienne Kagan

SOURCES : Arch. Nat. F7/13567 et F7/13608, dossier de la Légion d’honneur. — Arch. Dép. Meurthe-et-Moselle, série M (syndicats), 18 W 55 (épuration des entreprises). — État civil de Lunéville. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 1er et 22 janvier 1948, 15 avril 1948. — Renseignements communiqués par l’Institut CGT d’histoire sociale de Lorraine. — Notes de Louis Botella et de Marie-Cécile Bouju.