ELDIN Paul, Louis, Sully, Manuel

Par Roger Pierre

Né le 16 décembre 1879 à Vagnas canton de Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche), mort le 28 mai 1940 à Vallon ; avocat et propriétaire viticulteur ; socialiste ; maire, conseiller général de Vallon, député de l’Ardèche.

Fils de notaire, Sully Eldin fit des études de Droit et fut reçu avocat à Privas. Il s’établit à Vallon, se maria à la fille d’un juge de paix et resta toute sa vie attaché à sa région natale où il était propriétaire de vignobles.

Avec Paul Eyrioux* et Émile Martin* , il fut l’un des fondateurs du groupe d’études sociales de Vallon, le 9 juillet 1899. Candidat dans sa commune aux élections municipales en 1904, il fut élu au second tour et nommé adjoint, mais comme il n’avait pas encore vingt-cinq ans, cette dernière élection fut annulée. Conseiller d’arrondissement en 1912, il devint conseiller général du canton de Vallon aux élections de décembre 1919 qui lui donnèrent 967 voix sur 1 631 suffrages exprimés et 2 637 inscrits.

En 1920, selon le sous-préfet de Largentière, Sully Eldin déclarait lui-même « appartenir à la droite du Parti socialiste unifié » (rapport au préfet, 21 mai 1920, Arch. Dép. Ardèche, 15 M 30). Cependant, comme le congrès départemental s’était prononcé à une écrasante majorité pour l’adhésion à la IIIe Internationale, il adhéra au Parti communiste et fut même membre du comité directeur fédéral, ce qui ne l’empêcha pas d’être élu du Bloc des gauches à la vice-présidence du conseil général en 1921. Aux élections cantonales du 14 mai 1922, il se présenta comme « candidat socialiste et républicain » ; il quitta le groupe communiste de Vallon quelques jours après sa réélection, et fut symboliquement exclu par le congrès fédéral du Teil, le 15 octobre 1922.

Sully Eldin participa à la fin de 1923 à la reconstitution de la Fédération SFIO de l’Ardèche dont il fut le seul représentant aux élections législatives de 1924 sur la liste du Cartel des gauches, qui appelait les électeurs « à faire triompher le bloc des rouges contre le bloc des blancs ». Troisième élu de cette coalition, il fut le premier député socialiste de l’Ardèche ; il participa aux travaux de la commission de l’hygiène. Le retour au scrutin uninominal, lui fit perdre son siège, le 22 avril 1928 ; dans la 2e circonscription de Privas (Aubenas), il ne se plaça qu’en troisième position, avec 3 622 voix sur 16 032 votants, derrière le candidat de droite Largier et le communiste Mortier* pour lequel il se désista.

Il avait été élu maire de Vallon en 1925 et, constamment réélu par la suite ; il conserva cette charge et celle de conseiller général jusqu’à sa mort. Éliminé en 1928 du bureau du conseil général, où la majorité était passée à la droite, il déclina la candidature qui lui était offerte par son parti aux élections législatives complémentaires de 1931 et générales de 1932, déclarant qu’il voulait désormais consacrer toute son activité à ses fonctions de maire et de conseiller général.

La montée du fascisme le rapprocha de ses vieux compagnons qui militaient au PC (Voir Émile Martin*) et l’influence qu’il exerçait dans la région contribua dès 1932 au regroupement des forces de gauche dans un large mouvement contre la guerre et le fascisme, pour le Front populaire, dont il présida la plupart des manifestations.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article112016, notice ELDIN Paul, Louis, Sully, Manuel par Roger Pierre, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Roger Pierre

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche, 2 M 363-428-429 et 15 M 30. L’Humanité, éd. Gard-Ardèche, éd. du Midi, 1921-1923. — L’Ardèche socialiste, 1928-1934. — Le Réveil populaire, 1936-1937. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, op. cit., p. 104, 106, 108. — A. Darasse, Le Socialisme en Ardèche, op. cit. p. 3, 6. — J. Domergue, Dictionnaire de biographie française, t. XII, p. 1190. — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires français, PUF, t. V, p. 1618.

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