Né le 16 septembre 1890 à Paris (Ve arr.) ; marié le 10 mai 1921 à Paris, XIIIe arr. ; mort le 4 décembre 1954 à Orléans (Loiret) ; père d’un enfant né en 1926 ; mécanicien en instruments de précision ; syndicaliste ; anarchiste ; membre du Parti communiste de 1921 à 1924.

V. Delagarde, secrétaire, fin 1913, du groupe anarchiste des Ve et XIIIe arr., était également deuxième secrétaire de l’Union communiste anarchiste de la région parisienne, le premier secrétaire étant M. Hasfeld. Il appartenait aussi aux amis des Temps Nouveaux ainsi qu’à ceux du Libertaire. Il appartenait enfin à l’Union corporative des ouvriers mécaniciens. Mobilisé le 1er août 1914 au 59e régiment d’artillerie puis, placé en sursis d’appel le 26 juillet 1915, il fut affecté spécial aux usines Morane. Actif militant — dès 1915, il avait été élu délégué ouvrier — il fut licencié en mai 1918 pour faits de grève et affecté au 13e régiment d’artillerie puis, le 1er juillet 1919, au 6e dragons. Lorsqu’il fut démobilisé le 13 août 1919, il fut embauché par l’Association des ouvriers en instruments de précision, société coopérative de production dont il devint le directeur vers 1929.
Delagarde adhéra, en février 1919, au groupe des Jeunesses socialistes révolutionnaires du XIIIe arr. de Paris. En septembre 1920, il fut élu secrétaire de la section administrative du syndicat des ouvriers sur métaux (section de la petite mécanique, tourneurs en optique, etc.) et, en octobre, il entra au Comité central des Comités syndicalistes révolutionnaires où il se signala par sa grande activité ; en novembre de la même année, il était élu conseiller ouvrier prud’homme de la Seine, section des Métaux et industries diverses et le demeura jusqu’en 1932. En novembre 1922, il devint membre de la commission exécutive de la Fédération des Métaux, mandat qui lui fut renouvelé en juillet 1923. Le conseil national d’avril 1923 le désigna pour faire partie du bureau intérimaire de la Fédération des Métaux.
Delagarde fut gérant des publications mensuelles Le Métallurgiste et CIP, organes du Comité international de propagande des ouvriers des métaux révolutionnaires, imprimés à la Maison des syndicats, 33, rue de la Grange-aux-Belles.
En 1921, V. Delagarde avait adhéré au Parti communiste (SFIC). Au congrès du Parti tenu à Lyon en janvier 1924, il fut élu membre suppléant du Comité directeur. Dès novembre 1924, il était exclu du premier rayon du Parti « pour avoir fait éditer et diffuser des documents visant à discréditer le Comité central de l’Internationale communiste et à détruire, dans l’esprit des militants, la confiance dans la direction du Parti communiste désignée par l’Internationale ». Il avait protesté contre l’accusation d’indiscipline dans une lettre du 5 octobre 1924 publiée par les Cahiers du Bolchevisme le 5 décembre et avait rendu publique, le 22 novembre 1924, une autre lettre dénonçant le régime bureaucratique en Russie, prenant la défense de Trotsky, mais niant vouloir former une tendance de « droite » dans le Parti et entraver le travail politique. Le 5 décembre 1924, la conférence nationale extraordinaire vota à l’unanimité moins trois abstentions l’exclusion de Monatte*, Rosmer* et Delagarde. Le congrès national de Clichy confirma cette sanction le 20 janvier 1925. Il fut arrêté peu après à la suite d’une grève dite des « bras croisés » de la société d’éclairage et de chauffage des véhicules, rue Guynemer, à Issy-les-Moulineaux. En 1927, V. Delagarde déclara cesser toute activité militante. Il travailla un temps dans l’AOIP puis dans le privé.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 053., F7/13586, F7/13777. — Arch. PPo. non versées. — Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, op. cit. — C. Chambelland et Jean Maitron, Syndicalisme révolutionnaire et Communisme, Maspero, 1968. — C. Gras, Alfred Rosmer, Maspero, 1971. — Greffe du Tribunal de grande instance de Paris, 23 octobre 1984.

Jean Maitron

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