AUTANT-LARA Claude

Par Claude Pennetier

Né le 5 août 1901 à Luzarches (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), mort le 5 février 2000 à Antibes (Alpes-Maritimes) ; cinéaste.

Claude Autant-Lara était fils d’Édouard Autant (1872-1964) architecte dreyfusard et de Louise Larapidie de l’Isle, sociétaire de la Comédie française sous le nom de Louise Lara, pacifiste. Elle avait été renvoyée de la comédie française en 1919 car considérée comme une « bolchevique en art ». Adhérente de la CGT, elle défendait les auteurs dits d’« avant-garde ». Avec son mari, elle fonda en 1921 le Laboratoire Art et action, qui avait son local au Grenier, rue Lepic. On y joua le futuriste Marinetti, le symboliste René Ghil, Pierre-Albert-Birot et Michel de Ghelderode.

Claude Autant-Lara sortit bachelier du lycée Jeanson de Sailly (Paris) et suivit des cours à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, à l’École des Beaux-Arts et au Mill Hill School de Londres. Il débuta dans le cinéma comme décorateur avant de devenir un des grands réalisateurs de films français. À la fin des années 1920, l’appartement familial de la rue Lepic servait aux réunions des Amis de la Russie Neuve, organisation créée par Gabrielle Duchêne* et où se côtoyaient pacifistes et communistes. Marcel Prenant citait parmi les participants les noms de Francis Jourdain, Marcel Cohen, Jean Baby, Paul Labérenne, René Maublanc, Henri Wallon et Jacques Soustelle. Autant-Lara y présenta parfois des films soviétiques auxquels la censure refusait le visa, ainsi Le Cuirassé Potemkine. Sa mère, Louise Autant-Lara représentait le Comité féminin français au comité d’Amsterdam en février 1933. Claude Autant-Lara resta lié aux organisations pacifistes.

Selon Jean-Luc Drouin, « Pour avoir qualifié les juifs de « parasites », Claude Autant-Lara est inquiété à la Libération, mais il est blanchi grâce au Parti communiste, qui, par l’intermédiaire du décorateur Max Douy, le fait entrer à la CGT : il devient président du syndicat des techniciens. » Le Monde, 8 février 2000.

Lors des élections européennes du 18 juin 1989, Claude Autant-Lara fut candidat en neuvième position de la liste « Europe et Patrie » dirigée par Jean-Marie Le Pen. Le bulletin de vote le présentait ainsi : « Metteur en scène. Ancien président de la Fédération nationale du spectacle CGT. Ancien président du syndicat des techniciens du cinéma. Chevalier de la Légion d’honneur. Officier du Mérite national. Commandeur des Arts et Lettres. Membre de l’Institut. »

Élu député européen, doyen d’âge de l’assemblée, il prononça le discours d’ouverture puis démissionna de son mandat européen. Des propos antisémites tenus à un journaliste du magazine Globe début septembre 1989 provoquèrent sa mise à l’écart de l’Académie des Beaux-Arts dont il était vice-président et son inculpation pour « incitation à la haine raciale » mais il fut relaxé car la conversation était téléphonique. « Anticlérical, antimilitariste, anticapitaliste » selon sa propre définition, il laissa l’image d’un vieil homme aigri, antisémite et raciste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10525, notice AUTANT-LARA Claude par Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 2 septembre 2011.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Claude Autant-Lara à publié des mémoires : trois volumes aux éditions Veyrier et un aux éditions Carrère.

SOURCES : Marcel Prenant, Toute une vie à gauche, Paris, 1980, p. 82. — Madame Baras, mémoire de maîtrise, Paris I. — Who’s who, 1979-1980. — Bulletin de vote des élections européenne. — Le Monde, 15-16 octobre 1989, 8 févier 2000. — Les extravagants du théâtre, de la Belle époque à la Drôle de guerre, catalogue d’exposition réalisé par Geneviève Latour, Paris, Bibliothèques éditions, 350 p.

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