DUC-QUERCY Albert

Par Justinien Raymond

Né en 1856 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 2 avril 1934 à Écouen (Seine-et-Oise) ; militant et journaliste socialiste.

Venu jeune à Paris, Duc-Quercy fut professeur libre. Attiré par la politique, il combattit Mac-Mahon et l’ordre moral, adhéra au POF dès sa fondation, lui resta fidèle jusqu’à l’unité de 1905, le suivit alors dans la SFIO qu’il ne quitta pas jusqu’à sa mort.

C’est avant 1905 que se place son action militante la plus active. Animé d’une combativité toute méridionale, confinant au don-quichottisme, doué d’une certaine culture, il apporta au POF et à son Agglomération parisienne les ressources d’une parole aisée, d’une plume facile, et acerbe. Il participa à ses congrès de Marseille (1892) et de Paris (1893). Il fut un des collaborateurs les plus en vue du Cri du Peuple de Jules Vallès. Il y assurait les reportages des grands événements sociaux. Il suivit en journaliste et en militant les grèves d’Anzin (1885), de Decazeville (1886) et de Carmaux (1892) défendant la cause ouvrière par ses articles et encourageant les grévistes sur place. À Decazeville, il fut arrêté, poursuivi pour « atteinte à la liberté du travail par violence, menaces et manœuvres frauduleuses » (cf. Arlette Marchal Le mouvement blanquiste), et condamné à quinze mois de prison devant le tribunal de Villefranche. L’affaire attira l’attention sur son nom et donna un certain retentissement à la campagne qu’il mena contre la police politique. Deux membres de cette dernière firent une irruption menaçante dans les bureaux du Cri du Peuple. Duc-Quercy se défendit et tua l’un d’eux.

Il était rédacteur au Cri du Peuple lorsque, le 31 octobre 1886, à une élection municipale partielle du Xe arr. (quartier de l’hôpital Saint-Louis), il fut candidat du POF, soutenu par les blanquistes, contre Faillet, de la FTSF et contre deux candidats opportunistes. Avec 901 voix contre 988, Duc-Quercy talonna Faillet et, par son retrait, assura l’élection de ce dernier, au second tour. Aux élections législatives de 1889, il porta le drapeau du POF dans la première circonscription de Toulon (Var) où il recueillit 1 012 voix. En 1892, après avoir intrigué pour qu’on la lui offrît, il refusa la candidature au siège rendu vacant par la démission du marquis de Solages dans la circonscription de Carmaux, que lui proposèrent les socialistes au lendemain de la grève des mineurs. Il laissa ainsi la voie libre à Jaurès.

En 1894, Duc-Quercy alla combattre dans les rangs des insurgés de Sicile et fut expulsé d’Italie. En 1907, il se rendit auprès des vignerons languedociens, les encourageant à l’action, s’efforçant d’infléchir vers le socialisme leur esprit en révolte.

Avant la Première Guerre mondiale, il fut pendant quatre ans secrétaire général de la rédaction de l’Humanité. Il représenta la fédération de l’Aveyron au congrès de Limoges (1906), celles de l’Aude à Nancy (1907), du Nord à Toulouse (1908) et du Vaucluse à Paris (1910). De 1907 à 1909, il représenta à la CAP du Parti socialiste la minorité qui s’était dégagée au congrès de Nancy. En 1910, candidat aux élections législatives à Apt (Vaucluse), contre Laguerre, il recueillit 2 215 voix, triplant le nombre des suffrages socialistes de 1906. En 1912, après le décès de Laguerre, il fut à nouveau candidat dans cette circonscription, rassembla 2 074 électeurs sur 16 000 inscrits, à 1 000 voix du candidat radical-socialiste contre lequel il se maintint au scrutin de ballottage où il ne retrouva que 1 701 suffrages. Après 1920, il demeura dans la SFIO, mais, pour des raisons de santé, il dut ralentir son action. D’Ecouen où il vivait depuis 1914, il suivait la vie du Parti socialiste. En 1933, il adhéra à la Société des Amis de Jules Guesde* et en fut vice-président.

C’est à Ecouen où il mourut qu’il fut enterré civilement, le 5 avril 1934, suivi dans la tombe, six jours plus tard, par sa femme, militante comme lui.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article111064, notice DUC-QUERCY Albert par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 5 février 2019.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Journaux auxquels Duc-Quercy a collaboré : Le Cri du Peuple. — Le Socialiste. — Le Socialisme. — L’Humanité.

SOURCES : Ch. Vérecque, Dictionnaire du socialisme, op. cit., p. 150. — Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., pp. 104 ; 149-150 et Les Fédérations socialistes III, op. cit., p. 164. — Léon Osmin, Le Populaire, 3, 6 et 12 avril 1934. — Arlette Marchal, Le Mouvement blanquiste, DES, Paris, p. 97. — « Mémoires d’un militant mineur : J.-B. Calvignac, maire de Carmaux », présentés par Rolande Trempé in Le Mouvement social, n° 43, avril-juin 1963, pp. 537-538. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979.

ICONOGRAPHIE : La France socialiste, op. cit., p. 149.

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