DURAND André

Par Jean-Marie Conraud

Né le 26 janvier 1908 à Saulxures-sur-Moselotte (Vosges), mort le 19 mai 1992 à Épinal (Vosges) ; ouvrier textile, puis vendeur ambulant et sacristain ; militant jociste (JOC), syndicaliste CGT, permanent du MPF (Mouvement populaire des familles) ; journaliste à Monde ouvrier, permanent du Secours catholique puis du CCFD.

André Durand n’avait que trois ans quand son père, carrier, syndiqué à la CGT,.fut tué dans un accident de travail. Sa maman ayant trouvé un emploi à Paris il fut placé à l’Orphelinat de Vaugirard jusqu’en 1919. Rentré dans les Vosges il termina ses études primaires jusqu’à son certificat d’études obtenu en 1921. Il fut ensuite gardien de vaches avant d’être embauché dans une usine de Remiremont (Vosges) qui fabriquait du coton à tricoter. Licencié pour manque de travail, il retrouva un emploi dans la même ville, dans une fabrique de peignes et harnais pour les métiers à tisser. C’est à cette époque qu’il entendit parler de la JOC qui commençait à s’implanter dans les Vosges. Il créa la première section jociste de Remiremont vers 1928. Il fut licencié de nouveau en 1932. L’année précédente il avait épousé Suzanne Thiriet avec laquelle il eut deux enfants.

Après son licenciement, il retrouva un emploi d’épicier itinérant à l’enseigne du « Caïffa ». Mais la guerre et les restrictions mirent fin à cette activité. Après une période de chômage il fut embauché comme sacristain à l’église abbatiale de Remiremont. Il apprit alors que d’anciens jocistes de la ville avaient l’intention de démarrer une équipe de LOC (Ligue ouvrière chrétienne) qui devait un peu plus tard changer de nom pour devenir le MPF (Mouvement populaire des familles). Très rapidement il devint l’animateur principal du mouvement. En 1945, il profita de la disparition d’un journal local Libération des Hautes Vosges pour lancer une publication sous le titre de Remiremont ouvrier. Cet hebdomadaire parut pendant cinq semaines seulement, mais cela avait suffit pour faire connaître dans la ville, le MPF ; et ses activités. Dans la foulée, André Durand mit sur pieds un service d’aides familiales et une coopérative ouvrière d’alimentation. En avril 1945, il fut candidat aux élections municipales sur une liste se réclamant de la Résistance.

A la fin de l’année 1945, il fut sollicité pour devenir permanent du MPF pour le département des Vosges. Il faisait équipe en Lorraine avec René Boudot* et Colette Taisne. A ce titre il assura le développement de plusieurs activités à destination des familles populaires : service de travailleuses familiales, coopératives de consommation, vacances familiales etc. Ayant un certain talent d’écriture il tenait une chronique régulière dans le journal du mouvement Monde ouvrier, chronique qu’il signait du pseudonyme de Jules Cornu. En 1950 il fut élu sur la liste de la CGT comme administrateur de la Caisse d’allocations familiales des Vosges.

Au congrès du MPF de 1950 il fut élu au secrétariat national ce qui entraînait la charge de rédacteur du journal à plein temps. Au cours du même congrès le Mouvement populaire des familles était devenu le Mouvement de libération du peuple. André Durand prit ses nouvelles fonctions en avril 1951.

Son mandat terminé en 1954 il fit plusieurs tentatives pour retrouver du travail dans les Vosges Aucun employeur vosgien n’acceptant de l’embaucher le MLP lui proposa alors de rejoindre le département de l’Ain où le mouvement avait besoin d’une aide dans la gestion de services aux familles populaires qui avaient pris une certaine ampleur.

De retour dans les Vosges en 1958, il fut embauché comme permanent au CLEANA (Comité lorrain d’études et d’action nord-africaine). Son travail consistait à assister dans leurs démarches pour trouver travail ou logement, les travailleurs nord-africains vivant dans les Vosges. A partir de 1959 il n’assura plus ce travail qu’à mi-temps, l’autre mi-temps étant consacré à la Délégation vosgienne du Secours catholique. Et à partir de 1964, le travail au Secours catholique occupa tout son temps. Il prit sa retraite en 1977 mais resta bénévole au CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) jusqu’en 1983.

Dans les années 1950 il avait participé à la mise en place de l’ACO (Action catholique ouvrière).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article111676, notice DURAND André par Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 2 août 2013.

Par Jean-Marie Conraud

ŒUVRE : André Durand, textes choisis et présentés par Jean-Marie Conraud, 2002.

SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé ou par sa famille.

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