DELAVAL Omer, Adonis

Par Didier Bigorgne

Né le 27 avril 1879 à Connantre (Marne), mort le 14 juillet 1963 à Nouzonville (Ardennes) ; tailleur d’habits ; militant socialiste SFIO ; maire de Nouzonville (1919-1935).

Fils d’un ouvrier bonnetier et d’une mère au foyer, Omer Delaval était le benjamin d’une famille de sept enfants. Au début des années 1900, il arriva à Nouzon pour rejoindre son frère Anthime et sa soeur Lina, installés en qualité de tailleurs et vendeurs de tissus.

Omer Delaval exerçait aussi le métier de tailleur quand il épousa Louise, Augustine Lefèvre, sans profession, le 24 octobre 1906 à Nouzon. Père d’une fille et divorcé depuis le 10 mars 1920, il se remaria avec Irma Grisard, sans profession et fille de l’industriel Pierre Grisard qui avait été maire socialiste de Nouzon de 1896 à 1900.

Militant du Parti socialiste SFIO, Omer Delaval conduisit la liste de son parti qui remporta douze sièges sur vingt-trois aux élections municipales du 30 novembre 1919 à Nouzon. Il devint maire. Il fut reconduit dans sa fonction après les nouveaux succès socialistes aux scrutins de 1925 et 1929. Pendants ses mandats, il réalisa un programme ambitieux : construction d’une salle de sport en 1929, d’un établissement de bains-douches, d’un hôpital rural de trente lits et d’un hospice de quatre-vingt-lits en 1931.

Lors de la journée d’action unitaire du 12 février 1934, en réponse aux émeutes fascistes du 6 février, une douzaine d’arrestations furent effectuées par la police parmi les dirigeants de la CGTU et du Parti communiste. Le 22 février suivant, un meeting de protestation se tint à Nouzonville. Delaval, qui était alors membre de la commission du journal fédéral Le Socialiste Ardennais depuis 1933, marqua son désaccord en faisant publié un communiqué dans lequel il demandait aux travailleurs nouzonnais de ne pas se laisser manoeuvrer par "un clan composé d’éléments subversifs".

Malgré son opposition au Parti communiste et à la CGTU, Omer Delaval accueillit les marcheurs de la faim dans sa ville le 22 février 1935, non sans avoir fait voter par son conseil municipal une subvention de cinq francs pour chaque chômeur qui participait à la manifestation.

Aux élections municipales des 5-12 mai 1935, la liste socialiste conduite par Omer Delaval fut battue par celle du Parti communiste emmenée par Pierre Lareppe*. Delaval abandonna la vie politique locale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article108971, notice DELAVAL Omer, Adonis par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 11 avril 2016, dernière modification le 11 avril 2016.

Par Didier Bigorgne

Sources : Arch. Dép. Ardennes 3M8 et 9.— Le Socialiste Ardennais, 1925 à 1935.— L’Ardennais, 15 juillet 1988.— Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, t. 2, pp. 23 et 26. — Etat civil de Connantre et de Nouzonville.

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