Né et mort à Paris : 20 juin 1903-1er janvier 1961. Libraire. Éditeur. Secrétaire général du théâtre de l’Atelier.

Le père de Jean Flory était originaire d’Auvergne, et sa mère du Gâtinais. À dix-neuf ans, en 1922, Flory suivit les cours organisés au Théâtre du Vieux Colombier sous la direction de Jules Romains*, et il établit un document descriptif et historique de la Compagnie. En 1923, il apporta son aide, pour les cours de diction et d’art théâtral, au « Tréteau de Tabarin », troupe dramatique du mouvement « Jeune Paris » qui publiait un organe mensuel dont Flory était le gérant. En 1924, effectuant son service militaire au 158e RI à Strasbourg, il fut régisseur de la troupe d’amateurs du Foyer Jeanne-d’Arc. De retour à Paris, il entra comme employé à la « Librairie générale », 140, bd Saint-Germain, contrôlée par les Éditions Bossard, en devint codirecteur, puis, en 1936, directeur-gérant. Associé à Christian Seignol, il orienta la vente vers le régionalisme, et la librairie devint la « Librairie régionaliste ». À son métier de libraire, Jean Flory ajouta alors celui d’éditeur, publia, entre autres, L’Ennemi de la mort d’Eugène Le Roy, et des œuvres de son ami Élie Faure*. En 1940, sa fille, âgée de quatorze ans, fut tuée dans un bombardement. En 1941, il accepta de devenir administrateur provisoire, avec Henry Jamet, des Éditions Calmann-Lévy, qui prirent le nom d’« Éditions Balzac ». Pendant dix-huit mois, Flory rusant avec les « consignes », les « directives », cantonna son programme dans des réimpressions. Prié d’insérer au catalogue des titres d’ouvrages « grands allemands », il s’aida pour sa démonstration d’indisponibilité de l’autorité technique de son ami Henri Jonquières... Quand la pression devint trop forte, les Éditions Balzac se retranchèrent derrière le chantier monumental d’un Balzac complet... En mars 1943, Flory fut arrêté par la Gestapo, incarcéré à Fresnes. Au bout de quarante jours, il fut relâché grâce aux démarches de ses amis, dont Henry Poulaille*, et retourna à sa librairie. C’est à cette époque, quatre ans après la mort de sa fille, qu’il eut la douleur de perdre son plus jeune fils, décédé à la suite d’une opération. En 1945, la librairie fut vendue. Flory créa « Pro Libro — la Propagande par le livre » et s’installa dans les locaux qu’il avait loués dans l’arrière-cour du 13, rue de Buci, « maintenant le contact avec une clientèle d’amateurs, d’enseignants, de terriens jardiniers, éleveurs ou apiculteurs ». Il fut chargé de la critique dramatique dans le quotidien Libé-Soir, et André Barsacq lui confia le poste de secrétaire général du Théâtre de l’Atelier, qu’il occupera pendant quinze ans. Dans une plaquette d’une soixantaine de pages, quelques-uns de ceux qui furent ses amis ont évoqué leurs souvenirs sur le travailleur et l’homme qu’était Jean Flory, mort prématurément à l’âge de cinquante-huit ans ; parmi eux, Charles Vildrac*.
Il était marié et père de trois enfants.

SOURCE : Jean Flory, 1903-1961. Édité par ses amis à la mémoire de Jean Flory, Presses de Joseph Zichieri, Paris, 1962.

Jean Prugnot

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