FARINET Émile, Alfred

Par Justinien Raymond, compléments Claude Pennetier

Né le 8 juin 1887 à Levallois-Perret (Seine), mort le 28 avril 1937 à Malakoff (Seine) ; ouvrier monteur aux PTT ; militant syndicaliste et socialiste de la Seine ; conseiller municipal de Malakoff.

Militant socialiste depuis 1902, Émile Farinet, syndiqué à la Fédération postale était, à vingt-six ans, membre de la CA de la CGT et fut, un temps, secrétaire adjoint de la Fédération postale. Il a été surtout un des militants en vue de la Fédération SFIO de la Seine entre les deux guerres mondiales.
Émile Farinet parut aux quatre congrès nationaux du Parti socialiste SFIO d’avant la guerre : pour le Gard à Saint-Quentin (1911) et pour la Seine à Lyon, Brest et Asnières.
Pendant la guerre, il avait été « minoritaire » et membre de la Commission de contrôle de la SFIO (1912-1916). Il siégea à la commission de la presse en 1920. Ouvrier-monteur aux PTT, il milita dans le XIVe arr. et dans le secteur Vanves-Malakoff où l’action de la SFIO se heurtait, depuis la scission de 1920, à une forte emprise communiste. Mais il connaissait bien ce milieu dont il était issu et il fut conseiller municipal de Malakoff de 1925 à 1929 dans la municipalité de Léon Piginnier.
Il se rangeait dans la tendance de gauche de son Parti, celle de la « Bataille socialiste » aux côtés de Jean Zyromski et de Marceau Pivert mais il s’en séparait parfois, était plus résolument méfiant à l’égard du PC que le premier et foncièrement hostile au second quand il organisait la « Gauche Révolutionnaire ». Il combattit toujours l’idée de la participation socialiste à un gouvernement bourgeois et tout ce qui avait l’apparence d’une compromission. Au congrès national de Lyon, avril 1927, il dénia à Paul-Boncour le droit de rapporter le projet de loi sur l’organisation de la nation en temps de guerre. Soucieux de l’autonomie de la SFIO, il était aussi partisan de l’unité d’action, devant le péril, avec le PC. Il appartint à la délégation qui, dans la nuit du 6 au 7 février 1934, se rendit auprès des dirigeants communistes pour une entrevue d’où devait naître le « Comité de liaison de la Région parisienne ».

Émile Farinet appartint longtemps à la Commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine et il en fut le secrétaire adjoint en 1927-1928. Il devint, en 1929-1931, secrétaire adjoint à la propagande et, en juillet 1931, secrétaire général. Familier des congrès nationaux du Parti socialiste dès 1911, il fut porté à la CAP de 1928 à 1931 (motion Lagorgette), 1932 (suppléant, motion du Nord), 1933-1936, où il ne figura pas parmi les élus de la « Bataille socialiste » mais avec les signataires d’une motion dite du Nord. En juillet-août 1931, à Vienne (Autriche), Farinet, au titre de représentant des Fédérations, figura dans la délégation française au congrès de l’Internationale ouvrière socialiste (IOS). De 1924 à 1936, il appartint au conseil d’administration du Populaire.

À quatre reprises, Émile Farinet fut le candidat du Parti socialiste aux élections législatives. En 1919 et 1924, au scrutin de liste dans la 3e circonscription de la Seine où il échoua et dans la 9e circonscription de Sceaux (Vanves) où deux fois, il se retira, en vain, en faveur du candidat du PC, Léon Piginnier. En 1928 et en 1932, Farinet obtint 2 909 et 4 138 voix sur 23 074 et 27 833 votants. Farinet fut présenté en 1936 par la Fédération socialiste de Seine-et-Marne, dans la 2e circonscription de Meaux où il recueillit 2 117 voix sur 12 547 inscrits et se désista pour le radical F. de Tessan qui fut élu.
Ses obsèques à Malakoff, le 1er Mai 1937, furent l’occasion d’une grande mobilisation : défilé, drapeaux, discours. La municipalité communiste de Léon Piginnier s’associa pleinement à ces hommages et la presse communiste locale en rendit compte. Côté socialiste étaient présents : Léon Blum, Marx Dormoy, Paul Faure, Jean-Baptiste Séverac. Jean Alessandri prit la parole ainsi que Alexandre Bracke et le maire de Malakoff Léon Piginnier qui rappela que Farinet fut un des signataires du pacte d’unité d’action.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article112665, notice FARINET Émile, Alfred par Justinien Raymond, compléments Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 28 janvier 2019.

Par Justinien Raymond, compléments Claude Pennetier

L’Aube nouvelle, 8 mai 1937.

SOURCES : Arch. Dép. Paris (ex. Seine), DM3. — Comptes rendus des congrès nationaux du PS — Archives Zyromski. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Les Cahiers d’Information du militant, n° 16, mai 1932. — G. Lachapelle, Les Élections législatives de 1919, 1924, 1928, 1932 et 1936. — Le congrès de Tours, édition critique, op. cit. — Compte rendu du XIVe congrès PTT (CGT) Paris, 21-23 mai 1928. — Frank Georgi, La Première « Bataille socialiste ». Histoire et portrait d’une tendance dans le Parti socialiste, 1927-1935, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1983. — L’Aube nouvelle, 8 mai 1937.

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