CHAILLOU Pierre

Par Josette Ueberschlag

Né le 19 mars 1923 à Verdes (Loir-et-Cher) ; instituteur  ; militant syndicaliste, membre de la commission exécutive de la section SNI d’Eure-et-Loir de 1954 à 1976 ; conseiller municipal de Pontgouin.

La mère de Pierre Chaillou était dactylographe puis clerc de notaire ; son père, ouvrier agricole, participait aux « louées » saisonnières. Ayant fondé une section locale CGT agricole, il ne trouva plus d’emploi dans les fermes et dut travailler comme manœuvre dans des entreprises de bâtiment.

La scolarité primaire de Pierre Chaillou se déroula à l’école communale de Verdes avec un maître pratiquant les techniques Freinet (imprimerie, journal scolaire, correspondance avec d’autres écoles, etc.). Après un certificat d’études réussi à 12 ans, il poursuivit ses études à l’école primaire supérieure de Châteaudun (Eure-et-Loir) où il prépara le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Chartres. Échouant une première fois en 1939, il fut reçu l’année suivante. Or, le 18 septembre 1940, les écoles normales ayant été fermées par le gouvernement de Vichy, l’ensemble de sa promotion fut admise dans une classe de seconde au lycée Marceau de Chartres. Ainsi, Pierre Chaillou fit partie de la première génération de normaliens à passer le baccalauréat, non le brevet supérieur, ce qui leur ouvrait les portes de l’université.

À la fin de son service militaire, le 25 avril 1946 à Marcheville (Eure-et-Loir), Pierre Chaillou se maria avec une institutrice, Hélène, Paulette, Madeleine Poulain, née le 20 avril 1921 à Marcheville, fille de cultivateurs. Ils eurent trois enfants : Annick (1947), Jean-Pierre (1951), Michèle (1953). À la rentrée 1946, ils furent nommés à Voves (Eure-et-Loir), Paulette à l’école de filles et Pierre à celle de garçons. En 1954, ils obtinrent un poste double à l’école de garçons de Pontgouin (cinq classes, 200 élèves). Mais en 1964, à cause de l’exode rural, Paulette devint directrice d’une école à deux classes et Pierre enseigna dans la classe unique de l’école de garçons, postes qu’ils occupèrent jusqu’à leur retraite en 1978. Travaillant dans le même groupe scolaire, les Chaillou ont pu y introduire la pédagogie Freinet dans l’ensemble des classes. Militants à l’Institut coopératif de l’École Moderne, ils animèrent le groupe départemental d’Eure-et-Loir de 1954 à 1978. Dans la commission audiovisuelle de l’ICEM, ils participèrent à la mise en valeur et à l’édition d’enregistrements sonores rassemblés durant un demi-siècle. Pierre Chaillou filma également en 16 mm les manifestations sportives et les fêtes scolaires du département. Tous ses films furent archivés au « Centre-Images » à Issoudun.

Considérant que le travail de l’instituteur ne s’arrêtait pas à la porte de l’école, Pierre et Paulette Chaillou se sentaient responsables de l’éducation populaire des jeunes adultes de Pontgouin, animant l’amicale laïque. Leur participation aux stages de la Ligue de l’Enseignement leur permirent de monter avec succès des pièces de théâtre de Molière, Gogol, Shakespeare, Kleist, ainsi que d’aider à la constitution d’autres amicales. Le couple milita à la Fédération des œuvres laïques d’Eure-et-Loir principalement dans les domaines du théâtre, du sport et du cinéma. À la retraite, tous deux continuèrent leurs activités bénévoles auprès de diverses associations : Secours populaire, associations culturelles, animation sportive (randonnée pédestre, yoga, judo, etc.).

Tous deux étaient syndiqués au Syndicat national des instituteurs. À 23 ans, Pierre Chaillou était délégué syndical SNI du canton de Voves. À 31 ans, il fut élu membre de la Commission exécutive de la section départementale sur la liste « Unité et Action » devenant responsable de la commission pédagogique. En 1954, il fut choisi comme représentant du personnel au Comité technique paritaire puis à la Commission administrative paritaire départementale et réélu jusqu’en 1976.
De 1959 à 1977, Pierre Chaillou, sympathisant communiste, fut conseiller municipal de Pontgouin.

Pacifistes, Pierre et Paulette Chaillou adhérèrent au « Service civil international », organisation qui rassemble des bénévoles de tous les pays afin de porter secours aux victimes de catastrophes ; pendant leurs vacances, ils participèrent à plusieurs chantiers. En 1955 par exemple, il eut la responsabilité du chantier « Est-Ouest » de Varsovie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article107707, notice CHAILLOU Pierre par Josette Ueberschlag, version mise en ligne le 8 novembre 2010, dernière modification le 8 novembre 2010.

Par Josette Ueberschlag

ŒUVRES :
- Contribution à Pierre Guérin, sur les pas de Freinet, Ibis Press, janvier 2008.
- Auteur de Le judo, Bibliothèque du Travail, n° 753, nov. 1972 ; Nicolas Copernic, BT, n° 775, déc. 1973 ; À Chartres, au temps des cathédrales, BTJeunes, n° 185, mars 1980 ; Co-auteur de En pêche sur un chalutier, BT-son n° 812, 1975 ; Un moulin à vent, BT, n° 988, mai 1987 ; La photographie, Supplément à la BT (SBT), n° 181, mai 1965 ; ‘Comment fonctionnent l’œil et l’appareil photographique, SBT, n° 314.

SOURCES : Arch. dép. d’Eure-et-Loir. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Jacques Girault.

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