FALNOT Alexis

Par Charles Sowerwine

Né à Villars-les-Dombes (Ain) le 2 août 1885, mort le 9 janvier 1977 à Oyonnax (Ain). Conducteur-typographe ; militant communiste de l’Ain ; conseiller municipal d’Oyonnax ; conseiller d’arrondissement.

Alexis Falnot fut, avec Candor Jean-Marie dit Arthur* , le plus fidèle soutien de Nicod René* , qui fit d’Oyonnax un fief et un quartier général pour le communisme dans toute la région de l’Ain et du Jura. Falnot était le fils d’un modeste fonctionnaire des Postes. À quatorze ans, il fit un essai comme clerc de notaire, mais, ayant perdu son père et sa mère, qui lui laissaient un jeune frère, il devint conducteur-typographe à Bourg-en-Bresse (Ain). Il s’inscrivit au syndicat du Livre en 1904 et à la SFIO de l’Ain en 1910.

Il semble que, entre 1910 et 1918, il se déplaça à Oyonnax pour travailler dans le journal socialiste L’Éclaireur de l’Ain. En 1918, le Parti socialiste le nomma délégué à la direction de L’Éclaireur. Dès la fin de la guerre (et sans doute avant), Falnot fut membre du comité administratif fédéral de la SFIO de l’Ain et trésorier fédéral. En l’absence de Nicod, élu député SFIO en novembre 1919, Falnot se chargea aussi du secrétariat de la Fédération. Pendant l’année 1920, devant la scission, Falnot suivit Nicod et, comme Candor, émit parfois ses propres idées. Par exemple, dans un article de L’Éclaireur du 3 octobre 1920, il préconisa « l’unité et le sang-froid » dans des termes voisins de ceux de Nicod. À la suite de la scission de Tours, Falnot écrivit un article (L’Éclaireur du 9 janvier 1921) avec ce titre révélateur, « Vive l’Unité quand même ! »

Mais l’unité socialiste étant en fait brisée, Falnot dut choisir et, comme Candor, il suivit Nicod au PC après un mois d’hésitation. Le 10 février 1921, le nouveau comité administratif fédéral SFIC se réunit : Falnot en fit partie. Mais, bien qu’il restât délégué à la direction de L’Éclaireur, il refusa les postes de secrétaire et trésorier fédéraux. Ces places furent prises par Jarnet Paul* et Nicollet Alexandre*. Mais Jarnet ne resta secrétaire fédéral que pendant une année. En janvier 1922, il fut encore remplacé par Falnot. C’est lui qui représenta l’Ain à la conférence des secrétaires fédéraux, le 22 janvier 1922. Il s’abstint dans le vote sur le Front unique (L’Humanité, 23 janvier 1922). Un peu plus tard, au congrès fédéral du 14 janvier 1923, Falnot, « fatigué », demanda encore une fois à être déchargé de ses devoirs : depuis novembre 1922, il était aussi gérant de L’Éclaireur (il le resta jusqu’à la guerre). On renomma Jarnet secrétaire fédéral et Falnot devint secrétaire fédéral administratif. Par la suite, le déclin du PC et les changements dans sa structure le déchargèrent d’une partie de ses tâches, d’autant que Nicod, ayant perdu son siège de député aux élections de 1924, put reprendre directement en main la Fédération. Mais Falnot resta secrétaire du groupe communiste (plus tard la cellule) d’Oyonnax, ainsi que du « rayon » d’Oyonnax formé dans la période « classe contre classe », jusqu’à la guerre, à part quelques interruptions.

Falnot fut délégué de l’Ain aux conseils nationaux du PCF en 1923 et 1924. Mais il n’eut pas autant de succès sur le plan électoral qu’à l’intérieur du parti. Candidat au conseil municipal sur la liste du maire révoqué Nicod en 1923 (Voir Nicod René* et Candor Jean-Marie dit Arthur*), Falnot fut (avec Degottex Étienne* Voir ce nom) un des deux candidats à être mis en ballottage avant d’être élu. Néanmoins, Falnot garda son siège de conseiller municipal jusqu’à la guerre. Il s’y montrait toujours le soutien fidèle de Nicod, comme par exemple dans l’affaire de l’hôpital, où Degottex et lui, délégués au conseil de l’hôpital d’Oyonnax par le conseil municipal, démissionnèrent quand la majorité bloqua le projet de laïcisation qu’avait adopté le conseil municipal pour l’hôpital, en 1936.

Falnot fut (avec Tavernier Eugène* Voir ce nom) candidat du PC pour le siège de conseiller d’arrondissement du canton d’Oyonnax aux élections cantonales du 19 juillet 1925. Sur 2 320 suffrages exprimés, les candidats communistes recueillirent 1 056 (Falnot) et 1 042 voix (Tavernier) contre 450 et 574 pour les candidats du Bloc des gauches et 779 et 781 pour ceux du Bloc national. Grâce au désistement des candidats du Bloc des gauches, Falnot et Tavernier furent élus au deuxième tour avec 1 311 (Falnot) et 1 303 voix (Tavernier) contre 1 233 et 1 228 pour les candidats du Bloc national. Falnot garda son siège de conseiller d’arrondissement jusqu’aux élections cantonales du 18 octobre 1931, où il fut battu par le radical Prost, maire de Martignat (Ain). Mais Prost fut condamné pour trafic d’influence en 1936 et, dans une élection partielle, Falnot reconquit son siège : le seul candidat d’opposition fut Dessertine Gustave* , du PS, qui ne recueillit que 536 voix contre 1 459 pour Falnot. Falnot et Berrodier Raymond* l’autre candidat du PC furent réélus aux élections cantonales des 10 et 17 octobre 1937, grâce aux désistements des candidats socialistes, Cagnin Jean* et Dessertine Gustave*.

Falnot fut trois fois candidat malheureux à la députation. En 1932, il fut candidat dans la circonscription de Gex-Nantua et recueillit 1 984 voix contre 10 481 pour Paul Painlevé, ancien président du Conseil et ministre de la Guerre, qui avait trouvé un siège sûr dans l’Ain en 1928. Painlevé fut élu au premier tour. Mais il mourut à la fin de 1933. Aux élections complémentaires des 14 et 21 janvier 1934, Falnot groupa 2 049 voix au premier tour, devançant le socialiste SFIO. Pinard Marius* , qui se désista au deuxième tour. Mais un radical et un radical-socialiste avaient tous les deux devancé Falnot et se maintinrent au deuxième tour comme Falnot, qui suivait la tactique « classe contre classe ». Ce furent les radicaux qui recueillirent les voix de Pinard ; Falnot en perdit, n’en retrouvant que 1 683 au deuxième tour et le candidat de la droite l’emporta. Aux élections législatives de 1936, Falnot fut candidat du PC dans la circonscription de Belley, où il recueillit 1 565 voix sur 16 885 suffrages exprimés. Devancé par le candidat socialiste SFIO. Quinson Aimé* , il se désista en sa faveur, suivant les accords du Front populaire, et Quinson fut élu.

Chez Falnot, l’activité électorale ne fut jamais aussi importante que l’activité militante. Dans ce domaine il fut d’une énergie exemplaire, surtout dans son rôle de gérant de L’Éclaireur de l’Ain. En 1925, par exemple, Falnot y mena une vigoureuse campagne contre la guerre au Maroc (avec Nicod il participa à de nombreuses manifestations) et critiqua férocement la politique économique du gouvernement. Lorsque des articles de L’Éclaireur suggérèrent que les Bons du Trésor n’étaient pas des investissements sûrs (6 septembre 1925), Falnot fut inculpé pour « atteinte au crédit de l’État » et, le 5 novembre, condamné à 200 francs d’amende.

Falnot avait été délégué du conseil municipal d’Oyonnax au congrès d’Amsterdam de 1932, où commença le rassemblement antifasciste qui préfigura le Front populaire. Il se donna entièrement à la lutte antifasciste et, en janvier 1936, fut assigné en correctionnelle par les Croix de Feu de Bellegarde-sur-Valserine (Ain) pour avoir publié leurs noms et adresses dans L’Éclaireur. Lors des conférences régionales des 4 et 5 décembre 1937 et des 10 et 11 novembre 1938, il fut élu et réélu membre du comité régional communiste qui rayonnait sur le Rhône, l’Isère et la partie sud de l’Ain.

Falnot poursuivit son activité jusqu’à la guerre. En avril 1939, le siège de la Fédération de l’Ain du PC, qui avait été transféré d’Oyonnax à Bourg-en-Bresse pendant la croissance euphorique du Front populaire, fut ramené à Oyonnax, ville fidèle qui convenait mieux à une époque difficile. À cette occasion, Falnot redevint secrétaire fédéral. Nous savons qu’il resta entièrement fidèle à Nicod qui, lui, récusa le traité germano-soviétique. Il a dû ainsi se placer hors du PC. Il resta néanmoins au conseil d’administration de la coopérative « L’Aurore Sociale » d’Oyonnax qu’avait fondée Nicod, jusqu’à ce que, fin 1947, lui et Nicod en furent chassés par le PC. Cette défaite, et la mort de Nicod qui la suivit de près, terminèrent la carrière militante de Falnot.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article112603, notice FALNOT Alexis par Charles Sowerwine, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 3 janvier 2012.

Par Charles Sowerwine

SOURCES : Arch. Nat. F7/12970, rapport du 11 décembre 1923, F7/13130, rapport du 8 décembre 1930 et de septembre-octobre 1932, F7/13124, rapport du 28 août 1931. — La Voix du Peuple, hebdomadaire régional du PC, avril 1935, novembre 1936, décembre 1937, novembre 1938. — G. Lachapelle, Les Élections législatives, op. cit. — L’Éclaireur de l’Ain, 9 février, 20 avril 1919, 21 mars 1920, 13 février 1921, 15, 29 janvier 1922, 21 janvier, 4, 25 février, 4 mars, 21 octobre, 25 novembre 1923, 9 mars, 15 juin 1924, 3, 10 mai, 6, 27 septembre, 18 octobre, 8 novembre 1925, 5, 12 mai 1929, 20 juillet 1930, 20 septembre, 18 octobre 1931, 8 mai, 28 août 1932, 21, 28 janvier 1934, 12 mai 1935, 26 janvier, 29 mars, 30 août, 15, 29 novembre 1936, 30 avril 1939, 13 décembre 1947. — Note de Maurice Moissonnier. — État civil d’Oyonnax.

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