AZALBERT René [AZALBERT Marcelin, Henri, René]

Par René Crozet, Jacques Girault

Né le 27 avril 1898 à Sigean (Aude), mort le 30 août 1979 à Sigean ; instituteur ; secrétaire de la section de l’Aude du SNI (1932-1940, 1945-1953) ; secrétaire de la section de l’Aude de la MGEN (1947-1960) ; maire socialiste de Sigean (1944-1971).

Fils d’un viticulteur, René Azalbert reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de l’école primaire supérieure de Limoux, il entra à l’École normale d’instituteurs de Carcassonne en 1914 mais sa scolarité fut perturbée par la guerre puisque l’école servait d’hôpital militaire. Mobilisé, il fut envoyé sur le front de Champagne en avril 1918 comme aspirant dans une compagnie de mitrailleurs. Instituteur à Gruisan de 1925 à 1931, il fut nommé à Sigean en 1931 et y demeura jusqu’à son déplacement d’office en 1940. Il y créa notamment une amicale laïque en 1937. Marié religieusement avec une institutrice en septembre 1921 à Carcassonne, il ne fit pas donner de sacrements à sa fille.

Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1924, Azalbert faisait partie du comité qui soutenait le candidat socialiste Léon Blum, qu’il connaissait bien, aux élections législatives. Il était membre de la Libre pensée et de la Ligue des droits de l’homme.

Syndiqué depuis 1922, René Azalbert, membre du bureau de la section départementale en 1928, secrétaire adjoint en 1932, devint le secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1934. Il était aussi le secrétaire adjoint de la Fédération générale de l’enseignement dans l’Aude (1932-1934) et membre de la commission administrative de l’Union départementale de la CGT depuis 1932. Il participa à tous les congrès nationaux du syndicat, son épouse et sa fille l’accompagnant. Candidat au Conseil départemental de l’enseignement primaire, il fut élu, le 5 avril 1938, avec, chez les instituteurs, 364 voix sur 376 votants.

Partisan de la lutte pour la paix, partisan de la participation de toutes les opinions dans les organes responsables de la section syndicale, Azalbert fut au cœur des actions de la période, notamment de la défense de l’instituteur Joseph Cerny en 1934-1935 et de la solidarité active avec les Républicains espagnols. Partisan des accords de Munich, se reconnaissant dans les analyses du courant Syndicats, bien qu’hostile à la grève du 30 novembre 1938, il l’organisa, fut sanctionné, comme les 271 instituteurs grévistes de son département (une des meilleures participations en France) d’une retenue de salaire. Mobilisé en septembre 1939, après sa démobilisation en juillet 1940, il fut déplacé d’office, le 24 août 1940 à Salses (Pyrénées-Orientales), mais l’inspecteur d’académie l’éloigna à Laroque-des-Albères, poste qu’il occupa pendant toute la guerre, avec son épouse. Il refusa, en juin 1942, d’être le correspondant départemental du groupe corporatif suggéré, - avant d’être officialisé par le ministère -, par Louis Blain, délégué de l’information dans l’enseignement au ministère de l’Information. Sollicité en juin 1942 par Louis Blain et André Lavenir de faire une demande de réintégration dans l’Aude, il refusa.

Après avoir participé à la Résistance, membre du Mouvement de libération nationale, Azalbert fut, à la Libération, président du comité de libération de Sigean, puis pendant quelque temps, secrétaire général de la sous-préfecture de Narbonne, avant de réintégrer un poste dans l’enseignement comme directeur de l’école Anatole France à Narbonne, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1953. Il retrouva le secrétariat de la section départementale du SNI et fut également le secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation Nationale (1947-1958). Pour les élections du bureau national du SNI en 1949, il figurait en douzième position (dix sortants) sur la liste "Pour un syndicalisme indépendant et constructif" conduite par Henri Aigueperse. Non élu au bureau national (558, 18eme position sur la liste A qui avait obtenu 13 sièges), Azalbert fut désigné par le conseil national du SNI, le 27 décembre 1949, pour figurer dans la commission des conflits. Cette responsabilité fut renouvelée le 27 décembre 1951. Il siégea à la commission administrative nationale de la FEN (1948-1953). Il resta jusqu’à son décès membre du conseil syndical de la section départementale du SNI.

Maire socialiste de Sigean (25 août 1944-1971), élu en 1965 à la tête d’une liste d’union de la gauche, puis maire honoraire, René Azalbert refusa tout autre mandat politique. Dans sa commune, ses réalisations furent nombreuses (stade, corps des sapeurs-pompiers, lotissement, bains-douches, ambulance municipale, construction de deux collèges, tout-à-l’égout entre autres).

Militant mutualiste, Azalbert participa, en 1947, à la création de la section audoise de la MGEN, fut membre de sa Commission administrative et secrétaire de cette section. Il présida en outre la Fédération audoise des œuvres laïques (Ligue de l’Enseignement) qui créa l’œuvre des colonies de vacances placées sous l’égide des Pupilles de l’école publique. Il fut aussi le secrétaire général de l’Association départementale des Pupilles de l’École publique. Après l’adoption de la loi Barangé, nommé par le conseil général dominé par des socialistes SFIO, souvent instituteurs, il devint le contrôleur des fonds octroyés. Il fut élu au conseil d’administration de la Caisse d’allocations familiales.

Selon AndréOuliac, « il a toujours préféré jouer le rôle effacé d’éminence grise qui lui donnait une influence considérable et une autorité morale indiscutable dans tous les milieux. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10595, notice AZALBERT René [AZALBERT Marcelin, Henri, René] par René Crozet, Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 31 janvier 2018.

Par René Crozet, Jacques Girault

SOURCES : Documentation MGEN. — Notice DBMOF par R. Debant. — Renseignements fournis par l’intéressé, sa famille et par André Ouliac. — Presse syndicale.

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