Né le 14 mars 1896 à Creil (Oise) ; mort près de Huesca (Aragon du Nord) le 8 octobre 1936 ; père de deux enfants ; anarchiste.

« Je suis anarchiste, c’est-à-dire antiautoritaire, anticléricaliste, antimilitariste et antiparlementaire » déclara Cottin lors de son procès qui s’ouvrit le 14 mars 1919. Quelques semaines auparavant, le 8 février 1919, il avait tiré sur Clemenceau ; la blessure fut bénigne mais valut à Cottin d’être condamné à la peine de mort par le Conseil de guerre, peine commuée en dix ans de réclusion et vingt ans d’interdiction de séjour. Écroué à Melun, il demeura 42 jours dans la cellule des condamnés à mort. Le 21 août 1924, il fut libéré « déficient à l’extrême » (Contre-Courant, août 1952) et astreint à résider à Haucourt (Oise) où l’anarchiste Casteu l’hébergea. Cottin fabriquait des boîtes à pain à vingt francs pour lesquelles l’hebdomadaire Germinal faisait de la publicité. Bien qu’astreint à résidence, il n’en vint pas moins à Paris où il rencontra celle qui devint sa compagne et dont il eut un fils. Le caractère difficile de Cottin rendit l’entente incertaine et ce fut le désaccord puis la séparation. En 1930, alors qu’il se rendait à Marseille pour voir son fils, il fut arrêté à Lyon et emprisonné. Il travailla comme ébéniste en 1936 à Clichy ; en février, il fut de nouveau arrêté et accomplit trois mois de prison.
Sa compagne vivait à Toulon « dans des conditions qui ne pouvaient [...] la prédisposer à un avenir brillant ». (Contre-Courant, op. cit.). En septembre 1936 il partit pour l’Espagne. C’était le début de la guerre civile. Il s’inscrivit au groupe international de la colonne Durrutti ; un mois plus tard, il était tué sur le front de Saragosse. « Ce fut un suicide » écrivit Louis Louvet.

SOURCES : État civil de Creil. — Contre-Courant, août 1952, « Vieux Souvenirs » par L. Louvet. — Le Libertaire, 9 février 1919, 16 et 23 octobre 1936. — Notes de G. Mader.

ICONOGRAPHIE : L. Lecoin, Le Cours d’une vie.

Jean Maitron

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