FOUGÈRE Marcel, Armand

Par Alain Dalançon

Né le 11 juillet 1904 à Coulonges-sur-l’Autize (Deux-Sèvres), mort le 24 mars 1984 aux Sables d’Olonne (Vendée) ; instituteur ; militant du Syndicat des membres de l’enseignement laïc de la Fédération unitaire des Deux-Sèvres puis du SNI ; militant communiste.

Marcel Fougère en 1938
Marcel Fougère en 1938
(coll. familiale)

Fils de Pierre, Armand Fougère, facteur, et de Louise Couindeau, sans profession, Marcel Fougère fut élève maître à l’École normale d’instituteurs des Deux-Sèvres à Parthenay, de 1920 à 1923. Du 10 novembre 1924 au 29 avril 1925, il effectua au 31e Régiment d’infanterie son service militaire qu’il termina comme caporal-infirmier.

Après plusieurs postes, il fut nommé instituteur en 1928 dans le nord du département, à Sainte-Gemme, avec sa femme, institutrice, Germaine Poirier, qu’il venait d’épouser en avril 1928 dans la commune proche de Mauzé-Thouarsais ; ils eurent deux fils, Jean-Michel et Claude, qui devinrent directeur des Domaines en Vendée et professeur agrégé d’anglais au lycée Paul-Louis Courier à Tours.

Marcel Fougère adhéra au Parti communiste en 1926. Il militait au Syndicat des membres de l’enseignement laïc de la Fédération unitaire CGT-U des Deux-Sèvres, et était à la fin des années 1920 le secrétaire à la propagande du Comité central des groupes de jeunes instituteurs, avant Jean Lauroua qui lui succéda en 1930.

Pour le syndicat unitaire, il convoqua avec Maurice Olivier pour le syndicat national, l’Assemblée générale de fusion entre les deux syndicats le 9 décembre 1934, et fit partie en 1935-1936 du conseil syndical du Syndicat national des institutrices et instituteurs fusionné, dont Maurice Olivier devint le secrétaire général et son camarade Jean Lauroua le secrétaire adjoint. Il joua un rôle important pour faire décider la souveraineté des AG. Il était aussi un des pionniers du Mouvement Freinet dans le département (imprimerie à l’école, journal, coopérative scolaire). avec William Pelaud.

Marcel et Germaine Fougère participèrent à la grève du 30 novembre 1938 décidée par la CGT pour protester contre la politique économique et sociale du gouvernement Daladier. Selon Raoul Betin, devant la menace de révocation, il n’y eut que sept grévistes dans les écoles primaires des Deux-Sèvres. Avec les premières élections sur listes du conseil syndical à partir de 1938, il n’y fut pas élu mais continua à écrire des articles dans le bulletin départemental.

Mobilisé le 2 septembre 1939 au 403e Régiment de Pionniers comme caporal-infirmier, Marcel Fougère fut fait prisonnier à Épinal le 19 juin 1940, envoyé au Stalag IIIA à Luckenwalde (Brandebourg), d’où il fut rapatrié sanitaire, le 4 août 1941.

Au début de l’année 1942, les Renseignements généraux établirent une liste de 304 militants communistes en Deux-Sèvres sur laquelle il figurait, ainsi que William Pelaud. Le maire de Sainte-Gemme, Mr Primault, le nomma cependant secrétaire de mairie de la commune, malgré une mise en garde de la police allemande.

Marcel et Germaine Fougère exercèrent à Sainte-Gemme jusqu’à la fin de la guerre, puis ils obtinrent leur mutation en 1945 à Saint-Jacques de Thouars, un village de 400 habitants séparé de la « vieille ville » de Thouars par la rivière du Thouet. Ils succédaient à Mr et Mme Baudet, l’ancien instituteur, William Pelaud, ayant été déplacé d’office par le régime de Vichy.

Ils animaient une coopérative scolaire, une amicale d’anciens élèves de l’école laïque très active qui organisait des spectacles de théâtre et un voyage annuel où se retrouvait toute la population jeune du village. Ils étaient très respectés à Saint-Jacques, d’autant qu’ils étaient reconnus comme d’excellents instituteurs, au point que le principal du collège de Thouars et son adjoint envoyaient leurs enfants dans leur école.

Marcel Fougère fit à nouveau partie du Conseil syndical du SNI en 1945-1946 mais ne fut pas élu en 1947. Après 1948, sa double affiliation et celle de son épouse au SNI et à la FEN-CGT jusqu’en 1954, et leur engagement politique connu au Parti communiste français les handicapèrent dans leur progression de carrière : Marcel Fougère ne put obtenir une direction d’école vacante dans la commune de Saint-Florent intégrée en 1969 dans celle de Niort.

Le couple prit sa retraite en 1959 et se retira dans la maison qu’il avait achetée aux Sables-d’Olonne, où Marcel Fougère milita activement à l’Union des Vieux de France, des pensionnés de Sécurité Sociale économiquement faibles et rentiers viagers comme président départemental, et son épouse à l’Union des femmes françaises. Devenu veuf en 1975, il continua de militer à l’UVF, devenue en 1980 Union nationale des retraités et personnes âgées, et au PCF jusqu’à sa mort en 1984.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article113781, notice FOUGÈRE Marcel, Armand par Alain Dalançon, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 28 février 2019.

Par Alain Dalançon

Marcel Fougère en 1938
Marcel Fougère en 1938
(coll. familiale)
voyage de l’amicale de St-Jacques en 1953
voyage de l’amicale de St-Jacques en 1953
Marcel Fougère au centre, son épouse Germaine à gauche (coll. de l’auteur)
Marcel Fougère en 1974
Marcel Fougère en 1974
(coll. familiale)

SOURCES : Arch. privées F. Alziary. — État-civil de Coulonges-sur-l’Autize en ligne sur le site des Arch. Départ. des Deux-Sèvres. — L’Emancipation et la voix des Jeunes, bulletin mensuel des syndicats de l’enseignement laïc de Loire-Inférieure, de Vendée et des Deux-Sèvres. — www.icem-freinet.net/~archives/divers/pionniers.htm‎. — Renseignements fournis par Jean Lauroua et par la mairie de Sainte-Gemme .— Renseignements fournis par ses fils Jean-Michel et Claude. — Témoignage de l’auteur qui fut élève du couple de 1947 à 1954.

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