JULLIEN Antoine

Par Claude Pennetier

Né le 23 novembre 1875 à Francheville (Rhône), mort le 8 avril 1950 à Paris (Xe arr.) ; ajusteur puis commerçant ; dirigeant socialiste puis communiste d’Épinay-sur-Seine (Seine) ; maire adjoint ; maire provisoire à la Libération.

Fils d’un blanchisseur et d’une blanchisseuse, Antoine Jullien fut ajusteur puis artisan-commerçant (commerce de graines pour jardins). Secrétaire du groupe socialiste d’Épinay-sur-Seine (dit aussi « groupe d’études sociales ») en 1909 et 1910, il se confond peut-être avec « Julien », membre de la première commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine au lendemain de l’unité de 1905. Aux élections municipales de novembre 1919, les électeurs le placèrent en sixième position de la liste, derrière Jean Bristhuille* et Victor Félix*.

Militant du Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920), il fut l’animateur et l’un des trois élus de la liste du Bloc ouvrier paysan aux élections municipales de mai 1925 (1 067 voix sur 2 199 votants et 2 669 inscrits). Voir Jules Périnne*.

Candidat sans succès en 1929, sur la liste communiste de Joanny Berlioz*, il eut cependant la satisfaction d’obtenir le meilleur score après la tête de liste (au second tour), 1 114 voix sur 3 282 inscrits et 2 787 votants). Il en fut de même le 12 mai 1935 qui permit son élection et sa désignation à la fonction de troisième adjoint. Il était alors « rentier » mais le Parti communiste lui attribuait son ancien métier d’ajusteur. Délégué suppléant aux élections sénatoriales du 20 octobre 1935, il était le premier délégué à celles du 10 avril 1938. Le réactionnaire Journal de Saint-Denis en faisait une de ses cibles favorites. Ainsi, le 9 novembre 1935, à l’occasion d’un compte rendu de mandat des élus municipaux, se moqua-t-il de « l’exposé truculent et lamentable du camarade-propriétaire Jullien ».

Le conseil de préfecture le déchut de son mandat en février 1940, pour appartenance au Parti communiste. Jullien vivait alors à Craponne (Rhône) et resta en province pendant la guerre. À la Libération, en l’absence de Berlioz, encore en Algérie, c’est lui qui prit la présidence de la délégation spéciale (conseil municipal provisoire) qui ne comprenait que quatre anciens conseillers municipaux communistes (arrêté préfectoral du 26 septembre 1944). Il semble qu’André Gourdonneau* lui succéda rapidement. Jullien fut réélu conseiller communiste le 29 avril 1945 (19e sur 27) et resta adjoint. Son absence de la liste communiste aux élections de 1947 peut surprendre. Selon des renseignements recueillis par Roger Beaunez, il avait eu des contacts discrets avec le Parti socialiste qui lui aurait promis la place de maire. Sa décision de vendre ses actions de la coopérative l’Avenir des Beatus, à une autre société, contribua à priver le Parti communiste de la salle qui lui était allouée.

Il habitait toujours Épinay lorsqu’il mourut le 8 avril 1950 à l’hôpital de Lariboisière (Paris Xe arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article114602, notice JULLIEN Antoine par Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 8 octobre 2012.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versements 10 451/76/1 et 10 441/64/2 N° 23 ; listes électorales et nominatives. — Le Courrier socialiste, 8 mai 1909, 19 juin 1909, 12 février 1910 et 9 mai 1925. — Journal de Saint-Denis, 9 novembre 1935. — État civil de Francheville et de Paris Xe arr. — Renseignements recueillis par Roger Beaunez, Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule.

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