FOULON Maurice, Eugène

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 16 septembre 1886 à Pantin (Seine), mort le 22 février 1968 à Paris (IVe arr.) ; instituteur ; syndicaliste, socialiste puis socialiste indépendant ; maire adjoint d’Aubervilliers ; conseiller général de la Seine ; député de la Seine (1928-1936) ; sous-secrétaire d’État au Travail et à la Prévoyance sociale de janvier 1931 à février 1932 ; sous-secrétaire d’État à l’Intérieur de février à mai 1932.

Fils d’un corroyeur et d’une journalière, Maurice Foulon fréquenta l’école communale de Pantin puis un cours complémentaire de Paris qu’il dut quitter à l’âge de treize ans, pour travailler. C’est donc seul qu’il passa son Brevet élémentaire, son Brevet supérieur puis son CAP d’instituteur. Nommé le 1er mai 1905, il fut suppléant puis titulaire à Montreuil, Paris (XVIIIe arr.), Bobigny et Pantin en 1910. Membre de la section socialiste locale, il fut un des dirigeants de l’Université populaire de Pantin. L’armée le mobilisa au 36e RI du 1er juin 1915 au 23 mars 1919 et lui décerna la Croix de guerre.

Secrétaire adjoint du syndicat des instituteurs de la Seine en 1907, Maurice Foulon fut puni de la censure le 19 octobre 1912, pour avoir signé le manifeste des instituteurs syndicalistes du 16 septembre 1912. Le ministre fit déférer devant la justice les dirigeants syndicaux qui refusaient la dissolution de leur organisation. Foulon, défendu par Maître Pierre Laval, reçut une condamnation en correctionnelle puis en appel mais un vote de la Chambre suspendit l’action judiciaire. Il restait membre du conseil fédéral élu le 3 octobre 1912.
Pendant la guerre, Foulon resta en contact avec la Fédération de l’enseignement. Si l’on en croit une lettre qu’il écrivit le 24 janvier 1916, ses sympathies allaient à l’instituteur internationaliste Fernand Loriot : « Lapierre était au congrès socialiste et loue le courage de Loriot. Quoique Lapierre m’ait écrit que les résultats obtenus dépassaient les apparences, je persiste à croire que nous n’avons autre chose à faire que d’amasser de solides provisions de coups de pieds dans le... dos, pour les distribuer au retour à d’innombrables « qui de droit » » (Le Syndicalisme dans l’enseignement, t. 2, p. 27). Dès sa démobilisation, le conseil fédéral le coopta et le nomma secrétaire adjoint pour seconder Hélène Brion. En fait, celle-ci lui laissa la direction effective de la Fédération de l’enseignement et, bientôt, le titre de secrétaire fédéral. C’est donc Foulon qui prépara le congrès fédéral de Tours (7 au 10 août 1919), où il présenta le rapport moral, mais, en désaccord avec l’hostilité du congrès aux Amicales, il refusa d’aider la nouvelle direction fédérale. Cependant Foulon restait lié à l’aile gauche de la Fédération, puisqu’il signa un appel en faveur des Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR) publié par l’École Émancipée du 6 décembre 1919. La justice le poursuivit comme dirigeant syndical, pour infraction à la loi de 1884 sur les syndicats professionnels qui ne donnait pas le droit syndical aux fonctionnaires.

Installé à Aubervilliers en 1920, Foulon entra aussitôt au secrétariat de la section socialiste. On ignore quelle fut son attitude au moment de la scission de Tours (décembre 1920). La biographie, publiée par les services du conseil général de la Seine en 1926, précise seulement qu’il « abandonna le secrétariat de cette dernière au moment de l’adhésion à Moscou. Il appartient depuis à l’Union des Travailleurs socialistes d’Aubervilliers dont il est un des militants les plus actifs » (Le conseil municipal : nos édiles, op. cit.). Pour les élections municipales partielles des 25 février et 4 mars 1923, le maire socialiste SFIO sortant Michel Georgen forma une liste avec le socialiste indépendant Pierre Laval, sur laquelle figura Foulon. Élu conseiller municipal, il devint le principal collaborateur du maire Pierre Laval. Dès lors et jusqu’en 1939, sa carrière suivit celle de cet homme politique. Maire adjoint de mai 1925 à la guerre, conseiller général de la 1re circonscription d’Aubervilliers de 1925 à 1929, Foulon échoua aux élections législatives de 1924 sur une liste du Cartel des Gauches mais entra à la Chambre lors des élections d’avril 1928, conserva son mandat en mai 1932 mais le perdit le 26 avril 1936 au profit du communiste Charles Tillon. Lorsque Pierre Laval forma son premier cabinet le 27 janvier 1931, il lui confia le sous-secrétaire d’État au Travail et à la Prévoyance sociale et le maintint dans ces fonctions dans ses deuxième et troisième cabinets, jusqu’à sa chute en février 1932. Son successeur Tardieu le chargea du sous-secrétariat d’État à l’Intérieur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article113814, notice FOULON Maurice, Eugène par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 16 octobre 2018.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

ŒUVRE : Maurice Foulon est l’auteur de plusieurs travaux historiques : un ouvrage sur Pantin publié par le conseil municipal de cette ville vers 1925 ; Eugène Varlin, Clermont-Ferrand, 1934, 246 p., Fernand Pelloutier, La Ruche ouvrière, Paris, 1967, 190 p.

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3. — Le conseil municipal : nos édiles, op. cit., 1926. — Dictionnaire des parlementaires français, t. 5, Paris, 1968. — Témoignage de sa femme, 7 octobre 1971. — État civil de Pantin.

ICONOGRAPHIE : Le conseil municipal : nos édiles, op. cit., 1926.

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