AUGEY Jean

Par Jean-Pierre Besse, Jacques Girault

Né le 27 octobre 1915 à Paris (XIIe arr.) ; mort 16 janvier 1963 à Beauvais (Oise) ; instituteur à Breuil-le-Vert (Oise) ; militant syndicaliste (SNI, FEN), coopérateur et socialiste de l’Oise.

Très tôt séparé de ses parents par le divorce de ceux-ci, placé en nourrice à Fresnoy-le-Luat (Oise), Jean Augey fit ses études dans cette commune puis entra au cours complémentaire de Crépy-en-Valois. À l’École normale d’instituteurs de Beauvais de 1933 à 1936, il adhéra aux Jeunesses socialistes. Instituteur à Breuil-le-Vert près de Clermont (Oise), il participa activement au mouvement antifasciste et aux manifestations du Front populaire dans la région de Clermont. De 1936 à la guerre, il occupa des responsabilités politiques (secrétaire de la section socialiste SFIO), et syndicales (trésorier de l’Union locale CGT). Membre de la Libre pensée, de la Ligue des droits de l’homme, il était aussi responsable des Amis de l’Union soviétique, et, à ce titre, se rendit en URSS en 1939. Il faisait partie du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs élue en novembre 1937. Proche de la majorité départementale qui soutenait les Amis de l’École émancipée, il s’en éloigna en 1938-1939 puisqu’il ne partageait pas ses analyses pacifistes.
Marié en juillet 1938 à Beauvais avec une institutrice née Lucette Savary, après l’éviction des communistes de l’Union départementale CGT, Augey en devint le trésorier adjoint. En mai 1940, il prenait en charge le secrétariat de la section départementale du SNI. En raison de ses sentiments philosoviétiques passés, il fut arrêté le 13 juillet 1941 en même temps que de nombreux communistes. Interné au camp de Royalieu, libéré le 14 août 1941, il reprit son poste d’instituteur. Il avait écrit une lettre au sous-préfet, le 14 juillet, rendant le Parti communiste « passablement responsable de la situation du notre malheureux pays » tout en précisant « mon voyage en URSS m’a fait comprendre la duplicité de la propagande communiste. Dans mes exposés sur ce que j’avais vu je n’ai pas caché toutes mes réserves ». Il entra par la suite dans le mouvement de résistance Libération-Nord.
Après la guerre, Jean Augey, nommé instituteur à Saint-Martin-le-Nœud, près de Beauvais, y demeura jusqu’à son décès. Secrétaire de la section de l’Oise du Syndicat national des instituteurs (1944-1948), membre de la commission exécutive de l’UD-CGT, membre de la commission nationale des conflits du SNI depuis le conseil national du 30 décembre 1945, il fut désigné, par l’assemblée générale du SNI, le 9 octobre 1947, comme candidat au bureau national du SNI. Il signa, dans le bulletin de la section syndicale, en janvier-février 1948, avec René Samson, un article « Sauvons l’unité » favorable à l’autonomie. Le 11 octobre 1951, il intervint dans la discussion de l’action de défense de l’école laïque lors de la réunion du conseil national du SNI. Lors de la réunion du conseil national, le 27 décembre 1951, il fut désigné pour la commission des conflits.
Il demeura membre du conseil syndical de la section jusqu’en 1954, élu sur la liste des amis de L’Ecole émancipée. Le conseil national du SNI, le 27 décembre 1949, le désigna pour figurer dans la commission des conflits. Elu au Conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951, il démissionna à la demande du SNI à la fin de 1953 pour protester contre la politique gouvernementale répressive et antilaïque. Il fut réélu en janvier 1954. Il siégea à la commission administrative paritaire départementale à partir de 1948.
Secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale (1947-1957), Augey était aussi un des fondateurs de la Mutuelle générale de l’Education nationale dans le département. Il signa au nom des organisations syndicales enseignantes en octobre 1946 un appel à l’adhésion à la MGEN. Le 28 novembre, lors de la première réunion du conseil d’administration, il fut désigné comme vice-président de la section départementale et conserva cette responsabilité jusqu’à son décès. Nommé administrateur national de la MGEN, lors de l’assemblée constitutive, le 8 décembre 1946, lors de la constitution, militants amicalistes et mutualistes figuraient en nombre égal. Pour faire de la place pour représenter les sociétés départementales de secours mutuels, une procédure longue s’engagea et il ne fut pas réélu administrateur lors de la première assemblée générale de la MGEN en juillet 1947.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10466, notice AUGEY Jean par Jean-Pierre Besse, Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 19 janvier 2018.

Par Jean-Pierre Besse, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Oise, série M, 33 W 8 237. — Presse syndicale. — MGEN de l’Oise. Des instituteurs se souviennent..., t. 3. — Le Cinquantenaire de la MGEN, 1997. — Renseignements fournis par la veuve de l’intéressé à J.-P. Besse (15 avril 1986).— Notes d’André Lainé.

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