LE COUTALLER Jean, Louis, Marie [Pseudonymes, Yann, Camille, Félix]

Par Christian Bougeard, Gilles Morin

Né à Neulliac (Morbihan) le 11 juillet 1905, mort à Lorient (Morbihan) le 5 octobre 1960 ; instituteur ; résistant, capitaine FFI ; membre du CDL du Morbihan ; secrétaire fédéral de la SFIO du Morbihan (1946 et 1949-1960) ; membre du comité directeur de la SFIO ; député socialiste du Morbihan (1945-1956). Conseiller général de Gourin (1945-1949) ; maire de Lorient (1953-1959) ; sous-secrétaire d’État aux Anciens Combattants dans le gouvernement Guy Mollet (2 mai 1956-13 juin 1957).

Fils de Louis Le Coutaller, instituteur, et de Marianne Le Roux, petit-fils de cultivateurs bretons, Jean Le Coutaller, élève de l’école primaire supérieure de Lorient, poursuivit ses études à l’École normale d’instituteurs de Vannes dont il sortit en 1927 avec le Brevet supérieur. Pendant son service militaire en 1927-1928, élève officier de réserve à l’école militaire d’artillerie de Poitiers (Vienne), il le termina comme sous-lieutenant.

Le Coutaller exerça comme instituteur au Faouët, puis cumula ses fonctions avec celles de directeur d’école à Lanvenégen (en 1932) et enfin à Persquen (canton de Guéméné-sur-Scorff, nord-ouest du Morbihan). Dans cette dernière commune, il assurait également les fonctions de secrétaire de mairie. Il fut surtout durant l’entre-deux-guerres un militant syndical. 

Le Coutaller adhéra au Syndicat des membres de l’enseignement laïc en 1927, membre de la Fédération unitaire de l’Enseignement puis, en 1934, au Syndicat national devenu Syndicat national des instituteurs. Il était conseiller syndical du SNI du Morbihan après 1935. Il était membre actif de la fédération des œuvres laïques du département.

Le Coutaller adhéra au Parti socialiste SFIO en 1929 et représenta la SFIO aux élections cantonales et aux élections législatives dans les années 1930. En 1932, l’instituteur socialiste, alors âgé de 27 ans seulement, obtint 14,4 % des voix (1 692 sur 14 337 inscrits) au 1er tour dans la circonscription de Pontivy 2, contre le député sortant radical-socialiste Raude en faveur duquel il se désista au second tour. Raude fut réélu avec 58,5 % des suffrages. Mais en 1936, avec 25,2 % des voix (2 899 ou 2 289 sur 15 142 inscrits), Le Coutaller devança Raude (23,2 %) alors que le candidat de droite Paul Ihuel (URD) frôlait l’élection au 1er tour (49,8 %). Au second tour, seul candidat du Front populaire Le Coutaller obtint 43,2 % (4 906 voix) contre Paul Ihuel qui arrachait cette région du centre Bretagne votant habituellement à gauche. Il fut candidat au conseil général en octobre 1934 dans le canton de Guéméné-sur-Scorf et 1937 à Port-Louis.

Le Coutaller, selon ses déclarations à Odette Merlat, correspondante du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale en 1947, « fut pacifiste et amené tout naturellement à accepter Munich, jugeant qu’en 1938, la France n’avait pas les moyens de se lancer dans une guerre ». Pourtant, il avait fait la préparation militaire que refusaient nombre d’instituteurs militants à gauche, ce qui relativise ce pacifisme. Il fut mobilisé comme lieutenant d’artillerie au 318e RA, puis nommé capitaine peu après. Tout d’abord lieutenant de tir, il commanda ensuite la 9e batterie à partir de mai 1940. À Dunkerque, il réussit à s’embarquer sur « le Foudroyant » pour l’Angleterre, d’où il revint à Cherbourg. Dirigé à Évreux pour un regroupement, il fut pris dans la débâcle et sa formation se replia jusqu’à Bordeaux, puis Pau. Il déclarait avoir été le seul des officiers de sa compagnie à ne pas accepter l’armistice. Démobilisé le 27 août 1940, il rentra dans le Morbihan à Persquen et fit de la propagande anti-allemande. L’inspecteur primaire lui demanda en janvier 1941 de prendre un poste dans le pays gallo mais, soutenu par la population et la municipalité, il fut maintenu. Dénoncé par le recteur de la localité, il subit une perquisition de la Gestapo de Pontivy. Il poursuivit son activité, organisant les instituteurs et secrétaires de mairie, sans appartenir longtemps à un mouvement national. Il s’occupa plus particulièrement de la mise en place de la résistance dans la région de Guéméné-sur-Scorff et Gourin. Il utilisait les pseudonymes, Yann, Camille, Félix.

En août 1942, la police n’avait pas repéré ses activités : il était crédité d’une « attitude correcte » à l’égard du Maréchal et les Renseignements généraux estimaient qu’il avait cessé depuis l’armistice toute activité politique. Une note des RG le présentait comme étant « surtout un propagandiste », appartenant à « la fraction modérée du parti », c’est-à-dire l’assimilant aux paulfauristes.

En mars 1943, peu après la mise en place du mouvement de Résistance Libération-Nord à partir de Vannes, Jean-Louis Rollo, directeur d’école à Auray, vint le trouver et Le Coutaller mis à sa disposition son « réseau ». Il fut chargé d’implanter l’organisation dans la région du Centre Bretagne à l’ouest de Pontivy, à la lisière des Côtes-du-Nord et du Finistère. Son entrée officielle dans le mouvement Libération-Nord date d’octobre 1943. Tout au long de l’année 1943, s’appuyant sur un cercle large de relations et d’amis, notamment des instituteurs laïques, Jean-Louis Le Coutaller mit en place des cadres civils et militaires de Libé-Nord et de l’Armée secrète (AS) dans les trois cantons du nord-ouest du Morbihan. Au 1er octobre 1943, il avait désigné des responsables pour une compagnie par canton et des responsables communaux. De février à mai 1944, ses groupes attaquèrent à quatre reprises des camions allemands isolés pour se procurer des armes.

À la suite de l’arrestation de Joseph Rollo le 31 mars 1944, Le Coutaller passa dans la clandestinité mais il parvint à rétablir le contact avec le chef départemental de l’AS et des FFI, Paul Chenailler, le colonel « Morice », directeur du ravitaillement général. Le 24 mai 1944, au cours d’une réunion avec « Morice », il fut désigné pour prendre le commandement militaire du 5e secteur FFI (bataillon de Guéméné). Après le débarquement du 6 juin, ayant reçu des armes de la base de Saint-Marcel et sur les conseils de parachutistes SAS, Le Coutaller établit la « base Grock » à Kérusten en Ploerdut, base encadrée par une vingtaine de parachutistes qui concentra bientôt 550 FFI. Le Coutaller et une centaine des siens partirent dans le maquis de Saint-Marcel puis pour la région de Guéméné. Ses hommes furent armés grâce à deux parachutages d’armes (17-20 juin) partagés avec les FTP du secteur de Le Hyaric. Manquant d’armes, menacé d’être cerné, il dût le disperser, afin d’éviter une attaque allemande. Il le reforma après des parachutages en juillet et des combats eurent lieu dans les zones de Gourin, Lagnol et du Faouët. Il organisa et commanda le 10e bataillon des « rangers FFI » , qui participa à la libération du port et de la ville de Lorient et à la bataille de Saint-Marcel où il s’était distingué au côté des parachutistes du colonel Bourgoin. Il tint durant plusieurs mois un secteur important du Front de Lorient où s’était formée une poche allemande. Le 5e bataillon FFI Le Coutaller, écrit Roger Leroux, bénéficia « d’une remarquable popularité dans sa zone d’action », la région de Guéméné-Gourin-Le Faouët. Les combats se poursuivirent jusqu’en octobre. Il fut promu Chevalier de la Légion d’Honneur le 24 juin 1945. La correspondante du comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale le décrivait ainsi en 1947 : « trapu, le teint coloré, les cheveux blonds, les yeux clairs ».
A la Libération, le commandant Le Coutaller devait siéger au CDL du Morbihan au titre de la SFIO en remplacement de Joseph Rollo, mais il fut remplacé car il participait avec ses hommes au siège de la poche de Lorient. Démobilisé en 1945, l’instituteur socialiste entreprit une carrière politique. Secrétaire de section de Gourin depuis décembre 1944, Le Coutaller, en septembre 1945 devint conseiller général (SFIO) d’un canton qui votait radical-socialiste avant la guerre. La SFIO passait au plan départemental de 2 élus en 1937 à 6 en 1945, mais cette progression s’était faite surtout au détriment de la gauche radicale qui perdait elle 3 sièges. Élu au premier tour, Le Coutaller fut désigné vice-président de l’Assemblée départementale, mais il fut battu au renouvellement de 1949 par un adversaire RPF, cultivateur venu du MRP, Le Calvez (il n’avait pas obtenu les voix communistes au second tour).

Le 21 octobre 1945, présenté comme tête de liste SFIO, Le Coutaller devint député du Morbihan prenant la relève de Louis L’Héveder*, frappé par l’épuration interne du parti et inéligible car il avait été conseiller national de Vichy. Dans ce département où la droite était puissante avant guerre, la liste du MRP obtint quatre sièges contre trois à la gauche : un communiste, un socialiste et un radical : Alphonse Rio, député depuis 1919 puis sénateur et ancien ministre. Le Coutaller était élu député au quotient obtenant 17,6 % des suffrages exprimés.

Réélu en juin 1946 (16,5 %) et novembre 1946 (12,1 %), il voyait ses résultats électoraux s’effriter comme beaucoup d’élus socialistes en ces années. Secrétaire du bureau de l’Assemblée en janvier 1950, il a été l’auteur et le rapporteur de la loi du 20 septembre 1948, qui portait son nom, sur la péréquation des retraites et pensions des anciens combattants.

Le Coutaller, intéressé à la région de Lorient qui avait énormément souffert de la guerre, se fit élire dès 1945 à la commission de reconstruction, où les places étaient particulièrement recherchées par tous les représentants de régions sinistrées. Il s’y fit remarquer très vite et, à plusieurs reprises, il fut désigné pour exprimer le point de vue du parti sur la question. Pourtant, René Schmitt et Marcel Levindrey, respectivement maires de Cherbourg et de Laon, étaient plus en vue dans la commission que lui. S’il s’y montra efficace pour la reconstruction de Lorient. Le Coutaller n’était pas ici premier dans la hiérarchie parlementaire, ni dans celle de son groupe. Ce n’est qu’en novembre 1946, qu’il peut élargir son champ d’intervention en étant élu à la commission des pensions. Il avait encore été désigné à la Haute Cour de Justice en décembre 1946.

En 1948, Le Coutaller affronta le secrétaire fédéral SFIO et maire de Lorient, Julien Le Pan, qu’il accusait de saboter la fédération et de chercher un accord avec le RPF. Il fut alors partiellement désavoué par la fédération, mais l’année suivante, le 3 juillet 1949, il fut désigné secrétaire fédéral SFIO du Morbihan et remplaça dans cette fonction son adversaire qui devait peu après quitter les rangs socialistes. Il demeura secrétaire de la fédération jusqu’à son décès en 1960. Le Coutaller se présenta à la cantonale partielle des 8 et 15 mars 1951 (2e canton de Lorient), de même que Le Pan. Il obtint 3 327 voix, soit 18,5 % des exprimés au second tour, Le Pan, devenu indépendant se maintenant. Il fut de nouveau candidat aux cantonales à Lorient en octobre 1951.

La liste SFIO s’étant apparentée à la liste RGR, Le Coutaller (avec 13,7 % des suffrages) conserva son siège de député en juin 1951. Actif parlementaire, il fut désigné vice-président de la commission des pensions, des Anciens combattants et victimes de guerre et devait se spécialiser désormais dans ce secteur dont il devint l’un des spécialiste reconnu. En 1952, alors que la retraite des anciens combattants ne reposait encore sur aucune base juridique solide, il obtint l’alignement de celle-ci sur la pension d’invalidité à 10 %, ce qui en assura la pérennité. Avec René Schmitt*, il adopta une démarche issue de l’expérience syndicale : obtenir un acquis pour une catégorie, puis l’élargir ensuite progressivement, travailler à rationaliser un domaine législatif et réglementaire dans lequel les réformes se sont empilées. Le Coutaller intervint chaque année au nom de la SFIO lors du vote du budget concernant les Anciens Combattants. Il était membre titulaire de la délégation exécutive du groupe socialiste de l’Assemblée nationale en 1952.

Les années 1953-1956 virent l’apogée de la carrière de Le Coutaller qui cumula alors de très nombreuses fonctions et responsabilités locales et nationales. Élu conseiller municipal de Lorient à une élection complémentaire, le 25 novembre 1951, réélu conseiller municipal en mars 1953, il devint maire de la ville, contre Le Pan passé au RPF. Il en demeura le premier magistrat jusqu’en mars 1959 et fut désigné comme vice-président de l’Association des maires du Morbihan et membre du Comité directeur du CELIB comme maire de Lorient. Appartenant à la majorité mollétiste de la SFIO, Le Coutaller s’était affirmé comme le leader de la modeste fédération socialiste du Morbihan. Il assumait les fonctions de directeur et de principal rédacteur du journal fédéral, Le Rappel du Morbihan. Au plan national, il animait la section Anciens combattants de la commission nationale d’études de la SFIO en 1953.

Anticommuniste et laïque convaincu, Le Coutaller était un bon représentant du socialisme de l’Ouest de la France en ces années. Dans les nombreuses réunions politiques qu’il tenait, il ne ménageait pas les communistes « chefs serviles à la solde du Kremlin » qui, de leur côté, fustigeaient son attitude vis-à-vis d’anciens maquisards de son unité, inquiétés pour des attaques de fermes, lui reprochaient de ne pas les défendre et de refuser l’unité d’action. Il appartenait au conseil d’administration de la Fédération des Œuvres laïques du Morbihan et, à droite, était considéré comme un anticlérical acharné, menant sans relâche le combat pour l’école unique. Pour sa part, il déclarait que les socialistes étaient « Indépendants de Moscou, comme de Rome ». En 1949, il protesta auprès du groupe contre la présence de Paul Ramadier à l’inauguration du monument à la mémoire du cardinal Verdier. En 1954-1955, il se montra particulièrement favorable à l’expérience Mendès France. Hostile à la Communauté européenne de défense, il resta discipliné lors des trois votes majeurs, les 19 février 1952, 30 août 1954, où il était alors l’un des huit députés socialistes opposants à refuser de voter la question préalable du général Aumeran qui enterra le projet, enfin il approuva les Accords de Paris le 30 décembre 1954. Il soutint la position de Guy Mollet et du comité directeur de la SFIO.

Le Coutaller fut battu aux élections législatives du 2 janvier 1956. Avec 17,4 % des voix la liste de la SFIO avait portant progressé mais elle fut victime, comme le PCF (un député sortant), de l’apparentement du MRP, du CNI, animé par Raymond Marcellin, et des républicains sociaux qui raflèrent les sept sièges (5 MRP, 2 CNI).

Mais, après la désignation de Guy Mollet comme chef de gouvernement, il fut nommé directeur de cabinet de François Tanguy-Prigent, ministre des Anciens combattants et victimes de guerre du gouvernement, le 2 février 1956. Il ne conserva que peu de temps cette fonction, étant désigné Conseiller de l’Union française le 17 avril 1956 (il siégea à l’Assemblée de Versailles jusqu’en décembre 1959). Puis, le 2 mai 1956, reconnaissant sa compétence dans le domaine, il était désigné par Guy Mollet comme Sous-secrétaire d’État aux Anciens combattants et victimes de guerre. Il le demeura jusqu’à la chute du cabinet le 12 juin 1957. Il défendait fermement devant les Anciens combattants et les électeurs la position majoritaire du parti sur l’Algérie et sur l’intervention à Suez, conservant sa fédération dans la ligne majoritaire, en dépit des pressions des syndicalistes enseignants.

Après avoir protesté contre les conditions du retour au pouvoir du général de Gaulle, et avoir contribué à faire protester la section de Lorient lors de sa réunion du 31 mai, la position de Le Coutaller se nuança. Dans le numéro du Rappel du Morbihan qui suivait l’investiture du général, il se tenait plus sur l’expectative et émettait un préjugé plutôt favorable après la déclaration d’investiture du nouveau chef de gouvernement qui, selon lui avait provoqué « l’étonnement général ». Il se disait donc prêt à défendre la République à ses côtés, si les factieux menaçaient la République. Il poursuivit cette évolution et appela à voter Oui au référendum de septembre.

Le Coutaller tenta en vain à plusieurs reprises d’assurer sa situation électorale fragilisée depuis 1958. Candidat et à une élection cantonale complémentaire, le 7 avril 1957 (1er canton de Lorient), il arriva en tête au premier tour, avec 413 voix, soit 30 % des exprimés, mais fut battu au second, avec 522 suffrages contre 821 à son adversaire “Indépendante” du CNIP, madame Court. En novembre 1958, après avoir échoué aux sénatoriales du 8 juin 1958, le maire de Lorient tenta de reconquérir un siège de député dans la cinquième circonscription du Morbihan. Obtenant 26,4 % des voix au 1er tour, il échoua à la triangulaire du second tour qui vit Le Coutaller (36,5 %) affronter le communiste Roger le Hyaric (15,2 %), division de la gauche qui favorisa l’élection de l’indépendant CNI, Louis Le Montagner, avec une majorité relative (48,2 % des voix). Il envisagea alors de démissionner de son mandat de maire, mais accepta de demeurer en poste à la demande de la commission exécutive fédérale SFIO et à l’issue d’une réunion de la section de Lorient. Aux municipales de mars 1959, sa liste progressa à Lorient, par rapport à celle de 1953, mais il échoua devant la multiplication des listes dissidentes et ne fut pas réélu conseiller municipal. Les Renseignements généraux notaient à cette date qu’il conservait malgré ses échecs répétés, « un ascendant certain dans les milieux SFIO du Morbihan et son crédit demeure très grand auprès de la population de Lorient ».

Très proche des positions de Guy Mollet, Jean Le Coutaller qui ne disposait plus de mandat électif après son échec aux élections municipales de mars 1959, fut désigné comme délégué général du parti (le 1er juillet 1959), il effectua une tournée de propagande dans le département de la Marne. Il entra en juillet 1960 au comité directeur de la SFIO mais ne devait y siéger que quatre mois. Il confirmait alors le soutien total du parti au général de Gaulle, hormis sur sa politique économique et sociale.

Peu avant son décès, dans Le Rappel du Morbihan, il avait expliqué à plusieurs reprises son hostilité à la politique suivie par le général de Gaulle, lui reprochant de ne pas être assez clair sur l’Algérie, en négociant un cessez-le-feu avec les combattants et surtout dénonçant sa politique de grandeur, antisociale et anti-laïque et s’élevait contre « le pouvoir personnel ». Il dénonçait par ailleurs l’abaissement du Parlement constitué « d’eunuques fidèles approbateurs ».

En congé pour convenance personnelle début 1959, retraité officiellement en mai suivant, il succomba à une leucémie le 5 octobre 1960.

Chef d’Escadron d’artillerie de Réserve, Le Coutaller était officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec Palmes, de la Rosette de la Résistance et était Commandeur du Mérite du combattant.

Marié avec Marianne Scaviner, Le Coutaller était père d’un enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article107771, notice LE COUTALLER Jean, Louis, Marie [Pseudonymes, Yann, Camille, Félix] par Christian Bougeard, Gilles Morin, version mise en ligne le 13 novembre 2010, dernière modification le 10 mai 2011.

Par Christian Bougeard, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15505, n° 4568 ; 72AJ/166, témoignage du 26 mars 1947 à Odette Merlat ; F/1cII/270, 282, 321. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-67. — Dossiers Morbihan, archives de l’OURS. — Profession de foi aux législatives de 1958. — DBMOF, notice par Justinien Raymond. — Le Populaire, 4 octobre 1934, 27 octobre 1937, 6 octobre 1960. — Le Rappel du Morbihan, 13 et 20 octobre 1960. — Roger LEROUX, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Mayenne, éd. J. Floch, 1978. — Jean PASCAL, Les députés bretons de 1789 à 1983, PUF, 1983. — Michel NICOLAS–Jean PIHAN, Les Bretons et la politique. 30 ans de scrutins en Bretagne 1958-1988, Rennes, PUR, 1988. — Martine DUFRESNE, Les campagnes électorales législatives de 1932 et 1936 dans le Morbihan, maîtrise d’histoire, Rennes 2, 1996. — Janick LE FORT, La fédération socialiste SFIO du Morbihan 1947-1958, maîtrise d’histoire, Rennes 2, 1995. — Christophe RIVIERE, Notables municipaux et élus départementaux en Morbihan 1932-1958, maîtrise d’histoire, UBO, Brest, 1998. — Noëlline Castagnez, Socialistes en République, Les parlementaires SFIO de la IVe République, Rennes, PUR, 2004. — Gilles Morin, L’Hévéder et Le Coutaller, parlementaires socialistes, entre national et local.