Né le 1er janvier 1874 à Fresnes-sur-Escaut (Nord) ; mort le 28 juin 1943 à Paris ; ouvrier verrier ; militant syndicaliste ; secrétaire de la fédération nationale et internationale des Verriers.

Militant syndicaliste, Delzant devint président du syndicat des verriers à vitres de Fresnes et d’Escautpont (Nord), créé en 1896, et joua, en 1900, un rôle important dans la grève des verriers à vitres d’Aniche et d’Escautpont. Membre de la CGT, de tendance anarchiste, il devint en 1904 secrétaire général de l’Union syndicale des ouvriers verriers à bouteilles de Fresnes et d’Escautpont et directeur de La Voix des Verriers.
Vers 1905, Delzant était un des leaders de l’anarcho-syndicalisme dans le département du Nord. Il était également, depuis sa fondation en 1902, secrétaire général de la fédération nationale des Verriers à partir de 1912. Il touchera à ce titre 200 f par mois à partir de 1906, 250 f à partir de 1912.
Au XIe congrès national corporatif — 5e de la CGT — tenu à la Bourse du Travail de Paris en septembre 1900, il représentait le syndicat des verriers à vitres de Fresnes-sur-Escaut. Il assista également au XIVe congrès, Bourges, septembre 1904, au XVe congrès, Amiens, octobre 1906, au XVIe congrès, Marseille, octobre 1908, au XVIIe congrès, Toulouse, octobre 1910. À Amiens, il signa l’ordre du jour syndicaliste révolutionnaire présenté par Victor Griffuelhes*.
Avant la Première Guerre mondiale, Delzant encourut plusieurs condamnations pour son action syndicale et notamment, par défaut, le 24 janvier 1912, par le tribunal correctionnel de Valenciennes, un an de prison et 100 f d’amende pour « apologie du pillage et du vol ».
Inscrit au Carnet B, Delzant fut mobilisé en 1914 ; évadé de Maubeuge avant la reddition de la ville, il appartint au 4e régiment d’artillerie lourde stationné à Lorient. Si l’on en juge par la correspondance Dumoulin-Monatte, Delzant ne prit pas nettement position et comme « un inconscient ou un naïf », il persistait, en 1914-1915, « à ne pas avoir d’opinion. C’est la voix du canon qui domine, disait-il, la nôtre n’a qu’à se taire ».
Delzant fut élu secrétaire de la fédération internationale des Travailleurs du Verre reconstituée au congrès international tenu en avril 1921 ; il fut réélu à l’unanimité secrétaire général de la Fédération internationale lors du 3e congrès qui se tint à la Sorbonne du 10 au 13 avril 1927. Il occupait toujours ce poste en 1932 et faisait également partie, depuis plusieurs années, de la commission administrative de la CGT. Il collaborait également au journal de la CGT, Le Peuple.
Delzant était alors membre de la 19e section de la fédération de la Seine du Parti socialiste SFIO.
Principaux militants verriers avant 1914 :
Voir Bigex Alphonse* pour la période 1890-1898 (première organisation nationale des verriers créée à Lyon en 1890).
Militants de 1899-1902 : Andris L., Delzant Ch., Deschamps J., Fenzy A., Gallez Alb., Hancart R., Lanoy E.
1902, création de la fédération nationale des Verriers : Delzant, secrétaire général (il l’est toujours en 1925), Hancart R., secrétaire-trésorier ; principaux militants, membres du comité fédéral : Castillon L., Deschamps J., Dutilleul F., Liégeois C., Pommerolle J.
En 1912, Hancart, démissionnaire, fut remplacé par Monnier L. assisté de Castillon, Geugnot, Sigward.

ŒUVRE : Le Travail de l’enfance dans les verreries, Publication des Temps Nouveaux n° 57, 1912, 20 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 053. — Arch. Dép. Nord, M 598/4 et M 628. — Arch. PPo. non versées. — Le Grand écho du Nord, 4 octobre 1912. — Les Temps nouveaux, n° 23, 5 octobre 1912 ; n° 24, 12 octobre 1912. — La CGT, op. cit.L’Atelier, 10 juillet 1943 (article de G. Dumoulin annonçant la mort de Delzant). — Syndicalisme révolutionnaire et Communisme. Les Archives de Pierre Monatte, Paris, 1968, lettres du 16 décembre 1914 et du 3 juillet 1915.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., p. 457.
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