ARNAUD Émile, François, Marius

Par Jacques Girault

Né le 30 septembre 1872 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 9 octobre 1945 à Toulon (Var) ; avocat ; socialiste ; maire d’Aiguines (Var).

Fils d’un rentier, Émile Arnaud devint avocat. Il se maria en décembre 1898 à Marseille. Installé comme avocat à Paris, habitant rue Richer dans le IXeme arrondissement, veuf, il se remaria en août 1914 dans la mairie du IXe avec la fille d’un chaudronnier-plombier du XVe arrondissement.

Avocat à Toulon, demeurant chemin du Temple, franc-maçon, Émile Arnaud présidait les sections toulonnaises de la Ligue des droits de l’homme etndu Parti radical-socialiste dont il avait sur le plan départemental le secrétariat fédéral. Candidat aux élections municipales de Toulon sur la liste sortante « socialiste et d’union des gauches », il obtint le 5 mai 1929, 5 660 voix sur 25 500 inscrits et 7 388 voix au deuxième tour ; la liste fut battue.

Après le vote de la confiance au gouvernement Doumergue, le 25 février 1934, il donna sa démission du Parti radical-socialiste et adhéra au Parti socialiste de France dont il devint membre du comité fédéral. Le congrès de la Ligue des droits de l’Homme, en avril 1935, le désigna comme conseiller juridique.

Émile Arnaud possédait une propriété à Aiguines (Var). Appuyé par les socialistes SFIO qui voulaient battre le maire-conseiller général Joseph Chauvin, sur la liste d’« Union républicaine » aux élections municipales du 5 mai 1935, élu conseiller municipal avec 52 voix sur 108 inscrits, il devint maire.

Soutenu par la SFIO, Arnaud, candidat au conseil général dans le canton d’Aups, le 10 octobre 1937, obtint 60 voix sur 771 inscrits. Après une dénonciation du 3 juillet 1941, interrogé pour « propagande antinationale » le 19 juillet, il reconnut avoir écouté Radio-Londres et Radio-Moscou. Un simple procès-verbal s’en suivit. Sa révocation de maire avait été demandée dès le 9 juillet par le commandant de la XVe région militaire et fut appliquée par arrêté préfectoral du 10 août 1941 pour avoir « fait preuve d’hostilité manifeste à l’œuvre de Rénovation nationale ». Apprenant cette révocation par la presse, dans sa lettre au préfet, il indiquait qu’à la suite de « la révocation dont j’ai eu l’honneur d’être l’objet », il donnait sa démission du conseil municipal. Le 15 octobre 1941, il était relaxé par le Tribunal correctionnel de Draguignan pour « audition d’émission antinationale ».

Membre de la SFIO, Émile Arnaud présida la délégation municipale d’Aiguines à partir du 4 mars 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article114726, notice ARNAUD Émile, François, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 6 juin 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 3 52, 5 29 3 ; 2 M 7 32 3, 35 1, 4 ; 18 M 86. — Presse locale. — Sources orales.

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