DRUELLES Antoine

Par Gaston Prache

Né le 28 janvier 1901 à Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais) ; ouvrier mineur ; syndicaliste, militant coopérateur, secrétaire de coopérative.

Issu de deux grands-pères devenus ouvriers mineurs après avoir quitté le travail agricole pour la mine, d’un père mineur, tué à l’âge de trente-six ans dans la catastrophe de Courrières en 1906, Antoine Druelles termina sa scolarité en 1913, sitôt après le Certificat d’études, pour aider sa mère restée veuve avec charge de famille. En septembre 1914, son village allait être occupé par les troupes allemandes et le rester jusqu’à l’automne 1918, à courte distance de la ligne des combats. Très vite, avec ses camarades, il fut astreint par les occupants au dur travail de la mine aggravé du risque des fréquents bombardements. Puis ce fut l’évacuation totale de la population civile vers la Belgique. Rentré en 1918 un des premiers dans un Noyelles complètement détruit, Druelles fut employé à la reconstruction provisoire avant d’accomplir son service militaire. Libéré, il réintégra la mine comme agent de son chemin de fer, un emploi qu’il occupera jusqu’à l’âge de la retraite, en 1956. Syndicaliste depuis 1925 au syndicat des mineurs CGT auquel il resta profondément attaché, il y tint des postes de responsabilité et fut notamment délégué permanent à la sécurité.

Ce fut aussi en 1925 qu’il adhéra à la coopérative « La Fourmilière », fondée à Noyelles en 1898, et dont la tragédie de Courrières avait gravement décimé les effectifs. Un an plus tard, l’assemblée générale l’élisait administrateur. Une atmosphère de discorde régnait dans le conseil à la suite d’erreurs de gestion ; en 1927, Druelles fut appelé à assumer le secrétariat de « La Fourmilière » fonction bénévole mais absorbante s’agissant en fait d’une véritable direction qui lui permit de redresser la situation et de rétablir l’entente. « La Fourmilière » devint une fidèle adhérente des organismes coopératifs régionaux et centraux. Druelles s’employa à développer et à fortifier cet esprit fédéraliste, assistant aux congrès de la Fédération régionale et y intervenant souvent avec autorité. Sous son impulsion, « La Fourmilière » fidèle cliente du MDG et de la BCF par leurs agences de Douai, fut une des premières à accorder son soutien au concordat obtenu par la BCF après le dépôt de son bilan en 1934, un exemple qui fut alors imité par plusieurs sociétés voisines. Pour raisons de santé, Druelles donna sa démission de secrétaire en 1940, continuant d’encourager de toute sa tenace conviction « La Fourmilière » à rechercher la fusion avec l’union régionale UDC de l’arr. de Douai. La guerre et l’occupation allemande de cinquante mois, suivies de modifications intervenues dans la direction de l’UDC et dans celle des organisations centrales retardèrent cette fusion qui eut lieu seulement en 1957. Druelles créa aussitôt le comité de la section de Noyelles dont il devint l’ardent animateur et le président. Assidu à toutes les sessions du comité général de l’UDC ainsi qu’aux assemblées générales annuelles il ne cessa d’y exposer ses vues de militant expérimenté et d’y faire valoir sa foi intacte et vive dans l’avenir de la coopération.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article110774, notice DRUELLES Antoine par Gaston Prache, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 11 novembre 2013.

Par Gaston Prache

SOURCES : Fonds d’archives Jean Gaumont*-Gaston Prache. — Correspondance personnelle Druelles-Prache. — Le Coopérateur de France (édition régionale Douai-Lens), 8 janvier 1972. — Nord-Matin, des 23-24 février 1969 et 20 octobre 1973. — G. Marlière « La Coopération dans le Nord et le Pas-de-Calais », Saint-Amand, 1933).

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