CUNIN Bernard

Par Rémi Skoutelsky

Né le 4 décembre 1900 à Troyes (Aube) ; mort le 21 décembre 1961 à Scherwiller (Bas-Rhin) ; ouvrier bonnetier puis vérificateur comptable ; militant de la CGT et du Parti communiste ; officier des Brigades internationales en Espagne, résistant.

Bernard Cunin
Bernard Cunin

Les grands parents paternels de Bernard Cunin, ouvriers papetiers vosgiens, fuirent l’occupation allemande après la défaite de Sedan, en 1870, et s’établirent à Troyes (Aube). Son père, ouvrier fourreur, et sa mère, ouvrière bonnetière, moururent probablement de la grippe espagnole en 1917, alors qu’il était âgé de dix-sept ans.

Titulaire du certificat d’études primaires, ouvrier bonnetier, Bernard Cunin s’engagea dans la Légion étrangère quelques temps après le décès de ses parents et participa à la guerre du Rif au Maroc. Il apprit l’espagnol et l’arabe et quitta l’armée avec le grade de sergent.

Ayant repris sa profession d’origine, domicilié à Courbevoie (Seine), il se maria en 1934 avec une ouvrière bonnetière et s’installa avec elle à Saint-Ouen. De cette union naquit une fille.

Militant du Parti communiste depuis 1934, il était sous le Front populaire membre du syndicat du textile de la CGT, secrétaire permanent de la Bourse du Travail de Paris.

En janvier 1937, récemment séparé de son épouse, Bernard Cunin rejoignit les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole. Il fut successivement chef de la caserne de la Garde nationale à Albacete, lieutenant adjudant du chef du 20e bataillon international, chef des transports de la 86e BI, chef d’un bataillon de cette unité et enfin chef de la base d’instruction de la 63e Division, avec le grade de capitaine. Il se maria à Albacete avec une militante communiste espagnole. Celle-ci, enceinte, passa la frontière, en décembre 1938, en tant que femme d’officier français, fut un temps internée et, libérée en février 1939, accoucha d’une petite fille en avril. Elle ne réussit pas à reprendre contact avec son époux, rentré en janvier 1939.

Lors de la déclaration de guerre, en septembre 1939, Bernard Cunin s’engagea comme soldat de 2e classe à la caserne de Versailles et fut envoyé dans le sud algérien. L’armée d’armistice dissoute après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, en novembre 1942, il fut démobilisé.

On retrouve la trace de Bernard Cunin dans l’Yonne, sous le pseudonyme de « commandant Georges », dès le printemps 1943. Il y était chargé, pour le réseau « National maquis », d’organiser des groupes de maquisards, en liaison avec des officiers anglais. Il joua un rôle important dans l’unification des résistants de l’Yonne au sein des FFI.

L’Yonne libérée, Bernard Cunin fut nommé commandant de la première demi-brigade du département et rejoignit la colonne « Fabien » (voir Pierre Georges). Après la mort de celui-ci, il prit la tête du 2e bataillon du la colonne, devenue le 151e Régiment d’infanterie, et fit la campagne d’Allemagne. Le 20 mai 1945, il reçut des mains du général de Gaulle la croix de la Légion d’honneur, à Obertsdorf.

Il fut évincé de l’armée en 1946, au moment où il allait obtenir le grade de lieutenant-colonel, officiellement pour avoir atteint la limite d’âge, mais probablement en raison de son appartenance au Parti communiste.

Après sa démobilisation, Bernard Cunin retourna dans l’Yonne et travailla quelques mois dans une entreprise de peinture. Puis il rejoignit en Alsace une femme dont il avait eu un fils en février 1946 (et qu’il devait épouser en 1954, après régularisation de sa situation matrimoniale). Il travailla comme vérificateur comptable dans les services de l’Équipement à Colmar (Haut-Rhin) puis à Strasbourg (Bas-Rhin).

Toujours membre du Parti communiste, mais ayant semble-t-il ayant abandonné toute activité militante, il tomba malade en 1954 et mourut après sept années de souffrance.

Bernard Cunin était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 1939-1945, avec palmes et étoile et de la Médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article107611, notice CUNIN Bernard par Rémi Skoutelsky, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 17 septembre 2017.

Par Rémi Skoutelsky

Bernard Cunin
Bernard Cunin

SOURCES : Recherches de monsieur Benezech et madame Cunin-Benezech. - RGASPI 545.6.1038 ; RGASPI 545.6.1040, BDIC mfm 880/1 ; RGASPI 545.6.1044, BDIC mfm 880 2 bis ; RGASPI 545.6.1139, BDIC mfm 880/11 ; RGASPI 545.3.764, BDIC mfm 880/44 ; RGASPI 545.3.765, BDIC mfm 880/44 ; RGASPI 545.2.290, BDIC mfm 880/48.

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